LES VICTOIRES DE MAGGABÊE
des châteaux forts perchés sur des hauteurs el qu il fallait -emporter d'assaut. Là il trouva de nouveau sur son chemin Timothée, le tenace et infatigable général. Juda s'empara de plusieurs forteresses, en rasa les murs, en désarma les défenseurs, délivra les Judéens enfermés dans une de ces places el ceux de la Tobiène, et réunit pareillement les Judéens du Galaad pour leur faire passer le Jourdain et les établir en deçà du fleuve. C'est peu de temps avant la féte des Semaines (mai ItiV; <ju'il revint à Jérusalem, avec celle foule d'émiprrés galaadiles. Le peuple accourut de toutes les villes dp Judée pour féliciter les vainqueui*s; on célébra la fête d'un niMi! j ux et recoQQaisâaiit, et des psaumes d'allëgresâe retentirent da;i< h; temple.
Aussitôt après la clôture de celle sulcniùlé, Juda partit avec ses hommes en vue de réparer un échec. Pendant son absence, les deux lieutenants qu'il avait laissés dons l'ouesl pour surveiller le pays, — Joseph, fils de Zacharie, et Azarias, — avaient, contrairement à ses ordres, attaqué (lorgnas, qui était resté à Jamnia avec une troupe; mais ils avaient été battus et refoulés jusqu'aux montagnes de Judée. Il résolut donc de marcher contre Gorgias, comptant que la terreur de son nom et sa poignée de braves suffiraient à l'écarter. Cette fois encore, en efl'et, ses armes furent heureuses; il détruisit plusieurs villea du littoral, en renversa les temples et en brisa les idoles.
Or, tandis que Juda avait ainsi relevé sou peuple, avait transformé ces timides fuyards blottis dans descavernes en une troupe de héros pleins de coonance en eux-mêmes et dans Tavenir, avait partout humilié et partout châtié les ennemis des Judéens, la i^our de Syrie «lemeurait aussi tranquille que si ces graves événements ne Teussent en rien intéressée. Gomment Lysias, qui tenait les rônes de TKtat, restait-il impassible en présence de cet audacieux défi ? Manquait-il de ressources pécuniaires pour soudoyer de nouvelles troupes? Tenait-il réellement les Judéens pour invincibles?... Un homme haut placé à la cour de Syrie, Ploiéméâ MncroUt avait, dit-on, pris leur défense et blâmé, comme inique, la contrainte religieuse exercée à leur ^ard. — Du cété de l'Asie, de graves nouvelles arrivaient à Antiochus Épiphane. Après avoir mis à la raison, dans TArménie, le rebelle Artaxias, il avait fait
une expédition conlpe la Parlhie, expédition malheureuse et qui no lui permit pas de regarnir son trésor épuisé. Pour subvenir à SCS besoins d'argent, il avait tenté une autre expédition* sur la ville de Susc, dans PÉlymaide, afin de s'approprier les richesses accumulées dans le temple de la déesse Anaïlis; nuiis l.i résistance des lialulanls l'avait contraint à la retraite. Sur (luoi il était tombé malade et avait expiré en proie au délire. Lui (jui avait mille la Divinité cl la justice divine, lui qui avait froidement vilipendé les choses les plus saintes, tomba (iiialemeiil dans une coinpl(''lc démence, après avoir vu échouer piteusement ti»us ses projets. Il est fort croyable que la eonseience de ses sacrilèges l'ait poursuivi sur son lit de mort, qu't;lle l'ait même fait tomber dans une folie furieuse. C'était folie, en tout eus, que d'avoir, par acte de dernière volonté, désigné Philippe, un de ses familiers, comme répjent et tuteur de son jeune (ils .Vntiochus V {Eupator)^ alors que lui-même, avant ses récentes expéditions, avait investi L)'sias des pouvoirs les plus étendus. i\'('tait-il pas à prévoir que ces deux rivaux se feraient la guerre et ji'lteraienL ainsi le pays dans le plus grand désordre? Et de fait, les dernières volontés d'Antioclius eurent de funestes conséquences pour le royaume ^ syro-macédonien et pour lu dynastie des Séleucides.
La mort d Anliochus n'amena aucun changement dans la situalion des .ludéens. Tuteur du jeune Anliochus V (décembre 164 à novembre l(î2), Lysias restait maître, après comme avant, et continuait à ne pas agir contre les Judéens. Juda Maccaln'e profita de cette ina« lion pour porter remède aux difflcullés intérieures.
Lu situation, en effet, n'était pas commude à Jérusalem. Cette ville renfermait deux forteresses voisin<'s l'une de l'uulre, d'où chaque jour les partis rivaux se laui,ab«Mit mutuellement la destruction et la mort. La Birah ou Acra continuait ù abriter les Hellénistes et l'indigne grand prêtre .M/'inHaiis, ijui i)oursuivaient toujours do leurs hostilités les fidèles patriotes et le sanctuaire, l'our mettre le temple ù couvert de leurs attaques, Juda l'a\ait tait iteiudre d'une haute muraille et ilanquerde tours. Mais combien pouvaitsc prolonger encore cette guerre incessante entre deux camps retranchés si voisins l'un de l'autre ! Juda résolut d'y mettre un terme. 11 entreprit uu siège en règle de l'Acra ; il éleva des remparts et