‹ Histoire des journaux et des journalistes de la evolution française (1789-1796) Précédée d'une introd. généraleChapitre 6 sur 15 · SIR LKS JOURNAUX PUBLIES 1)K 1789 A 179«). IG · texte numérisé non relu

SIR LKS JOURNAUX PUBLIES 1)K 1789 A 179«). IG

satirique dont il fil preuve pendant près d'un an lui assure un rang distingué parmi les productions nées de la Révolution française.

Quant a VAmi du Roi, si fameux par la lutte qu'il soutint, malgré les vicissitudes qui le frappèrent a plusieurs reprises , il n'en continua pas moins sa carrière contre-révolutionnaire jusqu'au 10 août, époque à laquelle il succomba , en même temps que le Journal de Louis XVI et une foule d'autres journaux de la même opinion. Les autres feuilles qui parurent en 1790 cessèrent d'exister à des époques diverses, mais toutes peu éloignées de l'apparition de ces feuilles sur la scène politique.

Si nous jetons un coup d'ceil sui' l'année 1791 , la troifiième de la liberté, nous reconnaissons aussitôt, par les allures des journaux, que les royalistes redoublent d'efforts pour empêcber l'achèvement de la constitution. Nous voyons aussi que les clubs prennent une grande consistance , malgré la désunion qui s'est mise dans les rangs des premiers patriotes ; et enfin, que les idées des jacobins et du peuple se tournent vers le républicanisme. Pour être convaincu de ces vérités, il ne faut qu'examiner les créations périodiques de cette même année.

Nous trouverons d'abord la Feuille du Jour, consacrée, par Parisot, à défendre et à louer Lafayette. Cette feuille, qui prit naissance le 1" janvier 1791, acquit bientôt une grande importance par sa longue lutte avec les jacobins. Il faut la lire jTour bien comprendre les dissentiments qui existaient entre les feuillants et les jacobins.

Le Véritable père Duchesne, celui qui a pour épigraphe : Mémento mori, et pour sceau deux fourneaux, dont l'un renversé; celui d'Hébert enfin, parut aussi au commencement de janvier de la même année. C'est du moins ce qui ressort des matières contenues dans celle de ses feuilles qui porte le numéro 1 .

Puis, dans ce même mois de janvier, on voit naître VAmi des Patriotes, par Regnault de Saint-Jean d'Angely et Duquesnoy.

Le mois suivant. Salles de la Salle met au jour, le 4 février 1791 . son Journal des Impartiaux, organe <]\] club de ce nom : il nciU r. 1. 22

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qu'une existence de quelques mois. On y trouve le développement des principes professés par les mendires de cette société.

La société des Jacobins publie, le 1" juin 1791, le Journal des Débats de lu Société des Amis de la Constitution séante aux Jacobins^ dont la rédaction est, ainsi que je l'ai déjà dit, confiée h Laclos. C'est, après le Moniteur, la feuille de la plus i^rande dimension de l'époque. Au i2r numéro on modifia ce titre, en ajoutant les mots : et correspondance après débats.

Le club des Cordeliers veut aussi avoir son journal. Il fait paraître une feuille sous sa propre dénomination : rinq)rimeur Monioro et Sentier en furent les premiers et principaux rédacteurs.

Le 16 février, parut encore une brochure périodique intitulée : la Légende dorée, ou les Actes des Martyrs, j)our faire pendant aux Actes des Apôtres. Cette pi(piante publication avait pris pour épii,Taphe ces deux vers :

J'ai tout l'ellicr

Itoiité dans mon ol'lirc cii cornets do papior.

Ses rédacteurs s'alta(juaienl principalement aux Actes des Apôtres. qu'ils plaisantaient sans cesse en vers connue en prose.

(^ondorcet, Thomas Payne et Achille Duchàtelel mettent alors au '](mr h Républicain, ((u'ils métamorphosent peu après en (hronicpie universelle.

La Chronique du Mois, rédigée par Clavière. Caran de Coulon et t'ondorcet, commence son intéressante revue.

Dupont (de Nemours) publie aussi sa Correspondance patriotique .

Thévenin Morande écrit X Anpis patriote.

Le Thermomètre du Jour est lancé par Dulaure. le 1 1 août.

Un liabillard du Palais-Royal s<' fait lire volontiers a la même époque.

Le 2 octobre, Tallien fait imprimer le 1" numéro de son Ami des Citoijens.

La Semaine politicpie et littéraire, qui s'annonce encore comme faisant suite aux Révolutions de France et de Brabant. voit le jour le 19 décembre 1791, sous le patronage de Dusaulchoy.

Et enfin, le faubourg Saint-Antoine voit paraître un journal de son nom. qui, avec celui de la Tlàpée. vont éclairer les faubourgs et la banlieue.

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