‹ Histoire des JuifsChapitre 32 sur 104 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

l'école JUiVK D'ALEXANDRIE

Le merveilleux pays du Nil, ce berceau du judaïsme, et qui avait été jadis pour le peuple d*lsraêl Técole du malheur, devint pendant cette nouvelle période l'école de sagesse de la nation judaïque. Sous la domination des princes grecs, comme autrefois sous le règne des Pharaons, rétablissement des Judéens en Égyple fut favorisé. Ceux-ci se répandirent dans toute la zone qui s'étend du désert de Libye au nord, jusqu'aux frontières de rÉthiopie, au sud. Gomme avaient fait autrefois leurs ancêtres, ils s'y multiplièrent à leur tour. Cet accroissement, dû plutôt à la fécondité de la race qu'à de nouvelles immigrations venues de la Palestine, fut si considérable qu'un siècle plus tard, dit-on, il y avait près d'un million de Judéens en Egypte. Dans la Cyré^ naîque ainsi que dans la partie habitable de la Libye, les villes renfermaient une population judaïque formée par une colonie que Plolémée y avait envoyée. En Egypte et dans laCyrénaîque, les Judéens jouissaient des mêmes droits que la population grecque. Fiers de cette égalité, ils cherchaient à la maintenir avec un soin jaloux. Cependant la population judaïque de l'Egypte ne commença à jouer un rôle actirqu'à l'ôpoque où les froissements devinrent plus fréquents et plus âpres entre la cour d'Egypte et celle de Syrie : à ce moment, comme il s'agissait aussi pour elles de la

posses^tofi de la Judée, Tune ei Tautre avaient intérêt â gagner les Jadéeos à 5a cause. Ceux-ci restèrent toujours fidèles pftrtitmnff ée k dynastie des Ptoh^^mées et lui prètèrenl tout leur appui. Aussi Ptol' rn -e Phi lométor. sixième du Qoni,aeeueïllît-iI volontiers les ra;?itifs de la Judée qui, soos le règoe d'AoUoehas Épiphaoe^ ^^lîttèreDt leur patrie, par bandes nombreuses, pour se «^^ustraiic i la domination despotique des Syri'^ns. Parmi ces fugitifs se trouvait le fils du grand prêtre Ooias iU, avec d'autres personnages de femilles illustres, qui furent traités par le prince égy ptien avec des égards tout particuliers et qui trouvèrent dans la suite ToccasioD de se distinguer. S'attacber les mh'i ontents de la Judée aGn de rentrer avec leur aide en possession de la {Palestine, qui avait été enlevée à TÉgypte sous Antioclius le Grand, c'était pour le gmtvememenl de ce pays un devoir commandé par une saine politique. Sans doute» en Egypte pas plus qu'en Syrie, on ne s'attendait à voir la lutte entamée par les patriotes judaîles contre les armées syriennes prendre un tour si imprévu et procurer à la Judée une indépendance relative.

Les Judéens s'étaient principalement concentrés à Alexandrie, la première cité du monde après Rome pour, le commerce et la politique, la première après Athènes pour les arts et les sciences. Parmi les cinq quartiers d'Alexandrie, désignés par tes cinq premières lettres de l'alphabet grec, les Judéens en occupaient deux presque entiers : le quartier du Delta notamment, sis au bord de la mer, était habité exclusivement par eux. De cette situation, ils surent tirer tout le parti possible : entrant dans la voie qui leur était indiquée, ils s'adonnèrent a la navigation et au commerce d^exportation. One partie du blé que Rome tirait de l'Egypte pour nourrir ses légions dut sans doute être chargée sur les navires des Judéens et amenée sur le marché par des commerçants de cette nation. Gomme Joseph leur aïeul, ils fournissaient ainsi aux contrées dépourvues de blé les richesses du sol fertile de l'Egypte. Cette activité produisit ches eux le bienêtre et amena des habitudes d'existence plus raffinées. Cependant le commerce et la navigation n'étaient pas exclusivement entre leurs mains et ne formaient pas, d'ailleurs, leur unique occupation. Grâce a leur zèle pour l'étude et à leur souple intelligence, ils

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