CONSOLATIONS ET PROPHÉTIES
mourra point. C’est pour son propre bien que Dieu lui a infligé l'exil, afin de le purifier au creuset de la douleur. |
La rédemption des peuples au moyen du serviteur choisi de Dieu dès l'origine des temps est, aux yeux du prophète, un évépement prochain ; la chute de l’empire de Babylone avec son idolâtrie frivole et licencieuse, et la délivrance de la communauté exilée hâteront l'avènement de ce salut. Cette ruine de Babylone apparait au prophète avec un tel caractère de certitude, qu'il n’en parle plus comme d’une vision, mais comme d'un fait accompli. Un de ses discours fait la satire de cette ville pécheresse, un autre, celle de l’astrologie, à l’aide de laquelle les mages babyloniens se targuaient de lever le voile de l'avenir. Il raille la grossière idolâtrie. des Chaldéens avec une ironie mordante, que n’a eue aucun de ses prédécesseurs. La victoire de Cyrus est de même, dans sa bouche, un fait. acquis plutôt qu'une prédiction. Ce qu’il entend prophétiser, c’est que Cyrus donnera aux exilés de Juda et d'Israël la liberté de retourner dans leur patrie et de relever Jérusalem avec le temple. Il déclare expressément, à ce propos, qu'il prophétise à l’avance, afin que, la réalité venue, la parole prophétique et la Providence de Dieu en apparaissent confirmées. Cet événement d'une haute portée arrivera aussi infailliblement que se sont vérifiées les prédictions antérieures. Le vainqueur de la Médie et de la Bactriane, de la Lydie, de l’Asie Mineure et de tant d’autres peuples, n'est qu’un instrument choisi pour amener la délivrance et avancer le salut. Ses vietoires signifient l’aurore de la rédemption, et la délivrance des exilés en sera la fin. Cette délivrance et ce retour, le poétique génie du: prophète les dépeint d'avance sous les plus vives couleurs : ceux qui reviendront dans leur patrie verront se renouveler les miracles de la sortie d'Égypte : les chemins s'aplaniront devant eux, des sources jailliront dans le désert pour les désaltérer, et la solitude se changera en un jardin de fleurs. Rentrés dans leur pays, ils rebâtiront les ruines, relèveront les villes dévastées, feront des solitudes un Éden et pourront vivre à leur vocation dans le repos et dans la joie. L'esprit que Dieu a mis sur son peuple et la doctrine qu’il a mise dans sa bouche ne s’éloigneront plus jamais de lui.
L'Isaïe de l'exil prête son éloquente parole à une grande pensée, d'où sortira un jour la transformation de l'idée religieuse : Dieu, dit-il, est trop haut pour habiter un temple, si vaste qu'il puisse être; c'est le eœur de l'homme qui doit élre le temple de Dieu :
Le ciel est mon trône el la terre un tabouret pour mes pieds. Quel est le temple que vous voulez me bâtir,
Et quel endroit peut être mon lieu de repos ?
Tout eéela, c'est ma main qui l'a fait,
J'ai parlé, el tout cela à té,
Cest vers eeluidà seulement que je porte le regard,
Vers l'humble et le eontrit,
Qui est zélé pour ma parole.
C'est ou ces traits lumineux que le prophète de l’exil indique le role de son peuple dans l'avenir,
Mais les ombres du présent n'en apparaissaient que plus noires ; elles étaient partout, dans tout ee qu'embrassait le regard. Celui que Dieu avait appelé comme son serviteur refusait d'obéir; l'apôtre qui devait enseigner la vérité était aveugle et sourd. Au lieu de glorilier la loi déposée entre ses mains, il ne faisait que Vavilir et lui-même se rendait ainsi méprisable. Mais précisément paree que l'état moral de son peuple répondait si peu à la grandeur de sa mission, le prophète avait la tâche d'exhorter et de préchor, de censurer et de tonner, La communauté de l'exil se composait, comme il a ete dit plus haut, de deux classes ou partis ennemis : d'un eûté, les pieux et les patriotes, les affligés de Sion, et de l'autre ceux qui, livres à la vie mondaine, ne vouaient entendre parler ni de Sian, ni de retour. ni de salut. Les premiers, que la souffrance avait rendus ecrainl{ifs, Osaient à peine se presentor ét encore moins agir: les svconds n'avaient que dedain pour eeux qui soupiraient aprés la délivrance. et allaient méme jusqu'a les persecater, Tandis que les uns s'abandonnaient avec desespair à éelio ièce poignante, que Dieu avait délaissé son pounie et Data varie, cvs autres leur disaient avec iranie: e Que lo so motion dite dans SA jrissance, Pour que Nous assistions avereres oc l'es rene dé discours de Ce Tand prophète
de LAX Dis 9 courage et de ramener Jes