INAUGURATION DES JEUX 1S0LYMPIQUES
plus loin comment Arsinoé II fit chasser son homonyme Arsinoé, fille de Lysimaque, pour la remplacer en qualité de sœur-épouse, et quel empire elle sut prendre sur son indolent époux. Elle voulut être la seule Arsinoé, la seule reine dont se souvînt Thistoire officielle, et elle dut faire effacer partout le nom de sa rivale. Quand on voit Ptolémée Évergète, dans des documents officiels *, la reconnaître pour sa mère, on ne s'étonne pas que Callixène, historiographe de cour, ait supprimé de son rapport le nom de la délaissée. Celle-ci y figure pourtant, dissimulée dans le pluriel qui désigne les souverains régnants (PadiXeïç) '. La Ttoixini eut donc lieu dans le court laps de temps qui va de la mort de Ptolémée Soter (283) à la date, encore problématique, mais très rapprochée, du second mariage de Philadelphe. Nous avons déjà signalé, en admettant la reprise de la Gœlé-Syrie en 280/279, les circonstances qui justifient le caractère triomphal de la cérémonie, l'étalage de richesse et de puissance destiné peut-être à intimider Antiochos. Il n'est pas non plus indifférent de noter que, en cette même année, on rencontre le roi en excursion dans la partie orienUUe de son royaume, à Héroopolis (Pithom), préoccupé de remettre en état le canal de Nécho '.
1. laser. d'Adulis et Décret de Canope, de Tannée 238 (voy. ci-après).
2. L'expression toîç xôv paffiXéwv ^oveuat (Athen., V, p. 197 d) est certainement inexacte, appliquée à Arsinoé I ; mais c'est une inexactitude ofiQcielle et voulue, comme celle qui fait d'Arsinoé II la mère d'É vergeté.
3. Stèle de Pithom, découverte en 1883 par E. Naville, The store-cily of Pithom and the route ofthe Exodus. London, 1885. Traduction et commentaire par H. Brugsch et Erman, Die PithomsteU (Zeitsch. f . Aegypt. Sprache, 1894, p. 74-87); U. Kœhler, Zur Oesch. d, Ptol IT Philadelphos, in SB, d. Berlin* Akad., 1895, p. 965-977. E. Naville, La stèle de Pithom (Zeitschr. f. Aegypt. Sprache, 1902, p. l-9j. Les faits relatés vont de Tan VI à Tan XXI du règne de Philadelphe (280-265/4). C'est en Tan VI du règne (280/79) que Philadelphe vient faire des dédicaces de temples de Toum et d'Osihs (à Pikerehet) et commencer les travaux du canal. U y dut employer une bonne part des soldats ou figurants de saico(juic^. Pithom est à environ 15 kil. du lac Timsah. La stèle de Mendès, dont il sera question plus loin, a été découverte en 1871 à Tmei el-Amdtd^ publiée par Mariette (Mon, divei^s recueillis en Egypte et en Nubie, pi. 43-44), traduite par H. Brugsch, Die grosse Mendes-Slele aus der Zeit des zweiten Ptolemâers (Zeitschr. f. Aeg. Spr., 1875, p. 33-40). Les faits datés sont de Tan XV et de l'an XXI de Philadelphe (271/0 — 265/4).
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L*entreprise lui permettait de masser du côté de la Syrie une armée de travailleurs dont il pourrait faire, au besoin, des soldats.
Prévoir une future guerre de Syrie, pour le moment où Antiochos aurait les mains libres, était à la portée du plus médiocre politique; mais Timprévu fondit en orages successifs sur les années suivantes. Comme un oiseau de proie chassé par la tempête, Arsinoé, la veuve de Lysimaque, encore toute meurtrie du coup brutal frappé à Cassandria par Kéraunos, vint chercher un asile à Alexandrie *. Avaitelle déjà autrefois, comme sœur aînée, de huit ans plus âgée quePhiladelphe*, pris conscience de Tascendant qu'elle pouvait exercer sur une nature molle, et venait-elle avec l'espoir de remonter encore sur un trône? Combien de temps lui fallut-il pour semer la mésintelligence dans le ménage royal, pour habituer son frère à Fidée de répudier une femme qui lui avait déjà donné trois enfants et de la prendre elle-même, sans souci ni de la disproportion d'âge, ni de l'inceste, pour sa légitime épouse '? Se contenla-t-elle d'abord, comme autrefois sa mère Bérénice, d'être une épouse de second rang, ou commença-t-elle par perdre sa rivale avant de la remplacer? Par quelles séductions, par quels leurres, politiques ou autres, vint-elle à bout de ses projets? Autant de questions sans réponses. Il suflBt de jeter un coup-d'œil sur l'amas de dissertations entassées à cet endroit ^ pour se convaincre que vingt conjectures ne valent
1. u n'y a aucune raison de croire qu'elle se soit attardée longtemps à Samotbrace. Elle a dû venir tout droit, dès Tannée 279, à Alexandrie, où elle pensait être sûre d*étre bien accueillie par son frère.
2. On a discuté plus haut (p. 61, 2) la date de la naissance de Philadelphe. Ceux qui le font naître en 304 — Arsinoé étant née vers 316 — accroissent encore la différence d'âge. Arsinoé frisait la quarantaine, et Théocrite luimême, qui vante la beauté de Bérénice (XVII, 34-38), ne dit rien des cbarmes d' Arsinoé.
3. Callimaque {In Artem., 134 sqq.) fait allusion au temps beureux où les deux belles-sœurs, épouses de deux frères, s'asseyaient à la même table. S'agit-il des deux Arsinoé?
4. Tous les historiens, cbronograpbes, commentateurs de Tbéocrite et de