‹ Histoire des Juifs (volume 3)Chapitre 65 sur 203 · LES PURITAINS ET LES JUIFS · texte numérisé non relu

LES PURITAINS ET LES JUIFS

situation, chaque psaume répondait à leurs propres pensées. Gromwell se comparait à Gédéon qui, au début, n'obéit à la voix divine qu'en tremblant et qui dispersa ensuite vigoureusement les légions païennes.

Ainsi familiarisés avec l'histoire, les prophéties et la poésie de l'Ancien Testament et pénétrés de Tesprit de la Bible, les Puritains reportaient le respect que leur inspiraient les livres saints sur le peuple qui en est le héros. Pour eux, c'était un vrai miracle que ce peuple, comblé de faveurs si extraordinaires et châtié avec une si rigoureuse sévérité, n'eût pas encore complètement disparu. Ils conçurent donc le désir de voir de leurs propres yeux cette antique race, de l'attirer dans la communauté de Dieu qu'ils voulaient créer en Angleterre. Ceux qui, dans l'armée de Gromwell ou le Parlement, rêvaient du prochain avènement du règne millénaire réservaient aux Juifs un rôle particulièrement brillant.dans l'empire des saints. Prenant à la lettre certaines expressions des Prophètes, un prédicateur puritain, Nathanel Holmes (Homesius), exprima le désir de devenir le serviteur d'Israël et de servir ce peuple à genoux. La vie publique, comme les sermons, reçut en quelque sorte une empreinte Israélite. Si les membres du Parlement avaient parlé hébreu, on aurait pu se croire revenu en Judée. Un écrivain émit même le vœu de célébrer le samedi, et non pas le dimanche, comme jour de repos. D*autres formulèrent le souhait que l'Angleterre adoptât les lois politiques de la Tora.

Manassé ben Israël suivait avec émotion ce qui se passait en Angleterre, il y voyait l'annonce de l'arrivée prochaine du Messie et il déploya une activité fiévreuse pour h&ter la réalisation de ses espérances. A sa profonde joie, un chrétien anglais, Edouard Nicolas, publia un plaidoyer chaleureux a en faveur de la noble nalion juive et des enfants d'Israël. » Dans cet écrit, dédié au Long Parlement, les Juifs, qualifiés de peuple élu, étaient traités avec une bienveillance à laquelle ils n'étaient pas accoutumés. A la fin, l'auteur y déclarait qu'il n'avait pas composé ce mémoire à l'instigation des Juifs, mais par amour pour Dieu et pour son pays. Selon lui, les maux amenés par les guerres civiles et religieuses étaient un châtiment divin, parce que les Anglais avaient

persécuté les Juifs, ces favoris de Dieu ; on devait doac tenir compte de cet avertissement, traiter les Juifs avec bonté et les accueillir en Angleterre. Après avoir démontré par de nombreux versets bibliques la prédilection de Dieu pour Israël, il rappelait les paroles d'un prédicateur qui avait cité dans le Parlement ce passage des Psaumes : « Ne touchez pas à mes oints et ne maltraitez pas mes prophètes, » et qui avait affirmé que les nations étaient heureuses ou malheureuses selon qu'elles se montraient justes ou malveillantes a l'égard des Juifs. « Il est donc de votre devoir, continuait-il, de favoriser les Juifs, de les consoler, de nous faire pardonner le sang innocent répandu dans notre pays et de les unir à nous par des relations amicales. Sans doute, les papes qui humilient et oppriment les Juifs verraient avec déplaisir que l'Angleterre les traite équitablement ; ce serait là un motif de plus de leur témoigner des égards. »

Ce livre apologétique produisit une très vive sensation en Angleterre et en Hollande. Manassé en éprouva une joie très grande, et il se mit immédiatement à l'œuvre, de son côté, pour obtenir pour les Juifs le droit de séjourner en Angleterre. Son 'i esprit était pourtant hanté d'une grave préoccupation : il se

