‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 38 sur 144 · GOUVERNEMENT DE DAVID · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE DAVID

David modifia, à certains égards, l’économie intérieure du pays. La constitution des tribus, à la vérité, demeura intacte. Les Anciens gouvernaient les familles, et le chef de la plus ancienne famille était en même temps prince de la tribu entière. C'étaient ces princes qui représentaient les tribus auprès du roi. Mais l’indépendance ou plutôt le bon plaisir des tribus, en matière militaire, fut soumis à des restrictions. Chaque tribu devait, en cas de guerre, fournir un contingent d'hommes valides, âgés de vingt ans au moins. Cette levée était confiée à un fonctionnaire spécial, dit le « compteur » ou « dresseur de listes », qui inscrivait sur un rouleau tous les sujets valides, veillait à ce qu'ils rejoignissent leur corps et y cuntraignait les retardataires. L'armée, réunie, était commandée par un général en chef, charge confiée à Joab. David avait, en outre, un corps de troupes stipendiées, composées de palens amoureux de la guerre : les Xrélhi, originaires d’une province des Philistins, et les PZéki, dont l’origine est inconnue. Ils avaient pour capitaine Benaïahou, fils de Joïada, un des vaillants de David. Il institua aussi, dans le principe, un fonctionnaire spécial, le #mazkir, qui avait mission de noter tous les faits importants ou supposés tels, les services rendus au roi ou les délits commis à son égard. Le favoritisme étant inséparable de la royauté, David avait naturellement son favori, à qui il pouvait se fier en toutes choses, notamment dans les choses qui ne se disent pas au premier venu. Il avait aussi le bonheur d’avoir près de lui un conseiller, habile à le tirer d'affaire dans les conjonctures diff. ciles, Achkitophel, de la ville de Ghilo. Sa parole passait pour un oracle, aussi sûr que celui de la Divinité dans la bouche du grand prêtre. Ce conseiller habile, trop habile, devait plus tard intervenir d’une manière fâcheuse dans la vie de David.

La conscience de David, en tant que juge, fut mise un jour à une pénible épreuve. Une famine persistante désolait le pays, où. il n'avait pas plu deux années consécutives. La pluie ayant encore manqué au printemps de la troisième année, la détresse arriva à son comble, et le peuple implora le roi pour obtenir assistance. On voyait, dans cette effroyable calamité, un châtiment envoyé de Dieu pour quelque crime caché et demeuré impuni. David consulta à ce sujet le grand prêtre Abiathar, et

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l'oracle divin répondit : « C’est à cause de Saül, de la persécution sanglante qu’il a exercée sur les Gabaonites. » Là-dessus, David manda auprès de lui les Gabaonites survivants et leur demanda quelle réparation ils exigeaient. Mais ce n'était pas de l'argent qu'il leur fallait, c’étaient des victimes expiatoires, et ils réclamèrent l'exécution de sept descendants de Saül. Or, en les épargnant, David aurait irrité le peuple, qui l'aurait accusé de prolonger le malheur du pays par ce déni de satisfaction ; mais, d’autre part, il s'exposait au soupçon de vouloir, par esprit de vengeance ou par d'autres motifs intéressés, exterminer la postérité de Saül. I lui fallut donc, la mort dans l’âme, obéir au vœu cruel des Gabaonites. Les deux fils que Saül avait eus de sa concubine Rispa et les petits-fils que lui avait donnés sa fille #éra furent recherchés et livrés aux Gabaonites, qui les pendirent de leurs propres mains à Ghibeath-Saül, dans la ville même où leur père avait porté la couronne. David n’épargna que le fils de Jonathan, Wepkibosetk, respectant ainsi le serment qu'il avait fait à son ami de protéger toujours ses descendants. Les cadavres des sept victimes devaient rester attachés au gibet jusqu’à ce que le ciel envoyât la pluie; mais elle tarda longtemps à venir. Dans cette circonstance, la belle Rispa, pour laquelle Abner s'était brouillé avec Isboseth, montra de quoi une mère est capable. Pour préserver les corps de ses fils de servir de pâture aux aigles de l'air et aux chacals de la plaine, elle dressa sa couche sur le rocher où étaient exposés les cadavres, veilla sur eux d’un regard obstiné, bravant, le jour, les ardeurs de l'été, refusant, la nuit, le sommeil à ses yeux, pour écarter les animaux de proie de ces restes bien-aimés. Lorsqu'enfin, l'automne venu, la pluie tomba, on enleva les sept corps, et, sur l'ordre de David, on leur rendit les derniers honneurs. À cette occasion, il fit aussi chercher à Jabès-Galaad les ossements de Saül et de Jonathan, qu’on ensevelit à côté de ceux de leurs parents, dans le caveau de la famille de Kisch. Il paraitrait que David fit redire alors son émouvante élégie sur la mort de Saül et de Jonathan, pour montrer combien lui tenait au cœur la chute de la maison royale de Benjamin, et il ordonna même que ce chant fût appris par cœur. Quant à Mephiboseth, le fils survivant de Jonathan, qui avait vécu jusqu'alors dans la maison

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