LES JOUETS AU MOYEN AGE
Il ne semble pas qu'en France on se soit, à une époque très reculée, préoccupé beaucoup de la fabrication du jouet; si, en effet, nous consultons le Livre des Métiers d'Etienne Boileau. où ont été recueillis les règle-
ments de toutes les corporations d'arts et métiers, nous n'en voyons aucun qui se rapporte spécialement aux fabricants de jouets.
Au Moyen Age, les tabletiers limousins avaient à peu près seuls monopolisé la fabrication des jouets en bois, à bon marché. A Paris, on se contentait de faire de petites flûtes de buis, des sifflets et des billes.
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d'après une gravure en couleur éditée chez .Martinet, en 1820.
L'autorisation de fabriquer ce genre d'objets avait été concédée aux vanniers-tourneurs, en vertu de lettres patentes du 24 juin 1467.
La plupart des jouets étaient vendus parles merciers, dont le commerce était alors à peu près aussi étendu, toute proportion gardée, qu'aujourd'hui celui de nos grands magasins de nouveautés :
Ces merciers à petits balols,
Qui n'estaient que des grelots,
Des boëtes et des poupées,
Toutes figures élripées (sans vie),
Des tableaux de piastres et de plom,
Un moulinet, un violon,
Un chifflet, un cheval de carte (carlon),
Pour Janot, pour Colin, pour Marte,
Et cent autres petits bijous,
Pour amuser les jeunes fous.
Au surplus, le besoin d'une fabrication bien élégante ne se faisait pas encore sentir ; en effet, si nous consultons les Etreines du Gros Guillame à Perrine (Paris, 1619, in-8°), nous voyons qu'il promet de donner une pirouette de dois, un bilboquet de sureau, une poupée de piastre, un chifflet de terre et un demi ceint de plomb. Voilà donc le beau partage de l'enfant de l'ouvrier, le jour des étrennes, en 1619 : un bilboquet de sureau, une poupée de plâtre qui se cassera la première fois qu'elle tombera à terre.
Cependant peu à peu cette branche d'industrie, si délaissée au premier abord, prit une certaine extension.