‹ Histoire des LagidesChapitre 112 sur 258 · Justin., XXIV · texte numérisé non relu

Justin., XXIV

2. Le sanctuaire des Kabires avait été déjà Tobjet de la sollicitude de Lysimaque (cf. Conze, Hauser, Benndorf, Arch, Untersuch, auf Samothrake, II, p. 85). Dédicace d'Ârsinoé, femme de Lysimaque (II, p. 111. Strack, u* 32). Ptolémœon bAti par Philadelphe (II, p. 34-46).

3. Voy. ci-après, à la date de 240, Tinscription de Telmessos (Lycie), alors gouvernée au nom d'Évergète par un ntoXejjLaloç ô Au9i[xdrxou {BCH,, XIV, [1890], p. 162 = Michel, 547), et, une dizaine d*années plus tôt, un décret d'Antiochos II nommant prétresse de Laodice une Bérénice t^v DxoXttxaCou tou Auffijxixou {BCH., IX [1885], p. 324 sq. XIII [1889], p. 523 sq. = Michel, 40). On a beaucoup discuté sur ce nom, dont on fait deux homonymes : Tun, celui de Telmesse, petit-fils de Philadelphe, Tautre fils du roi Lysimaque ; à moins que Tun ou Tautre ne soit fils du Au9{|xxxo< nxoXeixaCou £(>>9TpxTft>< de Ptolémflus (Strack, m 36). On reviendra sur ce problème, qui ne comporte que des solutions arbitraires.

4. Memnon Rhod., 14. Plut., Sei\ num. vind,, 10. Justin., XXIV, 3, 10.

5. Niese (II, p. 15, 3) récuse la date de 279 donnée par Droysen et met la mort de Kéraunos au printemps 280. On se demande comment il peut faire tenir tant de faits en quelques mois après la mort de Séleucos.

de Léonidàs. Kéraunos mort, les Macédoniens prirent pour roi son frère Méléagre. Celui-ci, jugé incapable, fut déposé au bout de deux mois, laissant la place aux compétitions et expédients qui préparèrent le retour d'Antigone Gonatas.

11 est temps de revenir aux faits et gestes de Ptolémée Philadelphe-, que nous n*avons pas perdu de vue, mais laissé à l'arrière-plan. Ici, nous sortons de la pénombre pour entrer dans l'obscurité. Il est bon de le redire après tant d'autres, ne fût-ce que pour réclamer le droit d'échouer là où ils n'ont pas réussi, la chronologie des principaux événements du règne de Philadelphe n'est qu'un assemblage de conjectures, et l'hypothèse s'étend parfois jusqu'aux actes euxmêmes. 11 en est ainsi, on l'a vu plus haut, de la prise de la Cœlé-Syrie, que nous croyons avoir été opérée au cours de l'année 280, à la faveur des troubles déchaînés par la mort de Séleucos. Cette hypothèse est la clef de bien des faits postérieurs, et il importe de l'amener à un haut degré de vraisemblance.

11 est inutile d'insister sur le concours de circonstances qui rendaient cette conquête facile. Nous savons que l'ébranlement causé par la brusque disparition de Lysimaque et de Séleucos, deux coups frappés en sept mois, se propagea jusque dans la Syrie du nord, ou Syrie Séleucide *. On comprend que, avec de telles affaires sur les bras, Antiochos n'ait pas voulu engager une guerre avec un voisin puissant, lequel, de son côté, prétendait ne pas faire œuvre de belligérant, mais reprendre purement et simplement son bien, que Séleucos détenait depuis vingt ans au mépris des conventions de 301, et même contre le gré des populations. Il est constant, en effet, que les Syro-Phéniciens ont toujours préféré la domination des Lagides à celle des Séleucides *, et

1. L'inscription de Sigée ou décret d'ilion en Thonneur d'Antiochos (C/G., 3595 = Dittenberger, 156 = Michel, 325), rédigée vers 277 a. C, rappelle que le roi fut obligé de « reconquérir son royaume (dvaxTTjjaaOait Tf,v icoiTpwiatv dpxV)) et qu'il eut à souffrir de défections dans les villes xaxjc t^^v ZeXeuxCSx.

2. Polybe le dit à propos d'une guerre de Syrie en 227, et il ajoute qu'il en

PHILâDELPHE MAITRE DE LÀ GŒLÉ-STRIE 155

c'est ce qui explique que Philadelphé ait pu s'emparer de la Cœlé-Syrie sans coup férir, si bien que l'histoire, préoccupée des faits de guerre, a oublié cette annexion pacifique \ C'est à ce moment peut-être que Philadelphé, aidé par les circonstances, put mettre son stratège Philoclès sur le trône de Sidon, laissé vacant par la mort prématurée d'Eshmounazar II. Cependant, Philadelphé avait dû prévoir une résistance possible et réunir des forces suffisantes pour parer à cette éventualité. Peut-être même ses préparatifs avaient-ils été formidables. Il était fastueux par nature, et quelque peu poltron : parader à la tête d'une grande armée était assez conforme à ses goûts. La défection de la Cœlé-Syrie rendant cette armée inutile, il eut l'idée de l'utiliser pour célébrer en rhonneur de son père, dont il avait réparé l'affront, des fêtes splendides dont le souvenir resterait associé à son nom et à cette première gloire de son règne.

