‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 40 sur 144 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LE ROI DAVID (Sue)

Après vingt ans de règne, David eut à subir différentes guerres, qui le détournèrent de ses pacifiques efforts pour établir l'ordre intérieur du pays et y exercer la justice. Ces guerres lointaines, qui s’imposèrent à lui à son corps défendant, donnèrent à sa puissance un accroissement inattendu et à l’activité de son peuple un singulier essor. Il fit d’abord une guerre acharnée aux Moabites, habitant au delà de la mer Morte, avec lesque]s, au temps de sa vie errante, il avait eu des relations amicales et chez qui il avait rencontré un accueil hospitalier. C'était vraisemblablement une guerre de représailles, car David vainqueur traita les prisonniers avec plus de cruauté qu'aucun des peuples vaincus par lui. Tout le pays de Moab fut soumis à son empire et tenu d’envoyer un tribut annuel à Jérusalem. | |

Quelque temps après, Nachasch. roi des Ammonites, étant mort, David, qui avait été lié d'amitié avec lui, envoya un message de condoléance à son fils Ckanoun. Cette démarche parut suspecte. Les familiers du nouveau roi le mirent en défiance contre David, prétendant que les messagers n'étaient que des espions chargés d'explorer les points vulnérables de la capitale (Rabbath-Am-

mon), qu'on se proposait d'attaquer cette ville et de lui faire subir le sort de la capitale moabite. Entrainé par leurs suggestions, Chanoun fit au roi israélite un affront qui ne pouvait rester impuni. À ses envoyés qui, selon le droit des gens, étaient inviolables, il fit raser la moitié de la barbe, couper les vêtements jusqu'à la ceinture, et les expulsa du pays. David fut informé du fait, et il s'apprêta à une guerre sans merci. Les bans de l'armée furent convoqués, le corps des « vaillants » ceignit ses reins, et les troupes mercenaires des Æréfhi et Pléthi, commandées par Benaïahou, marchèrent en tête. Chanoun, qui redoutait les qualités guerrières des Israélites, chercha à se procurer du renfort ; il soudoya des Araméens, répandus depuis la chaine de l’Hermon jusqu’à l'Euphrate, et qui vendaient leurs services. Le plus fort contingent (20,000 hommes) fut fourni par ÆZadadézer, roi de Soba, près de l’Euphrate. David ne fit pas cette guerre en personne, il en confia la direction au prudent et fidèle Joab. Aussitôt que celui-ci eut franchi le Jourdain avec son armée, il la partagea en deux corps, laissa l’un sous les ordres de son frère Abisaï, et attaqua lui-même les Araméens à la tête de l'autre. Il avait enflammé les courages par ces simples et expressives paroles : « Combattons vaillamment pour notre peuple et notre ville sainte, Dieu fera le reste! » Joab, fondant avec impétuosité sur les Araméens, les mit en déroute, si bien qu’à leur tour les Ammonites, épouvyantés, abandonnèrent la bataille et se retirèrent sous les murs de leur capitale.

Après cette belle journée, Joab se hâta de rentrer dans Jérusalem, où il rendit compte au roi et lui développa un plan consis- . tant à écraser les Araméens, de facon à leur ôter désormais l'envie d'intervenir. Avec l’armée victoricuse, qui venait d’évacuer provisoirement le territoire ammonite et qu'il renforça encore, David se mit lui-même à la poursuite des Araméens, au delà du Jourdain. Bien que le roi Hadadézer eût envoyé, lui aussi, de nouveaux renforts à son armée battue, elle succomba encore une fois, et son général lui-même perdit la vie. Les vassaux du puissant Hadadézer firent promptement leur paix avec David, qui, poursuivant son succès, pénétra jusqu'à la capitale du roi araméen, dans le voisinage de l’Euphrate. Les ‘chariots et la cavalerie de

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