! demandait, avec beaucoup d'illuminés chrétiens, ce qu'étaient

ïr devenues les dix tribus que Salmanasar, roi d'Assyrie, avait

.* exilées. Restaurer le royaume juif sans ces dix tribus lui parais-

; sait impossible, car c'eût été s'écarter des paroles des Prophètes,

qui affirment qu'Israël sera de nouveau réuni à Juda. Il importait donc de démontrer l'existence de ces tribus. Manassé fut servi à souhait par le hasard. Un voyageur juif, Montezinos, avait, en effet, affirmé par serment quelques années auparavant que, dans une région de l'Amérique du Sud, il avait rencontré des Juifs indigènes descendant de la tribu de Reiîben. Fermement convaincu ' de la vérité de cette affirmation, Manassé l'exposa dans son

« Espérance d'Israël », qu'il écrivit pour préparer les esprits à

la venue du Messie.

' Pour Manassé, en efTet, l'époque de la délivrance était proche ;

'; bien des indices en faisaient foi. c Puisque les menaces des Pro-

^ phètes contre Israël se sont réalisées avec une si douloureuse

précision, on peut légitimement espérer que leurs promesses

« ESPÉRANCE DISRAEL d DE MANASSÉ. 467

aussi s'accompliront, o Manassé énumère^dans son livre, une série de martyrs brûlés en Espagne et en Portugal parce qu'ils avaient refusé d'abjurer leur foi. Il signale surtout avec admiration le cas d'un jeune noble chrétien, Don Lope de Vera y Alarcon, qui s'était converti au judaïsme, avait pris le nom de Juda a le croyant » et confessé avec courage ses nouvelles convictions. Incarcéré pendant plusieurs années, il était monté ensuite sur le bûcher (25 juillet 1644).

C'est sous l'impression de ces atrocités de l'Inquisition que Manassé écrivit son « Espérance d'Israël », où il affirme l'existence des dix tribus à laquelle il rattache l'espoir de la prochaine délivrance. Il remit ensuite ce traité, en langue latine, à un haut personnage de l'Angleterre pour le communiquer au Parlement et au conseil d'État. 11 y ajouta un mémoire ou il essayai! de prouver qu'avant de pouvoir retourner dans leur pays d'origine, les Juifs devaient être disséminés d'un bout de la terre à l'autre. Or, comme l'Angleterre se trouvait, à ses yeux, sur les confins septentrionaux du monde habité, il lui paraissait indispensable de les ramener dans cette contrée. Il sollicita donc le conseil d'État et le Parlement d'autoriser les Juifs à se rendre en Angleterre, d'où ils étaient exclus depuis trois siècles, à y pratiquer librement leur religion et a y élever des synagogues (1650). Manassé ne cachait nullement ses espérances messianiques, car il savait que les « saints > ou puritains formaient des vœux pour le retour du peuple de Dieu dans son ancienne patrie et étaient tout disposés à l'y aider.

Les prévisions de Manassé semblèrent se réaliser, car sa requête fut accueillie favorablement par le Parlement. Lord Middlesex lui envoya même une lettre de remerciements avec cette suscription : « A mon cher frère, au philosophe hébreu Manassé ben Israël. » Sur ces entrefaites, la guerre éclata entre l'Angleterre et la Hollande, et Manassé vit de nouveau s'éloigner comme un mirage le but qu'il poursuivait. Mais, quand Cromwell eut dissous le Long Parlement, pour s'emparer du pouvoir (avril 1653), et qu'il eut manifesté la volonté de conclure la paix avec les États généraux des Pays-Bas, Manassé se remit a l'œuvre. Du reste, le nouveau Parlement convoqué par Cromwell était composé de prédicateurs

puritains, d'officiers imprégnés de Tesprit biblique, d'illuminés qui attendaient le règne millénaire du Messie, et tous professaient le plus grand respect pour les antiques institutions du judaïsme. Ainsi, ils proposèrent très sérieusement de composer le conseil d'État de soixante-dix membres, sur le modèle du Synhédrin de Jérusalem j et le général Thomas Harrison, un anabaptistCr voulut faire adopter pour TÂngleterre les lois mosaïques. Le Parlement accueillit donc avec la plus grande bienveillance la requête de Manassé ben Israël, à qui il envoya un passeport pour venir discuter à Londres la question du retour des Juifs en Angteterre.