La description de ces fêtes par Callixène de Rhodes * est une épave, échouée dans un musée de curiosités, que les érudits s'évertuent à reporter à sa véritable place, essayant tour à tour les hypothèses qui pourraient l'encadrer d'une façon satisfaisante. La description est à la fois d'une prolixité fastidieuse, bourrée d'hyperboles charlatanesques, incohérente et amputée de tout ce qui aurait pu nous laisser deviner l'occasion, le sens, le but, de cette colossale exhibition. On voit défiler, en cortège interminable, à travers le stade d'Alexandrie, devant de luxueuses tribunes ^ des chars

a toujours été ainsi : t) yàp oix{q^ xolùti^ [des « rois d'Alexandrie •] |i5XXov àti itwç ol xaTà KoCXtjV Soptor/ ^x^®' icpoffxXîvouïi (V, 86, iO).

1. Personne ne parle non plus de Samos, qui avait appartenu à Lysimaque (C/G., II, 2256) et qui, vers 280 (voy. ci-aprés, inscription de Nicourgia), parait ralliée à la confédération des Nésiotes et placée sous le protectorat égyptien. Inscription de Samos en Thonneur de Ptolémée II et de la première Arsinoé {Athen, Mitth., IX [1884], p. 197 = Strack, n. 18).

2. Callixen. ap. Athen., V, p. 196 a-203 b = FHG., lïl, p. 58-65. Extrait d*un ouvrage Dtpl *AXE^av6peioc<, écrit probablement sous Philopator, plus de soixante ans après la ico]xicifi. Callixène n'est pas un témoin oculaire.

3. Dans la décoration, les vases et autres objets en argent pesaient ek {lOptc TiXavx dipyupiou(Athen., V, p. 197 c). Droysen (SB. d. BerU i4*ad., 1882, p. 223, 1)

Qoo^ç:

gigantesques, portant des dieux, des rois, des figurants de toute espèce, représentant des scènes mythologiques ; devant et derrière, des milliers d*hommes, d'enfants, en costumes divers, portant des couronnes, des vases d'or et d'argent, trépieds, cassolettes, etc. ; puis des animaux de toute sorte, sauvages et domestiques, éléphants attelés et montés, cha* meaux, autruches, meutes de chiens, etc. ; enfin, pour fermer la marche, une armée de 157,600 fantassins et23,200 cavaliers, tous équipés au complet. Après cette procession fantastique, qui met à une rude épreuve la foi du lecteur le plus complaisant, il est fait mention, mais en phrases écourtées par Athénée, de jeux où la valeur des prix décernés monta à 2,239 talents et 50 mines payés séance tenante, et où Ptolémée Soter et Bérénice, ainsi que Philadelphe luimôme, figurent parmi les lauréats.

Les discussions soulevées par le rapport de Gallixène ^

8*es8aie à calculer la valeur probable de la dorure (en plaqué] du grand phallus de 56 mètres de long sur 8 mètres de diamètre, et il trouve des valeurs qui approchent ou dépassent cent millions de francs I Voilà ce que J'appelle une foi robuste. A comparer les splendeurs, quand même un peu moins extravagantes, des Jeux célébrés en 165 par Antiochos IV Épiphane (Athen., V, p. 194 c-195 f. X, p. 439 a-d).

1 . Depuis la publication de V Histoire de VRelléniême de Droysen, qui avait fixé la date de la icopiTr^ à Tavènement définitif de Philadelphe, « après la mort de son père », c'est-à-dire en 283 (III, p. 52), il n'est guère de savant qui n'ait dit son mot sur la question, les uns en passant, les autres discutant les données du problème. Cf. J. Kamp, De Ptolemaei Philadelphi pompa Bacchica. Bonnae, 1864. J. G. Droysen, Zum Finanzwesen der Plolemâer (SB. d. Berl. Akad., Hist. Phil. Cl., 1882, p. 207-236 = IC/. SchHflen, II, p. 275-305). E. Beurlier, De divinis kononbus quos accepevunt Alexander et successores ejus. Paris, 1890. U. Wilcken, in GÔtt. gel. Anz,, 1895, p. 139 sqq. J. Kaerst, DieBegrûndung des Alexandei'- und Ptoleinàei^kults in Aegypten (Rbein. Mus., LU [1897], p. 42-68). On peut ramener les solutions proposées avant la découverte de l'inscription de Nicourgia à^trois.— 1* La icojiicifi fêle du couronnement de Philadelphe, soit eir|85/4, du vivant de son père (Droysen [{'• éd.], Beurlier), soit en ^3/2, après la mort de son père, et avec le caractère d'apothéose (Droysen [2« édit.], Kamp, Holm, Gr, Gesch,, IV, p. 399. Niese, I, p. 389. Mahaffy, Empire, p. 116). Le motif chronologique invoqué est que la reine Arsinoé (I ou II) n'est point nommée, d'où la conclusion que Ptolémée était encore caelel>s, ^ 2^ La irojxicf, fêle du mariage de Philadelphe avec sa sœur Arsinoé II (en 270, d'après Droysen, Kl. ScAr., Il, p. 295-298). Motif chronologique, mention du couple royal dans un groupe du cortège affecté xot^ xûv ^aaiXéuv yovtuj;

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