‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 77 sur 144 · LES SUCCESSEURS D'ACHAB · texte numérisé non relu

LES SUCCESSEURS D'ACHAB

reléverait plus. Ochosias, en effet, mourut aussitôt après, et, comme il ne laissait pas d’héritier, son frère Joram lui succéda (897-887). | Qu'est devenu Élie? A-t-il payé son tribut à la mort comme le reste des hommes? Ses disciples et leurs successeurs, ne pouvant concevoir que cet esprit de flamme fût retourné dans le néant, racontèrent qu'il était monté au ciel dans une tempête : Élisée, qui ne le quittait point, avait remarqué, disaient-ils, que le maître, vers la fin, cherchait à se dérober, et lui, Élisée, s'était d'autant plus étroitement attaché à ses pas ; le Thisbite venait de visiter une dernière fois les apôtres à Ghilgal, à Béthel et à Jéricho, et Élisée, toujours avec lui, n’avait pas osé lui demander vers quel endroit il se dirigeait; au moment enfin où tous deux venaient de passer le Jourdain à pied sec, un char de feu, attelé de chevaux de feu, l'avait séparé de son disciple et enlevé au ciel au milieu des éclairs, sans que celui-ci pût le suivre de l'œil. — Hi y avait eu quelque chose de si extraordinaire dans cette longue et difficile action d'Élie, qui, dans des circonstances les plus défavorables, à travers les luttes et les persécutions, avait su maintenir l'antique loi du Dieu d'Israël contre une idolâtrie imposée par la violence, sauver la sainteté du culte en présence de rites libidineux, et protéger les mœurs contre l’envahissement de la débauche, une pareille tâche, ainsi remplie, apparaissait si surhumaine, que les générations suivantes ne purent se l'expliquer que par le miracle. | Mais son plus grand prodige, ce fut d’avoir fondé une association qui entretint le feu sacré de l'ancienne loi et qui, selon la nécessité, protesta hautement ou lulta en silence contre la corruption de la classe élevée. La nouvelle école prophétique issue de lui forma une communauté à part dans le royaume des dix tribus, communauté dont les membres vivaient, simples et pauvres, du travail de leurs mains. Élie disparu, elle eut besoin d’un chef; Élisée, bien que jeune, en prit la direction : le Thisbite lui-même, disait-on, lui avait conféré le droit d'aînesse sur ses fils spirituels en lui léguant le manteau tombé de ses épaules. Élisée, au début, suivit en tout point les traces de son maiïtre, vécut loin du monde, le plus souvent sur le Carmel. Mais, plus tard, il se méla dans le

peuple. une fais qu'il eut déterminé un homme d'action à renverser la maison d'Umri et le culte de Baal.

Jorañi Yehoram ne montra pas l'acharnement de sa mère Jézabel à propager l'idolätrie. et fit mème enlever. d'un endroit où elle causait par trop de scandale. à Jezrel ou à Béthel, une pyramide sbscène consacrée au dieu tyrien. Élisée n'en eut pas moins une telle aversion pour lui. qu'il pouvait à peine souffrir sa vue. Ce deuxième petit-fils d'Omri entreprit. à la mort de son frère, une expédition contre les Moabites, dont le roi Wész (Mescha), son vassal, venait de secouer le joug X99-K93 : toutefois, ne voulant pas entrer seul en campagne, il sut, lui aussi, s'assurer le concours de Josaphat, avec lequel il entretenait les mèmes relations d'amitié que ses prédécesseurs. Mésa, qui attendait les alliés à la frontiére méridionale de son royaume, succomba sous le nombre, et dut se réfugier dans la forteresse de Kir-Chareschet (Kerek? , où il se maintint pendant que l'invasion dévastait en majeure partie son territoire. Peu après, Josaphat mourut, et Édom, à son tour, se détacha de Juda. On eût dit que l'alliance de la maison d'Omri avait porté malheur à celle de David. Cette intimité funeste alla d’ailleurs encore plus loin : Joram, fils de Josaphat "894-880, — ji] s'appelait comme son beau-frère d'Israël, — la poussa au point d'introduire, dans ses propres États, les erreurs de l'idolätrie. Nul doute que sa femme Athalie ne füt pour une bonne part dans cette mesure, car, à l'instar de sa mère, elle nourrissait une véritable passion pour les rites de Baal.

Mais l'heure fatale avait enfin sonné, la destinée de la race d'Omri allait s'accomplir, et dans son malheur entrainer la maison de David. Ce fut la main d'Élisée qui noua la trame des événements. Une nouvelle dynastie s'était élevée à Damas; Ben-Hadad, l’ancien adversaire d'Achab, était mort étouffé par un de ses familiers, Æasaël ; le meurtrier s'était emparé de la couronne et. à peine au pouvoir, s'était apprèté à la guerre : il voulait reconquérir les provinces autrefois prises aux Israélites, puis reperdues par son prédécesseur, et dirigea ses premières attaques contre les tribus de delà le Jourdain. Le roi d'Israël dut donc se porter au secours de Ramot-Galaad; une sanglante bataille se livra sous les murs de celte place forte et Joram y fut frappé d'une flèche. Forcé de se

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