Craignait-on, parmi les Juifs, que Manassé ne fût pas assez habile pour triompher de toutes les difficultés ou qu'il nuisit à la cause de ses coreligionnaires en s'inspirant trop, dans ces négociations, de ses rêveries messianiques ? Ce qui est certain, c'est qu'un Marrane, Manuel Martinez Dormido, s*empressa de se rendre à Londres pour remettre une supplique en faveur de l'établissement des Juifs dans la Grande-Bretagne. Dormido, qui avait occupé une situation importante en Espagne et que l'inquisition avait tenu emprisonné assez longtemps avec sa femme et sa sœur, avait réussi à s'enfuir à Amsterdam, où il était revenu au judaïsme. Dans sa requête, il se déclarait ouvertement Juif et faisait ressortir les avantages considérables que les Marranes de l'Espagne et du Portugal, par leurs capitaux et leur expérience des affaires, assureraient à l'Angleterre. Quoique Cromwell recommandât cette requête au conseil d'État, elle fut rejetée (novembre 1654). Après cet échec, les Marranes mirent de nouveau tout leur espoir en Manassé.

Celui-ci marchait alors en plein rêve. D^avance il se sentait ébloui par les splendeurs de la glorieuse période messianique qui allait s'ouvrir pour Israël. Ses idées étaient, d'ailleurs, partagées par des illuminés chrétiens. Peu de temps auparavant, le Hollandais Henri Jessé avait publié un ouvrage intitulé : a Prochaine gloire de Juda et d'Israël. » Le médecin Paul Felgenhauer, de Bohème, mystique et alchimiste, alla plus loin. Persécuté à la fois, en Allemagne, par les catholiques et les protestants, il s'était réfugié à Amsterdam et s'y était lié avec Manassé. Il publia le

MANASSÉ EN APî^GLETERRE. 169

livre suivant (décembre 1654) : a Heureux message du Messie à Israël : elle est proche Tépoque où Israël sera délivré de tous ses maux et ramené de la captivité et où le Messie viendra. Pour la consolation d'Israël, d'après les livres saints de TAncien et du Nouveau Testament, écrit par un chrétien qui attend le Messie avec les Juifs. » Felgenhauer déclare que les vrais croyants des autres religions sont également les descendants d'Abraham par l'esprit, et il en conclut que Juifs et chrétiens doivent s'aimer et s'unir en Dieu comme Juda et Israël. D'après lui, cette réconciliation des diverses confessions n'est plus éloignée, comme le prouvent les innombrables maux causés par la sanglante guerre de Trente ans.

Dans l'automne de l'année 1655, Manassé se décida à se rendre à Londres, où Cromwell lui fit le plus cordial accueil. Il était accompagné de Jacob Sasportas, qui avait exercé les fonctions de rabbin dans diverses villes africaines, et de plusieurs autres coreligionnaires. Londres était alors déjà habité par des Juifs, mais ils y vivaient sous le masque chrétien, comme à Bordeaux. Sous le règne d'Elisabeth, un médecin juif ou marrane, Lopez, avait joué un certain rôle dans cette ville comme protecteur et interprète d'un bâtard portugais, le prince Antonio, qui sollicitait l'aide de l'Angleterre pour disputer au roi d'Espagne le trône du Portugal. Victime d'intrigues, Lopez avait été accusé de trahison et condamné à mort par la reine. A la suite de cette condamnation, les parents et les amis marranes de Lopez avaient dissimulé encore plus soigneusement leur qualité de Juif.

