CHAPITRE XII
ANTIGONE ET HÉRODB.
Les premiers HasmoDéens, grâce à leur habileté plutôt qu'à leurs talents militaires, avaient assuré la grandeur et Tindépendance de la Judée. Le dernier prince de cette famille ne sut guère profiter des avantages de sa situation, et sonimpéritie ne valut au pays que des humiliations. Les circonstances étaient pourtant favorables à Antigone etlui auraient permis d*acquérir un haut degré de puissance. Les chefs romains étalent en guerre. L*Orient, dédaigné par Octave et échu à Marc^Antoine, était devenu pour celui-ci une lésideace de plaisir. Dans les bras de Cléopàtre, il avait appris à prendre la guerre en dégoût, lies Parthes, dont Rome convoitait avidement le territoire, avaient repoussé vaillamment ses attaques. Si Antigone avait su entretenir la colère de ce peuple contre la funille iduméenne et les Romains, ceux-ci, au lieu de le traiter en ennemi, en auraient feit leur ami et leur allié, afin de susciter, avec son aide, des difficultés aux Parthes. Les vaillants montagnards de la Galilée tenaient pour lui. Ses partisans avaient changé Scpphoris en une place de guerre. Les cavernes d'Arbéla recélaienl d'intrépides soldats de corps francs, qui pouvaient prendre Tennemi â revers et lui faire beaucoup de mal. Mais Antigone n'avait aucune des qualités de l'homme d'État ut du capitaine. Il ne sut mùme pas employer avantageusement les moyens dont il disposait. Il se dispersa dans une foitio de petites entreprises. Sa passion dominante, c'était le dL'sirdese venger d'Ilérode et de ses frères. Ce sentiment paralysa plutôt ([u'il n'acerul son activité. Il ne {)ul jamais s'élever à celle hauteur de vu('&, diyiie d'un véritable roi, qui lui aurait permis de traiter les parvenus iduméens avec plus de mépris que deiituue. lUen d'beu-
m HISTOIRE DES JUIFS.
reux ni de grand ne fiit entrepris sous son règne de trois ans et demi, bien que les chefs romains, en apparence soutiens d'IIérode, gardassent le plus souvent une attitude de neutralité.
Il ne sut pas même s'attacher les personnages influenls de la nation judaïque et les décider à faire cause commune avec lui. Onoi(}ue blessés par l'impudence d'ilérude, les chefs du Sanhédrin, Schemaya et Ahtaliun, élaientconlrcAntigone. D'où provenait l'antipathie (ju iii^pn-ait aux docteurs le dernier des llasnionéens? Anii^uoe s'élait-il prononcé en faveur des Sadducéens, ou t''tait-co jalousie des dépositaires de la Loi contre le dé'posilaire de la puis- • sauce royale? S'il est diflicile de l aliirmer, certain incident per-
met de croire à ce dernier motif.
Un jour de Kippour, après le service divin, le peuple avait accompagné le roi, grand prêtre du temple, jusqu'à sa demeure. Mais, chemin faisant, on rencontra les synhcdristes Schemaya et Ablation, el le peuple qaïUa le j^rand prêtre pour leur faire une escorte d'honneur. Irrité, le roi lénidi^nm ses sentiments aux deux docteurs, eu leur adressant une salutation iroui(}ue que, de leur côté, ils rendirent à Aatigone. Celte division entre le prince et les auturités les phis influentes de la nation, l'inexpérience d'Antigone dans les choses de la guerre et de la politique, causèrent les plus gr.uiil.s malheurs.
llérode ne ressemblait en rien à son rival et avait toutes les qualités (|iii lui nian([uaient. Il sut toujours c^ iilraindre la fortune à lui suut ir.j de nouveau, quand elle l'avait abaiidnii in un instant. Après sa fuite nocturne de Jérusalem, se voyant poursuivi i^ar les habitants judaïtes, il eut un moment la pensée du suicide. Son projet de Ka^Mier à sa cause Malich, le roi des Nabatéens, échoua. Après avoir traversé le désert judéo-idumécn, presque seul, dénué de tout, mais conservant son indomptable énerj4;ip; et nourrissant toujours de vastes projets, il se rendit en K^^ypte. Cléopàtre lui proposa le commandement de ses arnu'-e.s. llérode refusa, li est la couronne de Judée que visaient ses rêves. Il s'emitarqua pour Home. Surpris eu route par une tempête, il arriva a Home au niouirut où Octave et Antoine venaient de se réconcilier. Il n'eut pas de pcme à persuader Antoine de l'importance des services qu'il pourrait lui rendre, en le servant contre les Parlhes, en lui reprcseutunt Anti-