‹ Histoire des journaux et des journalistes de la evolution française (1789-1796) Précédée d'une introd. généraleChapitre 9 sur 15 · SUR LES JOURNAUX PUBLIES DE 1789 A · texte numérisé non relu

SUR LES JOURNAUX PUBLIES DE 1789 A

L' Observateur des Jacobins, journal de la sûreté publique, que |)ublie Olivier contre les anciens jacobins;

Le Portefeuille politique et littéraire, également lancé contre les membres de cette société ;

La Revue, ou le Contradicteur, qui s'attache à combattre les journaux révolutionnaires.

Au nombre des publications de cette époque réactionnaire, il faut encore citer le Journal des Rieurs, ou le Démocrite français, dont le fameux Martinville fait paraître V2 numéros fort curieux ; puis une feuille ouvertement royaliste, intitulée : le Ventriloque^ ou Ventre affamé n'a point d'oreilles, qui attribue la disette de l'an lll aux effets de la Révolution.

C'est h peine si durant la réaction thermidorienne on voit arriver sur la scène politique deux nouveaux journaux se donnant la mission de défendre la Révolution et les patriotes : l'une de ces feuilles, le Journal du bonhomme Richard, publié par Lemaire, ancien rédacteur du premier Père Duchesne, ne vécut que dix à onze mois ; et l'autre, la Sentinelle, poursuivit sa patrioti(iue carrière jusqu'en l'an VL

Peu avant la crise du commencement de l'an IV, on vit aussi paraître le Journal des Patriotes de 89, que publièrent Real et Méhée : il se montra ce qu'on appelait alors révolutionnaire modéré, et vécut ius([ue vers la journée de fructidor.

Le canon du lo vendémiaire an IV, en sauvant la République et relevant le patriotisme du peuple et des sociétés populaires, lit disj)araître ou imposa silence pour quehiue temps aux feuilles contrerévolutionnaires lancées depuis le 9 thermidor. La victoire du jeune Bonaparte <^t de Rarras cul pour résultat de faire revivre plusieurs feuillets consacrées a la. défense des intérêts et des hommes de la Révolution.

Prudhomme reprit sa plume, et donna une suite a ses Révolutions de Paris, dans un journal qu'il appela : le Voyaijeur. Fidèle à sa première épigraphe, il plaça en tète de cette publication une espèce de paraphrase de son fameux Jevons-nous! Faisant allusion à la journée du 13 vendémiaire, il disait : « Les esclaves sont h genoux lorsque les hommes libres sont debout ! . . . »

Xavier Audouin. l'un des chefs des anciens jiTcobins, fit aussi paraître son Publiciste philanthrope, et le célèbre maître de poste Drouèt, revenu depuis peu des prisons de l' Autriche, publia un non-

18U <:0U1' l)(*:iL l'HKIJMI.NAIlti:

veau Pvint du Jour, diiiis lo([uol il a|)|)iiyail les doctrines de Babeul", en s'écrianf : Fiat lux ! Les deux premiers de ees journaux patriotes lurent étoulTés par l'atmosphère (pii pesa sur la Hépul»li(pie avant le 18 fructidor ; mais le Point du /owr de Drouët poursuivit sa carrière jus(|iren l'an Vil.

Je terminerai ici ce Coup d'ceil sur les journaux de la Hév(dution : il ne me resterait ^aière. pour le comjdéter, qu'à Taire coimaitre ceux des nonjhreux écrits périodiipies (pii travaillèrent si audacieusement à pervertir l'opinion de l'intérieur de la France, alors que les armées républicaines étoimaient et suhjui^aient l'Europe. Les leuilles plus ou moins ouvertement contre-révolutionnaires j)ullulèrent à cette épo(pie si {.^dorieuse pour le ^gouvernement ; elles le tracassèrent tant lui-mèuKï, (pi'il juij;ea nécessaire au salut de la liévolution le coup d'Etat du 18 fructidor, coup d'Etat dirii^^é principalement contre les l'édacteurs des journaux royalistes qui minaient constitutiomiellement les hases <le la Hépul)liqu(\

l*our se faire une idée du nond)re et des intentions de ces journalistes, il suflira, je crois, de parcourir la liste des journaux frappés le 18 fructidor et celle de leurs rédacteurs '. Les écrivains r<>yalistes cachaient si peu leurs vteux en a|)j>uyant les dé|)utés contre-révolutionnaires, (jue l'un des l'édacteurs de l'ancien .1/»/ du Hvi publia alors 81 mnnéros d'un journal (pi'il intitula : l'Inranable, journal

1 Xous rniyoïis devoir faire roiiiiaitre en quels termes s'exprimait le représentant du peuple Rossée, au nom de la commission nommée par le conseil des Anciens iwur examiner la résolution prisi; contre les journalistes : l'extrait de ce rapport ne peut jins être déplacé dans une histoire des journalistes de la Révolution française.

•< Quand nous avons vu la résolution qui déiwrte Uinl d'individus dont les veilles étaient consacrées a empoisonner l'opinion publique, disait ce rapi)orteiir ; après avoir reconnu (|ue rien n'était plus instant (|ue d'arrêter les efforts des ennemis déclarés de la lilierlé et de la constitution, nous nous sommes rappelé d'abord ces journaux des premiei-s jours de la liberté, qui la servirent avec autant de gloire que de succès, et nous n'avons pu nous défendre de (juelque intérêt envers des lionnnes qui pouvaient marcher sur les traces de ces apôtres de la liberté, (jue béniront les générations futures, heureuses par le génie et le courage de ces vertueux écrivains. Quand la plus hrillanlc carrière était ouverte a celte magistrature morale, nous avons vu avec d(Mileur que ceux qui en étaient investis n'y étaieni entrés que pour la déshonorer; (jue, séduits par le plus inlïime motif, ou entraînés par les plus criminelles espérances, ils n'avaient pas rougi de sacrilier la gloire à l'or (|ue leur jeta un pléiiipoleii- Uttirc.

« ... Nous désignons ceux dont la plume, dirigée par la calomnie, traçait chaque matin des proscri))tions sanguinaires; nous désignons ces éternels et féroces provocateurs d'assassinats, ces dégoûtants folliculaires qui essayaient de faire oublier l'atrocité d'un article par les ]ilus calomnieuses caricatures; ces êtres enfin dont la bouche sanglante présentait au lecteur la double image d'un meurtrier et d'un bouffon. .\h! que ceux-là fuient le territoire de lu l'.épublique ; mallienr au peuple chez lequel ils respireront ! m

— Voici la liste définitive des journaux considérés, par le Directoire, ((unnie les jiliis actifs et les plus dangereux, ennemis de la Rcpiibliciue, cl dont les pnqiriélaires-f^ntrepieneurs, les directeurs, auleuis

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