IMPORTATION DES JOUETS ÉTRANGERS
Au dix-septième siècle, Colbert ne craignait pas de donner le mauvais exemple en faisant venir de l'étranger les jouets destinés à amuser le Dauphin; c'étaient les villes d'Augsbourg et de Nuremberg qui étaient réputées pour la fabrication des jouets, et c'est de là que les faisait venir le ministre de Louis XIV.
Pendant tout le dix-huitième siècle, c'est également de l'Allemagne que nous tirions la bimbeloterie en bois : les ménages, fermes, bergeries, bonshommes et animaux taillés, peints et vernis. Manheim a conservé sa réputation pour les figurines; Nuremberg, Rodach, Sonnenberg, Neustadt font avec succès le jouet de carton.
Le Tyrol fabrique de grandes quantités de poupées à ressorts, d'animaux et de voitures en bois blanc sculpté.
Londres et Birmingham ont une supériorité bien connue pour la poupée de cire.
Toutefois, pour tout ce qui touche réellement aux objets de goût, si nous nous en rapportons au rapport de M. Natalis Rondot, nous voyons que toutes les fois qu'il s'agit de jouets gracieux, jolis, finis, nouveaux, Paris l'emporte sur tous ses rivaux, qui suivent son impulsion et travaillent d'après ses idées, ses dessins et ses modèles. Il est rare que l'on exporte des assortiments de bimbeloterie d'Allemagne ou d'Angleterre sans les compléter de nos jouets fins.
Toutes les contrées fabriquent des jouets d'enfants pour leur consommation intérieure. La France et l'Allemagne sont à peu près les seules nations qui aient fait, de cette industrie, un objet de grande fabrication et de vente importante pour l'exportation. Chacun de ces deux pays excelle dans les genres spéciaux qu'il a créés.
L'Exposition de 1855 a prouvé que nos fabricants de jouets n'ont cessé