CAMPAGNES EN EXTRÊME-ORIENT
(328), et se signaler par sa bravoure personnelle dans les combats livrés aux Âspasiens. Blessé dans un premier engagement en même temps que Léonnatos et Alexandre luimême, il tue de sa main, quelques jours plus tard, un prince indien qui avait failli l'abattre lui-même d'un coup de lance. Enfin, son corps d'armée prend une part brillante à l'écrasement final des Aspasiens (327) K Moitié général, moitié ingénieur, il escalade et prend à revers les hauteurs d'Aornos, dirigeant avec un égal succès les travaux d'approche et les embuscades ^ Au siège de Sangala, Alexandre utilise d'une façon analogue sa prudence et son coup d'œil '. Quand l'armée, s'engageant dans la voie du retour, descend le cours de l'Acésine, le Lagide commande encore un des trois corps d'armée qui doivent combiner leurs mouvements contre les Oxydraques, les deux autres étant conduits par Héphestion et Alexandre (326) ^. Pour cette raison précisément, il n'était pas aux côtés d'Alexandre lorsque celui-ci fut dangereusement blessé à l'assaut de la capitale des Malliens. Il s'empressa lui-même plus tard de rectifier la légende qui faisait de lui en cette mémorable journée le sauveur d'Alexandre et prétendait expliquer ainsi son surnom royal de Soter ^ On le retrouve un peu plus tard parmi les trente-trois triérarques auxquels Alexandre confie la flotte d'eau douce réunie sur l'Hydaspe *.
Il n'eût dépendu que de lui, lorsqu'il tenait la plume, de
1. Arrian., IV, 23-25 : diaprés les Mémoires de Ptolémée, qu'il cite ici (IV, 25,4). Les fragments de ces mémoires dans les Script. Alex, Magni (Didot), p. 86.