Sous les Stuarts aussi, un petit nombre de Marranes étaient venus s'établir en Angleterre, où ils vivaient déguisés en chrétiens espagnols et portugais. Le plus considérable, d'entre eux était Antonio Fernandez Carvajal, très riche armateur. Il fut accusé un jour d'avoir déserté le christianisme, mais, sur les instances des principaux marchands de Londres, le Parlement imposa silence à ses accusateurs. Tous ces Marranes célébraient en apparence les offices du culte catholique dans la chapelle de l'ambassadeur portugais, Antonio de Sousa, beau-père de Carvajal; en réalité, cette chapelle était une synagogue. Cromwejl savait fort bien ce qui se passait, mais fermait les yeux. Les

Marranes se contentaient de cette situation équivoque et ne se décidèrent que difficilement a joindre leurs eiïorts à ceux de Manassé pour pouvoir observer ouvertement le judaïsme.

Pour donner plus de poids à sa démarche, Manassé se fit envoyer des procurations par les Juifs des divers pays européens et se présenta en Angleterre comme délégué de tous ses coreligionnaires. Il remit ensuite une « Adresse » à Cromwell, et en même temps il fit imprimer et répandre une « Déclaration » où il exposait les motifs qui plaidaient en faveur du rappel des Juifs et où il réfutait les objections qu'on pourrait y opposer. Les raisons invoquées peuvent se résumer en deux principales, une raison mystique et une raison économique. « Actuellement, dit-il, notre nation est dispersée partout et réside dans tous les pays florissants de la terre, en Amérique comme dans les trois autres parties du monde; seule Timportante et puissante Grande-Bretagne ne possède pas de Juifs. Pour que le Messie puisse venir et nous apporter la délivrance, il est nécessaire que nous soyons également établis dans ce pays. » En deuxième lieu, il faisait valoir l'essor que les Juifs donneraient au commerce de TAngleterre.

Cromwell était favorable au projet de Manassé. Il savait quels avantages TAngleterre, dont le commerce était bien moins prospère que celui de la Hollande, retirerait de la présence des riches et habiles marchands juifs ou marranes d'Espagne et de Portugal. En outre, il était animé d'un réel sentiment de tolérance à Tégard de toutes les confessions. Mais, ce qui le prédisposait surtout en faveur du retour des Juifs en Angleterre, c'était Tespoir de les voir se convertir à la religion presbytérienne, qui, par son austérité et sa simplicité, se rapprochait bien plus du judaïsme que du culte catholique. Pour amener le peuple à ses idées, il les fit exposer et propager par deux des plus zélés indépendants, Hugh Peters, son secrétaire, et Harry Martens, membre du conseil d'État.

Le 4 décembre 1655, Cromwell convoqua à Whitehall une commission pour examiner la requête de Manassé. Les délibérations portèrent sur deux points principaux : les Juifs peuvent-ils légalement s'établir en Angleterre, et, en cas d'affirmative, sous

DÉBATS SUR LE RETOUR DES JUIFS EN ANGLETERRE. i7l

quelles conditions seront-ils autorisés à revenir dans ce pays? Ces débats soulevèrent dans le peuple les plus diverses passions. Haine aveugle contre les déicides et amour mystique pour le peuple de Dieu, crainte de la concurrence et désir de conquérir, grâce aux Juifs portugais et espagnols, la supériorité commerciale sur la Hollande, préjugés de toute sorte, tels étaient les sentiments qui divisaient alors les Anglais en amis et en adversaires des Juifs. Les partis aussi s*eû mêlèrent. Les adhérents de Cromwell et, en général, les républicains demandaient rétablissement des Juifs en Angleterre, les papistes et les royalistes le combattaient.

