‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 66 sur 144 · INVASION DES ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

INVASION DES ÉGYPTIENS

tour de Jérusalem, dans un périmètre de plusieurs lieues. Mais, à l'heure du danger, ces défenses se trouvèrent absolument insuffisantes. ScheschenK entreprit contre Roboam, alors dans la cinquième année de son règne (972), une vaste expédition, composée de forces écrasantes en infanterie, cavalerie etchariots de guerre. Accablées par le nombre, les places fortes cédèrent l’une après l’autre, et Scheschenk s'avança jusqu’à Jérusalem. A ce qu'il semble, la capitale se soumit sans résistance. Aussi le vainqueur se borna-t-il à s'emparer des trésors cachés par Salomon dans le palais et le temple, à prendre tout l'or qui setrouvait dans Jérusalem, les boucliers et les lances d'or que portaientles gardes accompagnant le roi lorsqu'il se dirigeait vers le temple; mais il laissa debout le royaume de Juda, ne rasa même pas les murs de Jérusalem et permit à Roboam de conserver son trône. De retour dans son pays, il fit immortaliser, par l’écritureet par l’image, ses faits de guerre et ses victoires sur Juda et d’autres peuples. Parmi les ruines d’un temple de Thèbes, on voit encore sur un mur un grand nombre de bas-reliefs où se reconnaissent aisément des figures de prisonniers. — Elle avait été de courte durée, l'alliance conclue par Salomon avec l'Égypte, et dont la fille du roi de ce pays devait être le gage. Le propre fils de Salomon devait déjà éprouver la fragilité de pareilles alliances et apprendre le peu que valent les plans ingénieux de la politique. À son alliance avec l’Égypte, à son mariage avec la fille de Pharaon, le sage Salomon avait follement sacrifié ; il avait bâti un palais à cette princesse, — et peu d'années après sa mort, un roi d'Égypte pillait les trésors de ce palais, comme ceux des autres monuments qu'il avait élevés à sa gloire.

C'en était fait de la grandeur et de la magnificence de l'héritage de Salomon. Un seul jour, en quelque sorte, l'avait vu crouler tout entier. La plus grande partie s’en était détachée, et le peu qui en restait n'était plus qu'un fief de l'Égypte, qui serait peutêtre astreint à lui payer un tribut annuel. Les peuplades naguère tributaires, les Philistins, les Iduméens, mirent sans doute à profit la faiblesse de Juda pour recouvrer leur indépendance. De fait, l'Iduméen Hadad était favorisé par Scheschenk, autant que l'était Jéroboam. Roboam, n'étant plus maître de l'Idumée, ne pouvait plus envoyer de vaisseaux au riche pays d'Ophir, et dès

lors sa principale ressource était anéantie. Les autres ressources d’ailleurs lui faisaient également défaut. Le commerce des chevaux et des chars de guerre, qu'une société royale de négociants tirait de l'Égypte et exportait au loin jusqu'aux bords de l’Euphrate, se trouvait supprimé par l'établissement du royaume d'Israël, qui empêchait toute communication avec les pays du nord. La luxueuse splendeur du règne de Salomon était éteinte, le monde magique qu'il avait créé s'était évanoui. Pour conserver encore une apparence d'éclat, ce cortège qui l’accompagnait dans ses visites au temple, Roboam donna à ses gardes des boucliers et des lances d’airain, en remplacement de ceux d'or. La Judée était devenue un pays pauvre, n’ayant d'autre moyen d'existence que l’agriculture, comme avant l'établissement de la monarchie.

Dans le royaume d'Israël non plus, les choses n'allaient à souhait pour Jéroboam. Il avait, naturellement, fait de Sichem sa résidence et le centre du royaume : cette ville, dans sa pensée, devait être la rivale de Jérusalem, devait même l’éclipser. La tribu d'Éphraïm formant l'élément principal du nouvel État, celui-ci s'appela É'pAraïm, ou la maison de Joseph, ou la maison d'Israël. Cependant lesSichémites, ces têtes de colonne dela tribu d'Éphraïm, ces promoteurs de l'avènement de Jéroboam, ne furent en aucun temps des alliés sûrs, encore moins des sujets commodes. Pleins de fougue pour soutenir une révolution, ils n'étaient ni assez patients ni assez calmes pour la supporter si elle leur devenait une gène. Comme ils avaient procédé, du temps des juges, à l'égard d'Abimélech, en commençant par le reconnaitre roi et par applaudir à ses crimes, puis en se tournant aussitôt après contre lui, ainsi secmblent-ils s'être rebiffés contre l'autorité de Jéroboam, dès que celui-ci prit au sérieux son titre de roi, voulut agir en maïtre et réclama l'obéissance. Certaines collisions paraissent avoir surgi entre Jéroboam et les Sichémites, par suite desquelles il quitta Sichem et établit sa résidence dans une autre ville, celle de 7hirza (aujourd’hui Talusa), située au nord de Sichem, sur une haute colline, dans une contrée fertile et bien arrosée. Jéroboam fortifia cette ville et y bâtit un palais et un château fort (armôn), destiné à sa défense. Il fortifia également plusieurs villes de l’autre côté du Jourdain. Car les Moabites et les Ammonites avaient probable-

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