‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 76 sur 144 · ÉLIE DANS LE DÉSERT · texte numérisé non relu

ÉLIE DANS LE DÉSERT

extrémité Achab demanda la paix. Mais, devant les conditions déshonorantes que posait l’envahisseur (celui-ci exigeait jusqu'aux femmes et aux enfants du roi d'Israël), il reprit la lutte, battit son vainqueur dans deux rencontres, et à son tour le réduisit à merci. On négocia, Ben-Hadad promit tout ce qu’on voulut, et les ennemis de la veille devinrent amis ; ils scellèrent leur réconciliation par une alliance jurée solennellement et que l’Araméen comptait bien rompre à la première occasion. Cette imprudence, qui faisait perdre à Achab les fruits de sa victoire, lui valut les censures d'un prophète. Les conséquences ne s’en firent pas attendre. ïen-Hadad, ‘si heureusement tiré d'affaire, ne tint pas ses engagements. S'il rendit les villes des monts de Nephtali qu'il avait prises, il n’en fut pas de même pour celles du versant opposé, notamment pour Ramot-Galaad, la place d'armes du territoire. Achab eut la faiblesse de n’en pas exiger la restitution immédiate, et plus il tarda ensuite à le faire, plus il lui fut difficile d'insister, parce que dans l'intervalle son adversaire avait réuni de nouvelles forces. Sur ces entrefaites arriva fort à propos Josaphat, roi de Juda (918-995). IL était assez surprenant de voir les chefs de deux États, généralement aussi ennemis que voisins, se rapprocher au point de se visiter l’un l’autre dans sa capitale. Le phénomène était d'autant plus remarquable que Josaphat, très altentif à la pureté du culte dans son royaume, détestait nécessairement l’idolâtrie d’Achab et de Jézabel : sans être un zélateur de l’ancienne loi, il avait dû s’indigner de l'introduction brutale des rites étrangers et de la persécution dirigée contre les prophètes. Il n’en conserva pas moins d'intimes rapports avec la maison d'Omri et, mû apparemment par des considérations politiques, n'hésita pas à marier son fils Joram à la fille d’Achab, Afhalie. Quel était son but en venant à Samarie? Probablement encore de se fortifier, en resserrant ses liens avec le roi d'Israël. Celui-ci en profita pour lui demander son appui contre Ben-Hadad : « Veux-tu, dit-il, marcher avec moi sur Ramot ? » Josaphat y consentit, mit ses troupes et ses chevaux à la disposition de son allié: pour la première fois depuis longtemps, les guerriers d'Israël et de Juda refirent cause commune. Les deux confédérés franchirent le Jourdain et s’avancèrent sur Ramot; mais le combat s'engageait

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à pus qiuone flrhe atteizpait Achab et à L'essait mrteliement. Cons-rant tatefois sa présences d'sgrit. ii Se fit coduire hors de la méléz, et ïzs sAdats, ijsmwrant sa retraite. sc battirent jusqu'au soir. Aprés sul-ment qu'il ect perdu tout son sang et expiré, le héraut cria: « Que chacun retourne dans son pays et chacun dans sa vill:’ > Les arm“<e< d'Israsl et de Juäa r-passerent done le Jourdain, laissant les Araméens maitres du champ de bataille et de la forteresse. Le corps du roi des dix tribus fut ramené à Samarie et inhumé. Pendant qu on lavait son char au bord d'une piscine, des chiens léchérent son sang.

Achab eut pour successeur son fils Gchssias ‘Acharia : e‘était la premiére fois que la couronne d'Israël se transmettait jusqu'à la troisiémc génération: mais ce petit-fils d'Omri ne régna que peu de temps ét laissa de si faibles traces qu on ne sait rien de son caractére. Naturellement il imita l'impiété de ses parents et a Surpassa méme. Tombé par une fenètre de son palais et soucieux de savoir s'il recouvrerait la santé, il envoya consulter l'oracle d'une divinité d'Écron, alors fameuse, appelée Baal-Zebuh (Bei-Zebul . Élie, à cette époque, était de retour du mont Horeb, mais toujours sous l'impression de l'avertissement quil y avait recu, vivait retiré, probablement sur le Carmel, après avoir institué pour son successeur Élisée, fils de Schaphat. La manière dont il le choisit est caractéristique. L’ayant rencontré conduisant la charrue, il était allé droit à lui, lui avait, sans mot dire, jeté sur lé corps son manteau sombre de prophète et s'était éloigné. Qu'Élisée fût digne de lui succéder, et il comprendrait. Celui-ci, ep effet, courut après Élie et le pria de l'attendre un instant, pour lui permettre de faire ses adieux à sa famille. « Retourne alors, fit briévemnent le prophète. » Élisée comprit que, pour être un fervent apôtre de Dieu, il devait quitter père et mère, sacrifier affections ét habitudes : sans rentrer sous le toit paternel, il suivit Élie et le servit ou, selon la formule du temps, lui versa de l’eau sur les mains. Le Thisbite ne se montra plus qu’une seule fois, ce fut en allant à la rencontre des messagers d'Ochosias : « Dites au roi qui vous a dépéchés, leur cria-t-il : \’y a-t-il donc pas de Dieu en Israël, pour que tu envoies à Écron consulter Baal-Zebub ? » Et il se rendit à Samarie pour annoncer au fils d'Achab qu'il ne se

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