‹ Histoire des JuifsChapitre 26 sur 104 · NOUVELLE CONSÉCRATION DU TEMPLE · texte numérisé non relu

NOUVELLE CONSÉCRATION DU TEMPLE

la savaute méthocic cIps mercenaires syriens. Lysias, mcconteut, batlit en retraite, se proinellaiil bien de revenir avec une armée plus cunsidérable encore el d'avoir enlin raison de ces .ludaïles, qui se riaient de la mort. — La Judée se trouvait ainsi enlièremenl débarrassée d'ennemis, à pari toulelois l'Acra de Jérusalem, oii se canltuinaieiit encore les incorrifcibles Hellénistes avec Ménélaus, et peut-êlre aussi une petite ganiison syrienne.

Or, les deux victoires décisives d'Emmaiis el de Beitisour avaient complètement changé la face des choses. L'éventualité menaçante élail écarU e. Depuis le début des persécutions religieuses et la profanation du temple, trois ans el deiiii environ — la moitié d'une « semaine d'années > — s'étaient écoulés, selon la prédicUon du livre do Daniel (de taniiiiouz 108 à marheschwaa i65). A la fièvre meurtrière de celle période avait succédé le calme. Maccabée el son parti profilèreul de ce moment lavuroble pour se porter vers Jérusalem et melire un terme aux abominalions qu'oiri lui avait imposées. L'aspect de la suinle cité était accablant pour 1»; cœur de ses lils, qui avaient versé pour SOD honneur le plus pur de leur sang. Elle était devenue une solitude OÙ, seuls, se prélassaienl audacieusemeut ses uisulieurs. Le sanctuaire surtout offrait l'image de la désolation : li s portes brûlées, les portiques saccagés, partout des autels païens, et la Statue de Jupiter, et refligie de l'impie Antiochus.

Mais les pieux guerriers n'avaient pas. le loisir de s'abandonner au deuil et à la douleur : il fallait agir sans retai t, <-ar on pouvait être interrompu inopinément dans l'œuvre réparatrice. Leur premier soin fut (le mettre en pièces la statue de Jupiter el d'éloigner des saints parvis ces pierres impures et les autres abominations (3 kislew =: novembre 165). Ce n'est pas tout: l'autel mémo, cet autel souillé par tant de profanations, ne semblait plus digne de servir aux sacrifices ; un autel nouveau le l'emplaça. Un posa de nouvelles portes, aux vases sacrés on en substitua d'autres. Trois semaines suffirent à tous ces travaux préalables, et le 25^ jour du mois de kislew, au matin, eut lieu la dédicace du temple, consacré par des sacrifices et des actions de grûces. Les deux consécrations antérieures de la maison de Dieu ne s'étaieul probabldmeni pat» faites avec plus de recueillement et de bonheur

que ceUe-ci. La joie la plus pure inondait tous les oœura. L'angoisse mortelle qui, depuis trois ans et demi, n*avait cessé de peser sur eux, avait disparu pour faire place à une satisfaction intime et aux plus riantes espérances. Ce que signiûait la Dédicace, ce n*étalt pas seulement la victoire des faibles sur les forts, des bons sur les méchants : c*était aussi et surtout la victoire du judaïsme sur te paganisme élégant de la Grèce, celle du Dieu d'Israël sur les fausses divinités. — Cette fête inaugurale dura huit jours. Toute la population des villes de Judée y prit part, et, à ce qu'il semble, les habitants de Jérusalem illuminèrent la façade de leurs maisons en souvenir de la Thora, que les poètes hébreux appellent une « lumière. • Les frères hasmonéens , de concert avec les membres survivants du grand Conseil, adoptèrent une mesure importante : il fut décidé qu'à l'avenir une fêle annuelle de réjouissance serait célébrée pendant huit jours, commençant au 25 kislew, pour rappeler la dédicace du temple, pour immortaliser les victoires du petit nombre et le relèvement du sanctuaire. Cette décision a été religieusement observée, et cha* que année, depuis deux mille ans, toute maison Israélite s'illumine pendant les huit jours de la « Dédicace, » ffanouiak. C'est de cette circonstance que la féte a aussi reçu le nom de « Fête des lumières. »

U s'entend que l'ancien ordre de choses fut rétabli dans le temple, et que prêtres et lévites furent réintégrés dans leurs fonctions. Seuls, les Àaronides qui avaient trempé dans l'Idolfttrie furent exclus du sanctuaire et privés des prérogatives qui s'y rattachaient. Hais cette rigueur, d'ailleurs justlûée, eut de fâcheuses conséquences et ne put qu'aggraver la situation. Les prêtres hellénistes du parti de Ménélaiis, jugeant impossible tout rappi-oehement avec les che(^ du parti national, persistèrent de . plus en plus dans leur haine contre lui et redoublèrent d'hostilité. Pendant la durée des travaux de purification, Juda Maocabée avait fait monter la garde à ses soldats pour n'être pas inquiété par les Hellénistes, -et, l'inauguration terminée, il fit entourer la montagne du temple d'une haute muraille, y flt élever de puissantes tours et y mit une bonne garnison pour la pi uicger contre toute surprise, notamment contre un coup de main de

LES JUDÉENS EN GAULÉE ET EN PÉRËE. 105

TAcra. Dans la prévision des nombreuses luttes qu'aurait eneofe à soutenir le peuple, il s'occupa de fortifier également le pays sur d*aiitrds points; entre autres Betlisour, par où Lysias, en dernier lieu, avait voulu pénétrer avec son armée, et qui devait, dans sa pensée, servir de défense contre les Idaméens.

