‹ Histoire des JuifsChapitre 95 sur 104 · SIÈGE DE JÉRUSALEM. — LES TROIS TRAITRES · texte numérisé non relu

SIÈGE DE JÉRUSALEM. — LES TROIS TRAITRES

Peadant toutes ces luttes, des bâtiments et des quartiers entiers de la ville éprouvèrent des dommages, et, ce qui était plus grave, des greniers , largement approvisiooiiés pour plusieurs années, furent détruits par le feu.

£DÛn, Titus arriva devant Jérusalem (mars 79). Le fils de Vespasien, Théritier présomptif du trône impérial, considérait comme une nécessité impérieuse de soumettre à tout prix Jérusalem. N'était-ce pas déjà assez de honte pour les Romains que la ville rebelle eût pu se maintenir pendant quatre années? L'honneur de la nouvelle dynastie était attaché à la chute de Jérusalem. Si la cité judaïque continuait h résister, la réputation militaire de Vespasien et de son fils était gravement compromise.

Quelque pressé toutefois qu'il fût de consommer la soumission de la Judée, Titus ne pouvait pourtant terminer avant le printemps les préparatifs du siège. Il rassembla une armée de plus de 80,000 hommes, et réunit une quantité d'engins de siège inusitée jusqu'alors. Trois traîtres judéens aidaient Titus dans cette difficile besogne : le roi Agrippa, qui lui fournit dea troupes et qui, par ses discours, jeta Thésitation parmi les habitants de Jérusalem; Tibère Alexandre, qui combattait son peuple après avoir déserté sa fol, ajoutant la défection politique à la défection religteuse; enfin, Josèphe, qui accompagnait partout Titus et qui, prisonnier des Romains, était maintenant leur guide dans sa propre patrie! ~ Tibère Alexandre, déjà cause une première fois du massacre de ses coreligionnaires, allait continuer son œuvre dans la Judée. Titus, trop peu expérimenté à la guerre, avait besoin de r assistance de Tapostat judaïte : il nomma Tibère Alexandre général en cbef de sa garde {prafâefits prmtorio)*

A Jérusalem, rapproche du danger avait provoqué une certaine entente entre les partis. Quelque temps avant la fête de Pàque, lorsque Jérusalem était encore ouverte, nombre de groupes étaient accourus de la Judée et de l'étranger pour défendre la cité sainte. Ses chefs avaient envoyé des messagers auprès de leurs coreligionnaires des pays de TEuphrate pour leur demander des renforts, et leur prière avait été accueillie. On fortifia davantage encore les murs de Jérusalem et on les mit en état de jrésister aux puissantes attaques des machines de siège.

EtiftD, Titus concentra son armée entière, et vint camper près de Sliopos {Tsopkim, à 1,300 mètres au nord de Jérusalem). Avaai de commencer le siège, il invita les habitants à lui ouvrir de bonne grâce leurs portes : il ne demandait que la soumission à rautorité de Home et le payement des impôts, comme avant rinsurrection. Deux raisons dictaient celle modération à Titus. 11 avait hâte de revenir à Rome, où rappelaient des jouissances de toute sorte, des satisfoctioos d^orgueil et d'ambition. Ensuite, toujours épris de la princesse Juive, à qui, malgré ses fautes, la sainte ville était restée chèie, il lui répugnait de livrer Jérusalem à la destruction. Mais ses vaillants défenseurs retjetërent toutes les propositions des émissaires de Titus. Ils avaient Juré de défendre la ville au péril de leur vie et ne voulaient point entendre parler de soumission. Les Romains 8*apprètèrent donc sérieusement à latlaque.

Tous les jardins et les plantations d'arbres au nord et à Touest de Jérusalem, désignés comme points de départ des opérations, furent saccagés sans pitié. Titus s'approcha, avec quelques éclaireurs, du rempart du nord pour reconnaître le terrain. Tout à coup, les Jttdéens s*élancèrent par une des portes, séparèrent Titus de ses compagnons et Toussent indubitablement fait prisonnier, si la crainte de devenir la risée des Judéens n*eût doublé ses forces et si son escorte n*eût fait des efforts surhumains pour le dégager. Ce premier fait d'armes encouragea les Jérusalémites comme un heureux augure. Le lendemain, tandis que la X* l^on était occupée à dresser le camp sur le mont des Oliviers, elle fut surprise par des ludéens, et sa frayeur fut si grande qu'elle s'en* fuit, laissant l'ouvrage interrompu. Toutefois, ces escarmouches, faits partiels et isolés, restaient stériles; les Judéens se voyaient obligés, chaque fois, de rentrer dans la Iforteresse. Hais leurs sorties audacieuses montrèrent du moins aux Romains quelle lutte laborieuse ils auraient à soutenir.

Ils réussirent enHn à établir leur camp sur trois points et à dresser les machines contre le mur extérieur. Les, travaux du siège commencèrent juste avec la fête de Pàque (mars ou avril 70), Titus s'imaginant sans doute que les Judéens, par scrupule religieux, n'oseraient tes entraver. Mais à peine les Romains avaient-

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