Dès le début de la discussion, les représentants des droits de rÉtat déclarèrent que nulle loi ne 8*opposait au retour des Juifs, attendu que Tédit de proscription promulgué autrefois contre eux n^avait pas été sanctionné par le Parlement. Les délégués de Londres réservèrent leur opinion, mais le clergé se prononça cnergiquement contre les Juifs. Pour obtenir un résultat favorable, Cromwell fit adjoindre au clergé trois ecclésiastiques de ses amis, mais à la séance de clôture (18 décembre 1655), qu*il présida lui-même, il vit quand même la majorité du clergé repousser sa proposition. Après avoir de nouveau exposé avec chaleur les raisons qui lui paraissaient plaider en faveur du séjour des Juifs en Angleterre, Cromwell déclara les délibérations closes en se réservant la faculté de résoudre lui-même la question.

A la suite des délibérations de la commission de Whitehall, le conseil d'État décida d'autoriser les Juifs à séjourner en Angleterre, mais en les soumettant a de pénibles restrictions; il leur était même interdit de se réunir pour célébrer les offices. Cromwell trouva celte défense trop dure et leur permit de célébrer leur culte dans une maison privée. Il ne pouvait pas se montrer plus libéral à ce moment, parce que le fanatisme du clergé et les préjugés de la foule étaient alors coalisés pour s'opposer à l'admission des Juifs. Un des adversaires les plus fanatiques des Juifs était l'agitateur et pamphlétaire William Prynne, qui, dans un libelle violent, renouvela contre eux toutes les anciennes calomnies, y compris Taccusation du meurtre rituel, et réunit tous les

décrets promulgués contre eux au xiii* siècle. D'autres pamphlétaires suivirent Texemple de Prynne. Probablement à Tinstigation de Cromweli, Thomas Collier réfuta les assertions de Prynne dans un opuscule qu*il dédia au Protecteur.

Pendant qu^on discutait avec vivacité cette question en Angleterre, le gouvernement hollandais témoigna son mécontentement au sujet de Tentreprise poursuivie par Manassé ben Israël. Il craignait que ce dernier ne cherchât a faire partir les Juifs d'Amsterdam, avec leurs capitaux, pour Londres. Mais Manassé put prouver sans peine que ses efforts tendaient à ouvrir l'Angleterre, non pas à ses coreligionnaires de Hollande, qui jouissaient d'une grande Uberté, mais aux malheureux Marranes d'Espagne et de Portugal.

Cet asile s'ouvrait pourtant moins facilement que ne l'avait espéré Manassé. Les préoccupations intérieures et extérieures ne laissaient pas à CromwcU assez de loisirs pour prêter un concours efQcace au rabbin d'Amsterdam, et les adversaires des Juifs déployaient beaucoup d'activité. Les compagnons de Manassé, découragés, repartirent pour la Hollande, et des Marranes, qui s'étaient enfuis du Portugal pour l'Angleterre, s'arrêtèrent en route pour se ûxer ensuite en Italie et à Genève.

Sur le conseil d'une haute personnalité, Manassé se décida alors à publier une nouvelle défense des Juifs, où il exposa, pour les réfuter, diverses accusations dirigées contre ses coreligionnaires. Cet écrit, sous forme de lettre, répond aux points suivants r'usage du sang chrétien à la fête de Pàque; blasphèmes contre le Christ dans les prières; injures contre les chrétiens ; culte idolâtre rendu aux rouleaux de la Tora. Ce plaidoyer est peut-être la meilleure œuvre de Manassé, qui y déploie une chaleur entraînante et une profonde conviction. Le ton en est d'une touchante tristesse, c Je verse des larmes amères et j'éprouve une douloureuse angoisse quand j'entends les chrétiens lancer une aussi épouvantable accusation contre les pauvres et malheureux Juifs, auxquels ils reprochent d'assassiner des chrétiens pour faire usage, à la fête de Pâque, de leur sang, qu'ils mêleraient aux pains azymes. » Manassé consacre la plus grande partie de son plaidoyer à la réfutation de cette odieuse calomnie, reproduito

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