‹ Histoire des JuifsChapitre 2 sur 104 · EZRA, LE SCRIBE · texte numérisé non relu

EZRA, LE SCRIBE

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aussi des maisons de prirres, ou ils s assemblaient à des époques dtUerminées. Ils eullivèrenl même la langue lu-braïque assez bien pour pouvoir s'en servir dans leurs relalions iiiului'lles. Où puisèrent-ils In connaissance de celle langue ?. Dans les monum»'n!s L'crils <iu ils en avaient entre les mains, el qu'ils lisaient avec d aulunl plus d'ardeur, que là seulemenl ils Irouvaienl la base el la règle de leur conduite religieuse. De là, la valeur particulière aceordée à un livre peu lu jusqu'alors, je veux dire le Pentateuque, le code des lois et des devoirs. Précédemment, pendant l'exil, c'est aux écrits des prophètes qu'on s'attachait de préférence, parce qu'on y puisait la consolation. Maintenant qu'il s'agissait de traduire en acte le sentiment religieux, de donner leur vrai caractère aux manifestations de la vie, c'est au livre de la Loi qu'il fallut demander une directiou. Longtemps négligée sur le sol natal, c'est seulement en pays étranger que la Thora obtint respect et autorité. Haremeot le sabbat, par exemple, avait été chômé avec autant de rigueur qu'il l'était dans les commanaulés persico-babylooiennes. Ce zèle à faire de la Thora uae vérité» c'est-à-dire à en accomplir toutes les prescriptions, se personnifia surtout dans Sma (Esdras), promoteur d'une ère nouvelle dans le développement historique de la race juive; toutefois, il n'était pas isolé, et plusieurs partageaient ses vues.

Cet homme, créateur du nouveau mouvement religieux, était comme prédestiné, par son origine même, à enflammer les cœurs pour la Thora. Il descendait des grands prêtres ; un de ses aïeux, Chîlkiyah (Helclas), avait découvert dans le temple le code du Deutéronome, et, en le faisant remettre au roi Josias, provoqué un revirement religieux. U était aussi arrière-neveu de ce grand prêtre Seraîa, que Nabucbodonosor fit exécuter, et dont les ills peuvent avoir emporté en Babylonie le livre de la Loi. Ezra eut, d'après cela, occasion de s'occuper de l'étude de ce livre; mais, plus que ses prédécesseurs et ses parents, il lui voua une attention particulière. Après ravoir lu avec ardeur et s'en être pénétré, il songea que cette Loi ne devait pas rester lettre morte, mais être vivifiés par la pratique, par l'accomplissement de ses préceptes. C'est par lui-mâne,. naturellement, qu'il dut commencer. Tous les devoirs que la Loi impose à l'individu sous le rapport du vêtement,

de la uourrilure cl des chômages, Ezra s'appliqua scrupuleuse^ ment à les observer. Fuis il se fit riosUtuleur de ses frères, expliqua la Loi de manirr;^ â la rendre saisis^able pour tous et exhorta à la suivre en toutes choses. A ses yeux, la Thora était une émanation de Dieu nirme, qui l'avait révélée à Moïse pour le peuple Israélite. Aussi la plaçait-il plus haut, beaucoup plus haut que les autres écrits prophétiques, comme Moïse était plus grand que les autres prophètes. Ainsi pénétré de la divinité du code mosaïque et animé du désir ardent de le faire respecter, il n'eut pas de peine à faire partager et cette conviction et cette ardeur aux communautés de fiabylonie. il acquit de la sorte une haute situation parmi ses coreligionnaires ; sa parole devint une autorité, et se ftt mieux obéir que n'avait jamais fait la parole enflammée des prophètes.

£zra avait-il connaissance de la tiédeur religieuse des Palestiniens, et son voyage avait^il pour but d'assurer à la Loi tout son prestige? Ou ne fut-il poussé que par l'impérieux besoin de s'établir à Jérusalem, aûn d'y accomplir les préceptes qui se rattachent au temple et aux sacrifices?... Quoi qu'il en soit, une fols sa résolution prise, il s'entendit avec un groupe sympathique a ses idées et disposé à le suivre. C'était un noyau assez respectable, plus de seize cents hommes des meilleures familles, avec femmes et en- Ihnts; parmi eux se trouvait aussi un arrière-petit-fUs de 2orobabel, de la lignée de David. Ceux qui ne pouvaient émigrer remirent à Ezra de riches présents pour le temple, or, argent, vases précieux. Chose surprenante, le roi Artaxerxès (Longue-Main) lui remit également des offrandes pour le sanctuaire de Jérusalem, et ses conseillers et autres grands de Perse en firent autant. Il est de fait que, en ce temps-là, le Dieu d'Israël cpmptait de fervents adorateura parmi les Persans et d'autres peuples encore : « Do levant justju'au couchant, son nom était grand et révéré parmi les nations. » — En outre, Artaxerxès donna à Ezra des sauf-conduits pour les satrapes des pays par où il devait passer, et pour tes gouverneurs de la Palestine. Il lui eût aussi donné une escorte pour tenir en respect les malfaiteurs et les malveillanla dans ce long trajet, pour peu qu'Ezra l'eàt désiré. Mais Ezra ne le désirait point, et il lui avait assuré au contraire, lui et ses compagnons, que

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