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LES PROGURAIEURS EN JUDÉE

nanl ces insultes faites à son ami défunt, Claudo s'en mut cl sungea à donner la couronne de Judée au fils d A^n-ippa, à peine âgé de dix-sept ans, qui était alors à Home pour y achever son éducation. Mais les affraneliis l^allas et Narcisse, favoris tout-puissants de i'empercur, le dissufidèrenl de ce projet, alléguant que ce prince était trop Jeune pour un gouvernement aussi difficile que celui de la Judée. Ce pays redevint donc province romaine sous un procurateur, et resta tel jusfju'à la fin de son existence

Le premier de ces magistrats imposés à la Judée fui Cuspius :Padus. L'empereur lui ordonna de punir les soldats qui avaient outragé la mémoire d' Agrippa et de les reléguer dans le royaume du Peut. CeUe deruîère mesure, toutefois, ne fui pas mise à exécution» grâce aux prières instantes des coupables repentauls. Ce corps de troupes hostiles aux Judéeus put ainsi demeurer en Ju* dée, et leur présence ne contribua pas peu à Texaspération des patriotes.

Ces dispositions haineuses des païens provof|uèrenl des représailles de la part des Judéens. Comme après la mort d'ilérodo, ils formèrent des cnrps francs qui travaillèrent de toutes leurs forces à diélivrerla Judée du joug romain. Naturellement, Fadus leur Ût une guerre acharnée. D voulait rétablir la domination romaine en Judée, telle qu'elle avait existé avant Agrippa, sous les premiers procurateurs. II essaya de faire rentrer dans ses attributions la nomination des grands prêtres et la garde dos vêtements sacerdotaux tenus sous clef dans la tour Ântonia. Mais les familles intéressées et Hérode U, le frère d'Âgrippa, protestèrent contre ces prétentions. L*agitation qui en résulta a Jérusalem fut telle, que Fadus et même le gouverneur Zmgin y accoururent avec des troupes nombreuses. Hérode, son itère Aristobule et les principales (àmilles demandèrent un délai et la permission d'envoyer une ambassade à l'empereur, pour obtenir une solution favorable au si^jet de ce litige. Moyennant des otages leur garantissant la tranquillité de la ville sainte, les deux chef^ romains accédèrent a cette demande. Od leur livra les otages demandés et une députalion put se rendre à Rome; elle se composait de quatre personnages : Cornélius, Trypbon, Dorothée et Jean. Arrivés à Rome, ils ftirent -présentés à l'empereur par le jeune Agrippa. Par ^ard pour la famille des

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Hérodiens, Claude permit mi\ .ïiidéeiis de vivre sHon leurs propres lois (clc de 45). Hérode eut le droit de Dommer lc> ç;raii(ls pri^lres et il en usa aussitAl pour déposséder Klionaï, (|ue sou frère avait investi de ces lonctious et qu'il rempluva par JosejfA^ de la maisou de Kamyth.

Hérode II pouvait donc, eu un sens, èlre considéré comino une sorte de mi de la Judée, bien qu'il n'eiH aucuue action sur la marche des affaires publiques. Le pouvoir polilique et judiciaire était aux mains des procurateurs. LeSnnhi'-drin qui, sous Agrippa, avait recouvré sou autorité première, s'en vit de nouveau dépouillé.

Dans le cours de son administration, Fadus eut, lui aussi, à réprimer une émeute tn -.^ianique. Un certain Theudas, qui se Inisail passer pour prophète ou messie, avait »u grouper autour de lui environ quatre cents lidèles, tant la délivrance était devenue uu besoin pour le j)euple. Theudas promettait à ses seelateurs, comme preuve de son caractère nies>ianique, de diviser les eaux du Jourdain et de le leur faire traverser à pied sec. Ceux-ci s'élant munis do tout leur avoir et rassemblés au bord du fleuve, Fadus envoya contre eux une Iroupe de cavaliers qui en tua beaucoup, (11 Ut d'autres prisouoiers et Iraocha la lùte au visionnaire (vers M).

Peu de temps après, Fadus fui rappelé à Home et remplacé par Tibère-Jules Alexandre (flls de l'arabarque Alexandre et neveu du philosophe Philon), qui portait le titre de chevalier romain et avait abjuré le judaïsme pour embrasser la religion païenne. L'empereur croyait sans doute, en nommant aux fonctions de proeurateur un homme de sang Judaïque et d^unefamilie considérée, donner aux Judéens une preuTe de bienveillance. U ne songeait pas que c'était les blesser encore davantage dans leurs senti* monta intimes que de leur donner pour chef un renégat.

Du reste, le peuple paraît avoir beaucoup souffert sous le gou* vemement de ce Tibère; les zélateurs relevèrent la tête et le poussèrent à la révolte. Ils avaient pris pour cliefa Jacob et Si" méùiii les deux tils de Juda le Galiiéen, que leur père avait élevés dans ses principes. Nous n'avons point de détails sur le soulèvement qui eut lieu à leur instigation, mais ia sévérité de la peine

DISPERSION DISRAËL.

que le procurateur leur infligea atteste rioiporlance du mouvemeQt : Il les fit mettre en croix, supplice infamant par excellence selon la lof romaine. — Comme pour dédommager la Judée des humiliations que lui avait values la présence de ce renégat, elle eut le bonheur de voir une reine païenne adopter sa croyance et devenir sa bienraitrîee. Pendant une famine, cette reine pourvut généreusement aux besoins des Judéens nécessiteux (47).

Tibère Alexandre ne conserva ses fonctions que deux ans. nus tard, il devint gouverneur de l'Égypte et, lors d'une âectloii d*empereur, il exerça une part notable dinfluence. CTest vers cette époque (48) que mourut Hérode 11, roi de Ghalds et roi nominal de Judée : avec lui s'éteigoit la seconde génération des Hérodiens.

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