LES GUERRES DE DAVID
l'ennemi ne purent soutenir le choc impétueux de l’armée israélite, et les Araméens furent battus une troisième fois. Le vaste État de Soba, dont plusieurs princes relevaient comme tributaires, fut sur le penchant de sa ruine. Le roi de Damas, qui avait prêté assistance à celui de Soba, fut pareillement vaincu par David, et l'antique cité de Damas passa depuis lors sous l'obéissance du roi d'Israël. Dans toutes les provinces araméennes, depuis l'Hermon jusqu'à l'Euphrate , David établit des gouverneurs chargés de la perception des tributs. — David et son armée durent être surpris eux-mêmes de tant de victoires merveilleuses, qui répandirent au loin la terreur de leur nom. ; Cependant le roi des Ammonites n'avait pas encore expié l’affront infligé aux gmbassadeurs israélites. Retenue, pendant une année presque entière, par sa guerre avec les Araméens, l’armée israélite ne pouvait reprendre la campagne contre Chanoun. Mais, une fois ces grands succès obtenus, David fit marcher Joab avec son armée contre Ammon. Or, la guerre avec ce peuple avait été l’occa- . sion d’une autre guerre. Les Iduméens, qui habitaient au sud de la mer Morte jusqu’au golfe Ælanitique, avaient, eux aussi, prêté appui aux Ammonites en leur envoyant des troupes auxiliaires ; eux aussi, il fallait les mettre à la raison. David fit donc attaquer les Iduméens par son second général, Abisaï, le frère de Joab. Du reste, Joab avait fort à faire avec les Ammonites, rétranchés derrière les puissants remparts de leur capitale, et qui faisaient de fréquentes sorties. L'armée israélite, ne possédant ni béliers ni autres engins de siège, ne pouvait obtenir quelque résultat qu’en tentant d’escalader les murs: mais les archers postés sur le faite les repoussaient sans cesse. Enfin Joab réussit, après des assauts réitérés, à s'emparer d’un quartier de la ville ; il fit aussitôt bart de-cet exploit à David et l'engagea à se rendre au camp pour assister à la prise des autres quartiers, afin que l'honneur de la conquête lui fût attribué. David arriva devant Rabba avec des troupes fraîches, et il eut, en effet, la satisfaction de prendre la ville entière et de faire un riche butin. Il mit sur sa tête la couronne de #alkom (Milkom), dieu des Ammonites, laquelle était d'or et enrichie de pierreries. Il ne parait pas que David ait détruit la ville, comme il en avait eu l'intention; il se borna à
condamner la population mâle, ou seulement les prisonniers, à . des travaux serviles, tels que polir des pierres, triturer le blé avec des rouleaux de fer, couper du bois et confectionner des briques, et il procéda de même avec les prisonniers des autres villes. Quant au roi Chanoun, cause première de la guerre, et qui avait si gravement offensé David, ou il fut mis à mort, ou il réussit à s'échapper. David lui donna probablement pour successeur Schobi, frère de ce prince.
De son côté, Abisaï avait guerroyé avec les Iduméens et les avait battus dans la « vallée du Sel », voisine sans doute de la montagne saiine au bord de la mer Morte. Il est à croire que les survivants se soumirent ; aussi David se contenta de leur imposer une garnison et des gouverneurs, comme à Damas et aux autres pays araméens. Il paraitrait que, plus tard, les Iduméens se soulevèrent contre la garnison israélite et la massacrèrent ; car Joab se rendit en Idumée, fit donner la sépulture aux victimes et mettre à mort toute la population iduméenne mâle. Six mois furent employés à cette guerre d’extermination; si bien qu’un petit nombre d'hommes seulement purent y échapper par la fuite, au nombre desquels se trouvait un fils ou petit-fils d'Hadad, le roi des Iduméens.
Par ces grandes victoires de David, dans l'Ouest sur les Philistins, au Midi sur les Iduméens, dans l'Orient, au delà du Jourdain, sur les Moabites et les Ammonites ‘et, dans le Nord, sur les Araméens, l’État israélite acquit une puissance inespérée. Si, précédemment, alors qu'il fut reconnu roi de tout Israël, les limites du pays étaient renfermées entre Dan et Bersabée, l'empire de David embrassait maintenant le vaste territoire qui s'étend du Torrent d'Égypte (Rhinocolura, El-Arisch) jusqu’à l'£Zwpkrate, ou de Gaza jusqu'à Thapsacus (sur l'Euphrate). Les peuples vaincus étaient obligés, chaque année, d'envoyer des présents comme hommage, de payer un tribut et peut-être de fournir des corvéables pour les constructions et autres travaux pénibles.
Toutes ces guerres et ces victoires révélèrent la grande âme de David mieux que n'avait fait son existence antérieure, courbée sous la contrainte. Ferme et énergique dans l’action, quand il y allait de l'honneur et de la sécurité de son peuple, il restait