‹ Histoire des JuifsChapitre 96 sur 104 · COMBATS AUTOUR DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

COMBATS AUTOUR DE JÉRUSALEM

ils dressé leurs machines, que les Judéens sepréelpitèrent comme des démons hors de la ville, les détruisirent, dispersèreni les travailleurs et, après avoir jeté parmi eux répouvante et le désarroi, se retirèrent de nouveau derrière les murailles. Ce n*étaient pas seulement les sélaleurs, mais tous ceux qui pouvaient tenir une arme, qui prenaient part aux comlNits; des femmes même montrèrent, à l*égal des hommes, une étonnante insouciance de la mort Les assi^és lançaient sur les assaillants des quartiers de roc ou répandaient sur leur tète de i'hutle bouillante ; peu à peu ils apprirent à manier les lourdes machines de guerre et tournèrent contre les assaillants celles dont ils purent s'emparer. Cependant les Romains réparaient leurs pertes à mesure, si bien qu'au bout de quinse jours les assiégés lùrent contraints d'abandonner le mur extérieur (7 iyar^ mai). Alors commença une lutte acharnée pour la possession de la seconde enceinte, que les assiégés avaient construite derrière la première. Il ihllut plusieurs jours aux Romains pour s'en rendre maîtres, ainsi que du foubourg de Bézétha.

Cet exploit pourtant était loln'de terminer la lutte, qui chaque jour, au contraire, reprit avec une nouvelle fUreur. Les Romains ayant, après dix-sept jours de travail, élevé quatre terrasses contre la tour Antonia et la seconde enceinte, Jean y pénétra avec sa troupe par un conduit souterrain et mit le feu aux ouvrafîes. Deux jours après, trois hommes du parti de Bar-Giora, Tepktaï, Mèf/assar <'t Ilagkim d'Adiabène, incendièrent les autres oavra{^es, nonobslunt la ^mvIc de projectiles qui tomba il sur eux. lUus le danger devenait nienaranl, plus j^iaiuii^saiL le courage des assiégés. Josèphc, docile instrument de Tilus, déploya son éloquence en puie perle coiilre cette implacable n'solution. Du reste, les assiégt'-s n'avaient pins d'autre alU*rnative que la victoire ou la mort : ils le savaient bien, et, dès le début du siège, ils avaient vu ce qu'ils pouvaient attendre de Tilus, de celui qu'on a surnommé les « délices du genre humain ». Les prisonniers, même volontaires, Titus les fit mettre en croix, parfois cinq cents en un jour, afin de montrer aux défenseurà obstinés de leur pairie quel sort les attendait. Quelquefois, il les renvoyait daus Jérusalem, après leur avoir fait couper les mains.

Titus dut renoncer à l'espoir de terminer rapidement la guerre et se préparer à un siège de longue durée. Mais il allait avoir une alliée puissante, la famine. Pour fermer aux assiégés les issues secrètes de lu ville, il la fit entourer d*uii mur de cîrconvallation cl*eoviron sept kilomètres d'étendue. Par suite de l'exubérance de la population, les vivres devinrent de jour eu jour plus rares. La famiaejBtleignit d'abord tes classes pauvres, dont les faibles provisions furent bientôt épuisées. Elle fit taire foule pitié et étouffa les sentiments les plus sacres delà famille. Les malsons et les mes se remplirent de cadavres. Les survivants erraient à travers les rues, le ventre ballonné, semblables à des fantômes. Plusieurs, poussés par la crainte d'une mort affireuse, passèrentà Tennemi ; mais là, un autre genre de supplice les attendaU. Les Romains ne tardèrent pas à remarquer que les transttiges avaient avalé des pièces d*or, afin de subvenir à leurs besoia^ dans les dures épreuves de la captivité. Alors ces cannibales leur ouvrirent le ventre pour y cbercher Ter eaché. — Les sélateurs, voyant les désertions se multiplier, redoublèrent de sévérité contre ceux qui leur étaient suspects : ils voulaient que cbacun se dévouât tout entier à la patrie et ne craignit pas de regarder la mort en face. Quelques lieutenants de Bar-Gtora avaient comploté de passer à rennemi ; le farouche commandant, les ayant découverts, les cbfttia sans miséricorde. MaUhia BoéthoSy qui avait, en compagnie d*autres membres de la noblesse sacerdotale, appelé Bar-Giora à Jérusalem, subit la peine de sa félonie : sur l'ordre de Bar-Giora lui-même, il îoX, avec trois de ses fils, décapité à la vue des Romains, et, en môme temps qu'eux, furent exécutés deux autres membres de Taristocralie et quinze hommes du peuple.

Néanmoins, malgré toute leur vigilance, les sélateurs ne pou* valent éventer toutes \e& ruses qu'imaginaient les traîtres. Les amis secrets que Rome avait dans la villie glissaient des billets dans les flèebes qu'ils lançaient dans le camp romain, et^ par ce moyen, instruisaient Tennemi de tout ce qui se passait dans la ville. Hais les sélateurs de toute nuance, malgré la famine, maigré la trahison, ne cessèrent d*inquiéler les travaux des Romains, qui ne réussirent qu'après vingt et un jours et au prix de luttes opiniâtres à dresser une nouvelle terrasse contre TAntonia. Une

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