Effectivement, les victoires des combattants judaîtes sur les fortes armées de Syrie n'avaient l'ait qu'attiser contre eux la haine des peuplades voisines; les Judéens vivant près d'elles ou réfugiés dans leurs pays étaieiil plus que jamais lobjet de leur fureur, el il semblait qu'elles fusseiil juluuses île leurs succèsoa alarm('es de leur supériorité. Au sud-ouest les IMiilistins, au uordouesl les IMiéniciens, par delà le Jourdain lo Ammoniles, les Syriens el les .Macédoniens dans tout le voisin i^c, tous étaient animés coulre eux d'une é'f^ale hostilité; nliu^ nul, parail-il, au même degré que les iaunicen:^, liabilanl au midi. Lorsque les iXub itéens les avaient autrefois repoussés de leur pays, ils s'étaient établis dans un territoire appartenant aux Israélites et s'étaient mèaie emparés d'Hébron. Ennemis acharnés d'Israël molesté par Antiochus, comme ils l'avaient été jadis au temps do iNabuchodonusor, Us guettaient ses malheureux luyjirds, les maltraitaient el souvent les faisaient périr. Il importait donc au |)lus liuut poiul de les réduire à rimpuisï?ance. La distance n'étant pas longue, Juda alla d'abord les attaquer dans Acrabattino, les vainquit et les expulsa de leurs demeures. Puis il passa le Jourdain avec sa troupe cl livra bnlaille aux .\mmonites, commandés par un certain Timothée, ennemi implacable des Judeens. Vaincu par Juda, qui peul-èlre au^si s'empara de Rabbal-Ammon ^Pliiladelphie), capitale des .Vmmoniles, Tifnothée se relira dans la forteresse de J(ie:t;i\ distante de (jueNjues lieues, el gouvernée par son irère Ckéé'eus. Dans l'attaque de ce fort presque inaccessible, vin^l jeunes Judéens, dit-on, tirent des prodiges de bravoure, grimpèrent au faite des murailles et ouvrirent l'accès de la place à leurs comi>agno!is. Par la prise de Juezer el de ses dépendances, Juda était arrivé à ses fins: assurer le repos aux Judéens fixés dans celte coalrée, el imposer le respect aux peuples du pays.

Cependaul, la troupe judaïle était ù peine rentrée dans Jérusa-

lem qu*elle y recevait de fâcheuses nouvelles de ses frères molestés par les païens du voisinage. Ck>iDme autrefois vers SaQl, les Israélites, dans leur détresse, se tournèrent vers Maccabée. Ceux qui habitaient le Galaad et le fiasan lUnformèrent, par une lettre, que leurs ennemis se massaient contre eux, avaient résolu d*en Anir et avaient mis à leur tète Timoihée. Ils lui parlaient aussi de leurs frères habitant la province de Tobiène, où Tennemi avait tué mille Judéens, captuié femmes et enfants, pillé tous leurs biens. Au même instant survinrent des messagers, ayant leurs vêtements déchirés en signe de deuil et lui apportant des lettres de leurs, frères de Galilée, menacés d'extermination par les habitants d'Acco (Ptolémaïs), de Tyr et de Sidon. Tous suppliaient Juda de voler A leur secours avant qu'il fût trop tard. Il n*avait pas besoio, lui, comme Saul, de dépêcher des courriers aux tribus, de faire entendre des paroles menaçantes, pour appeler tous les rangs de l'armée au secours de Jabès-lialaad : son armée, il Tavait là près de lui; c'étaient tous les Israélites sachant se battre, et ils le suivaient joyeux, obéissants, dévoués. Maccabée fractionna cette armée, remit une division au coinmandemeDt de son frère Siméon, chargé de délivrer les Judéens de Galilée, et lui-même, a la tète d'une autre division, se disposa à marcher, avec sou frère Jona^ than, au secours des coreligionnaires opprimés sur Tautrerive du Jourdain, en Pérée. Cour le surplus de ses hommes, il l'envoya à la frontière occidentale, sous la conduite de deux chefs, pour parer aux attaques possibles du cùié do la Philistée.

Siméon accomplit sa tâche bien et vite. Il marcha d'abord sur Acco, dont les habitants judaïtes avaient le plus souffert de la persécution des Grecs ou des Macédoniens. Là il eul ulTairc à des masses considérables d'ennemis, (jue sa iroupc vaillante el d('jà aguerrie mil en déroute et poursuivit jusijui' si m s lu.-, murs de la ville maritime. Ce fait d'armes abré-^ca pour lui la lutte, car les Macédoniens des autres villes n'osèrent dès lors lui tenir tèlo. Siméon put donc s'avancer sans coup lèrir a Li'a\ers toute la Galilée; il réunit les .luiléens de la contn'e et les décida à quitter cette terre inclémente pour s'établir dans la Judée.

De son cùlé, Juda .Maccabée avait une lulleplus difficile à soutenir dans la région de la Pérée. \m s'élevaient, comme autrefois,

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