JusUn., XVII
2. Rappelons ici que cette hypothèse de Droysen et Stark, déjà discutée plus haut (p. 88, 4), est contestée par Rœpp, à l'opinion duquel se sont ralliés la plupart des historiens, y compris, en dernier lieu, U. Wilcken (art. Antiochus /, in R,'E., I, p. 2452). La question fait partie de tout un ensemble de problèmes.
3. Ut Seleucus, amissis in Cappadocia cum Diodoro copiis, interfectus est ab PtolemaeOf etc. (Trog. Pomp., Prol. xvii).
4. La date initiale de Tère bithynienne fixée par Th. Reinach, d'abord à 297 {Essai sur la numismatique des rois de Bithynie [Rev. Num.,V [1887], p. 344 sqq. Trois royaumes, etc., p. 95), puis à sept. 282/1 (Rev. Num., IX [i89i], p. 374).
LA SUCCESSION DE SÉLECCOS NICÂTOR 151
date, de Tautre. Leurs navires faisaient partie de la flotte avec laquelle Kéraunos barrait THellespont *. Pour atteindre Ptolémée, Antiochos devait d'abord pacifier TAsie-Mineure. Le général qu'il chargea de cette mission, Patroclès, ne fut ni heureux, ni habile. Il marcha sur Héraclée, traita avec les habitants, puis se rabattit sur la Bithynie, sans prendre ses précautions en face d'un adversaire comme Zipœtës. Il tomba dans une embuscade, et il y resta, avec toute son armée (280)'.
Du reste, Antiochos, étourdi par toutes ces complications, mal renseigné et changeant de projets au jour le jour, se conduisit comme s'il avait été l'allié de Kéraunos. Il ne sut ou ne voulut pas s'entendre avec Antigone Gonatas, qui, battu sur mer par Kéraunos, se replia sur ses possessions de l'Hellade, pour ne pas tout perdre du même coup '. Au lieu d'utiliser l'ambition de Pyrrhos, qui hésitait à ce moment entre la Macédoine et l'Italie, il le poussa à s'embarquer et lui fournit des subsides. Antigone et Kéraunos en firent autant de leur côté. Antigone prêta des vaisseaux : Kéraunos mit des troupes à la disposition du roi d'Épire et lui donna sa fille en mariage, si bien que Pyrrhos partit en toute hâte pour l'Italie, confiant à Kéraunos le soin de surveiller son royaume en son absence *. Au fond, Antiochos caressait l'espoir chimérique qui avait été la dernière illusion de son père. Il comptait annexer un jour la Macédoine à son empire et ne voulait pas laisser s'y installer une dynastie qui eût chance de durer. Mais c'était un projet qu'il fallait ajourner. Vers la fin de l'année 280, Antiochos, las de son impuissance, fit la paix avec Ptolémée Kéraunos.