‹ Histoire des Juifs (volume 3)Chapitre 123 sur 203 · LE SANHÉDRIN DE PARIS ET LA RÉACTION · texte numérisé non relu

LE SANHÉDRIN DE PARIS ET LA RÉACTION

Pendant l'époque orageuse de la Révolution, les paysans d'Alsace avaient cessé de produire contre les Juifs de celte province leur accusation habituelle d'usure. C'est que créanciers juifs et débiteurs chrétiens avaient subi le même sort : tous étaient réduits à la misère. Au sortir de cette tourmente, de nombreux Juifs qui, par leur activité et leur intelligence, avaient réussi à acquérir de nouveau quelque fortune, reprirent leur ancien commerce d'argent. Ils y étaient en partie contraints par la nécessité de gagner leur vie et s'y trouvaient encouragés par les circonstances. Les hommes mûrs ne pouvaient pas, à l'âge où ils étaient arrivés, se mettre à apprendre l'agriculture ou la pratique de métiers manuels. D'autre part, le moment était favorable, pour ceux qui avaient de l'argent, à la réalisation de gros bénéfices. Des a biens nationaux », confisqués sur le clergé et la noblesse, étaient alors à vendre, et les paysans d'Alsace, désireux d'en acquérir, manquaient des capitaux nécessaires. Beaucoup d'entre eux avaient même dû vendre, pendant les années troublées de la Révolution, tout leur bétail et leurs instruments de labour pour ne pas mourir de faim. Ils s'adressèrent alors aux capitalistes juifs, qui leur avancèrent de l'argent sur hypothèque, probablement à

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