‹ Histoire des jouetsChapitre 208 sur 236 · ALEXANDRE DELRUE, REGINE GROOT ET FELIX BRIET · texte numérisé non relu

ALEXANDRE DELRUE, REGINE GROOT ET FELIX BRIET

Jamais enfants acteurs n'avaient réuni au plus haut degré toutes les qualités qui font les grands artistes.

Leur maître, ayant pour devise ces mots de V Emile de Jean-Jacques Rousseau : « La nature veut que les enfants soieut enfants avant que d'être hommes», ne força jamais leurs moyens, les conduisit en écoliers avec heures fixes pour jouer, apprendre leurs rôles, les menant lui-même en guise de récréation au Théâtre-Français, où il leur avait fait remarquer la diction puissante de M"c Mars, la verve originale de Montrosc.

L'étude remplaça la routine et, dans ce Gymnase, l'éducation y était donnée comme l'instruction. Les engagements à ceux à qui la carrière dramatique sourira ne manqueront pas; pour les autres, l'instruction qu'ils ont reçue leur permettra d'en embrasser une de leur choix.

Tous les acteurs de ce théâtre étaient de petits prodiges ; Edouard Groot, d'abord acteur, devint le chef d'orchestre; son frère Jules était le premier sujet du corps de ballet, et leur sœur Régine une des merveilles de la troupe.

Le régisseur Alexandre Delrue, premier comique, a dix ans; une « bonne petite fille fort douce et fort modeste qui ne déchire jamais ses

robes, ne cause point pendant les prières et ne brise point ses joujoux

CÉLESTINE THUILLIER, PAUL COLOMBÉRl ET IRMA GRENIER.

dans des moments de colère », Célestine Tbuillier, actrice de douze ans, fait couler des larmes. Voyez ce petit « bonhomme tout rond, tout court, tout potelé, au regard malin, à la mine réjouie », c'est Félix Briet, le second comique.

Admirez Eugène Mine, jeune premier en « uniforme, en frac bourgeois ou en costume moyen âge » , qui vient faire sur la scène quelques déclarations plus ou moins passionnées.

Et cet autre, Paul Colombéri, à qui on fut obligé de confier des rôles graves parce qu'à onze ans, devenu gros et fort, il n'avait plus la tournure de son rôle :

« Quand la graisse vient, adieu le comique », a dit Moessard.

N'oublions pas une mignonne sylphide, Fanny Deléchaux, et deux petites danseuses parisiennes vives et sémillantes, Rosette Weldemann et Flore Mazelin, qui débuta à Strasbourg avec Fanny en 1835.

ROSETTE WELDEMAiNN, FLOUE MAZELIN ET LOUIS

DAXS Llî BALLET ANACltliO.NTIQUE.

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