L.E5 PETITS PAXTOMLMES
FYCIALIOR
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Le théâtre représente l'atelier où Brioché faisait ses petites figures ; on en voit plusieurs paquets de toute espèce attachés en différents endroits. Au milieu de l'atelier, sur une table, est une petite marionnette debout dont on feint que Brioché est amoureux. Voici comme il exprime son
tourment :
L'ouvrage de mes mains, une Marionnelle,
A donc pu m'enflammer ! Ma folie est complèle ;
Ah ! si j'avais prévu le tort que j'en reçois,
Ce bois pour qui je brûle aurait brûlé pour moi.
Dans le moment qu'il s'approche de l'objet insensible de ses feux pour le faire mouvoir, on entend une symphonie vive et tendre, la scène devient plus éclairée, la Marionnette s'anime. Jugez de la surprise de ce nouvel être et de celle de Brioclié. La Marionnette fait des questions sur tout ce qu'elle voit ; petit à petit, elle développe ses idées et ses sentiments. Elle a pour maîtres Brioché et l'Amour
Les marionnettes ont été quelquefois employées comme moyen de raillerie, et on trouve sur ce sujet une curieuse anecdote dans « le Théâtre de la Foire » par Le Sage et d'Orne val, année 1722 :
Les ailleurs de l'Opéra-Comique voyant encore une fois leur spectacle fermé, plus animés par la vengeance que par un esprit d'intérêt, s'avisèrent d'acheter une douzainede marionnettes et de jouer dans une loge, où, comme des assiégés dans leurs derniers relranchemenls, ils rendirent encore leurs armes redoutables. Leurs ennemis, poussez d'une nouvelle fureur, firent de nouveaux efforts contre Polichinelle chaulant ; mais ils n'en sortirent pas à leur honneur.
Ce fut à ce moment que le directeur du théâtre « Delaplace et Dolet » fit peindre sur un rideau un grand polichinelle avec cette devise : « J'en valons bien d'autres. »
Au dix-huitième siècle, on employait parfois les marionnettes pour la représentation de ce qui correspondrait à notre époque à une revue de fin d'année. Dans le Mercure de France, on raconte la mésaventure arrivée au directeur d'un théâtre de marionnettes qui, dans une pièce de ce genre, s'était avisé de faire concurrence à un montreur de phénomènes; celui-ci eut recours à la plus insigne mauvaise foi pour ruiner l'établissement de son trop industrieux voisin :
« A la foire de Saint-Germain, on a exhibé un monstre décoré du nom » de Bullialdus, assez semblable au loup, mais portant une longue barbe.
» En 1750, on avait exhibé un rhinocéros.
» Ces monstres avaient été visités par tout le monde, ce fut un en- » gouement général, les dames inventèrent une coiffure au « rhinocéros » ; » il en allait être de même pour le nouveau monstre, un incident de car- » naval empêcha la nouvelle mode.
» Mais le Directeur des marionnettes s'empara du sujet. Le Directeur » de l'établissement des « Grandes marionnettes » s'attira de l'argent et des » spectateurs. Ce jeu était composé de cinq ou six acteurs automates (pu
LE DÉMÉNAGEMENT D'UN THÉÂTRE DE MARIONNETTES d'apbès une vignette dt imiemiei; EmI'Hie.
» représentaient assez bien, l'un le monstre à la grande barbe, l'autre » l'ancien rhinocéros, le troisième un dromadaire que l'on voit actuelle- » ment à la foire, le quatrième un petit cheval qui tire des coups de » pistolet, boit dans un verre, joue aux cartes, dit la bonne aventure, etc.
Les PoKclmiels •
» Toute cette ménagerie artificielle conduite par Polichinelle, qui leur » faisait faire à chacun leurs exercices et disait à cette occasion quantité » de ces gentillesses qui lui sont ordinaires, a été trouvée si charmante 11 que tout le monde y est accouru par préférence aux animaux réels et » même à la comédie Le bateleur des marionnettes, voyant le con-