‹ Histoire des JuifsChapitre 10 sur 104 · INSTITUTIONS D£S SCRIBES · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS D£S SCRIBES

acquis un caractère parUculièrement religieux. — Le premier floir de la fête du printemps, oik Voa maogeait l'agneau pascal, prit également une liante signification à l*époque des sdpheriro en vue de réveiller et de raviver chaque année, avec le souvenir de la sortie d'Egypte, le sentiment de la liberté. Dans cette soirée de fètOf il était de règle ou d^uaage de boire quatre coupes de vin ; les plus pauvres mêmes trouvaient moyen de se procurer la liqueur « qui réjouit le cœur de Thomme, » ou on la leur procurait par des collectes pour les indigents. Parents et amis se réunissaient en cercle intime autour de la table pascale, non pour célébrer des orgies, mais pour se remettre en mémoire la merveilleuse délivrance dlsraêl et gloriOer le Dieu de leurs pères ; en souvenir de cet événement, ils mangeaient des herbes amères, rompaient des pains azymes, goûtaient de la chair de Tagneau pascal et faisaient circuler le vin, non pour s'enivrer, mais pour célébrer .in oc plus d alléprresse la fête commémorative. I/usap:e s'iutroduisil peu ù peu de se réunir en plus ^rand nombre ; des groupes de familles amies [chabourah , ofarpix) s'entendaient pour fêler en commun la soirée de l'ùque et manper i a^iK;au ensemble. On y chautuil des psaumes, et cellu soirée est devenue, avec le temps, une délicieuse UHc de famille.

Les prières instituées par les sôpherim n'avaient pas une forme rigoureusement déterminée, mais l'ordre des idées y était indiqué d'une manière générale. Le rituel du temple servit de modèle pour les synn^^O'^'ues ou < maisons de la conununaulé » [hêth ha-kenessdh Mlut-cs hors de Jt-rusalem. Le service divin, (jui se faisait dans une salle du temple, couiiiiengail, le matm, par un ou plusieurs psau!n<^s spéciaux de louang'^s et d'actions de grâces. L'assemblée y repundail par celle formule ; « Loué soil le Dieu d'Israël, qui seul opère des nuracles. et loué soit à jamais son nom glorieux, et qiie sa prloin* remplisse toute la terre! « i'uis venait une prière de k'i'atilude pour la lumière du soleil, que Dieu dispense à tous les hommes, et pour la lumière de la Thora. qu'il a dispensée à Israéd. Suivait la lecture do plusieurs sections du saint livre : le Décalogue ; le Schéma, qui allirmo l'unité de Dieu et le devoir de l'aimer; une autre tirade unalo<ïue, enfin le paragraphe qui nous met en garde coulre « les suggestions des yeusL

et du cœur. • Sur la phrase du Schéma : « Écoute» Israël, Jhwh notre Dieu est un, > l'assemblée s'écriait : « Loué soit A jamais le nom glorieux de son régne I » — La principale prière se composait de six petits paragraphes, exprimant tour à tour : la reconnaissance envers Dieu, pour avoir jugé les patriarches dignes de le servir ; la confession de la toute-puissance divine, qui se manifeste dans la nature par les pluies fécondantes, et qui se manifestera dans rhumanité par la résurrection des morts ; la confession de la sainteté de Dieu ; le vœu de voir Dieu propice aux prières de ses adoroteura et favorable à leun sacrifices ; des ac^* tiens de grâces à l'Auteur et au Conservateur de la vie ; enfin une prière pour la paix, foisant suite aux versets de la bénédiction sacerdotale. — L*après-midi et le soir, la communauté se réunissait de nouveau pour la prière, mais y passait peu de temps, parce que les psaumes d'introduction et la lecture des textes saints y étaient omis.

Les sabbats et jours de fête, l'office du matin ne différait pas sensiblement des autres, sauf qu'on y intercalait un morceau spécial, destiné A faire ressortir la sainteté du Jour et A l'inculquer A la conscience du croyant. Ce qui donnait son principal relief A Toffice des fôtes, c*est qu'on le terminait par la lecture de sections plus étendues de la Tbora. A cette lecture se joignit ultérieurement celle de passages tirés des Prophètes, ed tant qu*ils avaient trait à la solennité du jour ou en contenaient l'expression. Cette dernière coutume paraît avoir son origine dans l'antagonisme qui avait surgi entre les Judattes et les Samaritains. Ceux-ci niaient la sainteté du temple et de Jérusalem, et écartaient absolument les livres des prophètes, tout remplis de la glorification de la « Ville de Dieu » et du Sanctuaire d'élection. Les représentants du judaïsme jugèrent donc d'autant plus utile dMnvoquer le témoignage des prophètes A Tappui de ce dogme, devenu en quelque fa^ton le premier de tous, et de porter ce témoignage, chaque sabbat et cbaqvic juur de fête, a la connaissance des croyants. Elle retentit donc de nouveau dans les maisons de prière, celle parole des prophètes, jadis si peu écoutée et si mal respecicp de leurs contemporains, et, bien que la plupart la comprissent ù peine, leurs âmes y puisaient un religieux entbou-

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