‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 140 sur 144 · CONSOLATIONS ET PROPHÉTIES · texte numérisé non relu

CONSOLATIONS ET PROPHÉTIES

autres, par la douceur et la réprimande, à de meilleurs sentiments : « Reconnaissez, criait-il à ces derniers, reconnaissez donc aux signes du temps que la grâce de Dieu est proche, » et il les pressait d'en profiter pour abandonner leurs voies et leurs pensées impies. À mesure qu'il approchait de sa péroraison, son langage devenait plus acerbe pour les mondains, les indifférents, les égoïstes, impuissants à secouer le joug de l’idolâtrie et des vices de l’idolâtrie. Il termina en dépeignant la délivrance et le retour, et prophétisa que tous les dispersés de Juda et d'Israël seraient rassemblés autour de la montagne sainte de Jérusalem. « Et alors, de mois en mois, de sabbat en sabbat, toute créature viendra se prosterner à Jérusalem pour invoquer le Dieu d'Israël; mais les méchants dont elle verra la punition seront pour elle un objet d'horreur. » |

L'issue de la guerre était attendue avec moins d'anxiété peutêtre par le roi Nabonad et son peuple que par la communauté judéenne. Celle-ci sentait se succéder dans son cœur tantôt de vastes espérances, tantôt des angoisses auxquelles se liait, dans sa pensée, l'existence ou la fin de la race de Juda. Les Babyloniens au contraire, envisageaient avec une certaine indifférence les préparatifs de Cyrus. Au moment où ils s’y attendaient le moins, l’armée perse parut sous leurs murs, une nuit elle détourna les eaux de l’Euphrate qui traversait la ville, et pénétra dans Babylone par le lit du fleuve desséché, pendant que les habitants, plongés dans l'ivresse d’une fête, se livraient aux débauches et aux danses, Quand le jour parut, la capitale était remplie d’ennemis et toute résistance inutile. La pécheresse Babylone succomba de la sorte (538), après deux années de guerre, exactement comme l'avaient prédit les prophètes judéens, à cette différence toutefois que les châtiments également annoncés à son peuple et à son roi leur furent épargnés par la clémence de Cyrus. La hideuse idolâtrie chaldéenne tomba le même jour et fit place à la religion relativement pure des vainqueurs, car les Perses et les Mèdes ne comptaient que deux ou trois dieux, avaient en horreur le culte babylonien et vraisemblablement en détruisirent les objets.

La chute de Babylone guérit à tout jamais les Judéens de l’erreur idolâtre. N'avaient-ils pas de leurs propres yeux vu des

divinirés. la ville enenre hautement vénéms. ehoir dans la poussiére. 1 Fel tomber à genoux. Nébs s prosterner et Mérodaeh s'aflaisser ? :à Cette révolution acheva de Les changer: «leur eœur dé picrrz fut amolli ; : tous. sans exesption aucune. mème les mondains ét les pétheurs, s'attacherent depuis lers à leur Dieu. lis abjure-rent leur malveillance envers les humbles. les affigés dé Sion, ne les traitérent plus qu'avec respectet les mirent à la téte de la communaut:.

Cependant les pieux et les patriotes s employaient sans perdre de lernps à réaliser la délivrance et le retour promis par les prophs-t:s. Parrni les dignitaires de Nabonad qui r-ndirent hommage au conquérant, désormais roi de Babylone — il data de la prise de celte ville la premiére année de son régne .53*,, — se trouvaient des eunuques issus de la race royale de Juda et dévoués à la loi d'Isra“!. Ces officiers du palais, ou bien les Chaldeens notables qui avaient embrassé la religion judéenne, firent aussitot, — probablement de concert avec Zorobabel {Zerubabel , petit-fils de Jéchonias, — des démarches aupri-s de Cyrus, pour obtenir l'affranchissement de leurs coréligionnaires et, en premier lieu, la liberté des Judéens enfermés pour l'excés de leur piété. Cyrus leur accorda plus encore : il permit aux exilés de retourner dans leur patrie, de rebätir Jérusalem et de restaurer le temple. Maitre de Babylone, il l'était naturellement de toutes les conquêtes de Nabuchodonosor et, par suite, du royaume de Juda. Quels purent être les motifs invoqués par les solliciteurs à l'appui d'une demande en apparence aussi téméraire que celle d’octroyer une sorte d’indépendance politique aux Judéens”? Et quels furent les mobiles qui amenérent Cyrus à y consentir ? Un des eunuques judéens a-t-il vraiment, comme on le raconta plus tard, informé le vainqueur pérse qu'un prophète de la captivité avait prédit ses victoires et annoncé qu'il permettrait au peuple exilé de rentrer dans sa patrie ? Quoi qu'il en soit, on vit Cyrus, dès le lendemain de la prise de Babylone, faire publier par hérauts et par lettres royales, dans toute l'étendue de son empire, un édit prescrivant que tous les Judéens fussent libres de retourner à Jérusalem et d'y élever un sanctuaire; ceux qui resteraient étaient autorisés à les munir d’or et d'argent, ainsi que de bêtes de somme ; enfin son trésorier A£ë-

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