‹ Histoire des LagidesChapitre 121 sur 258 · LES 6ÂLATES EN ASIE-MINEURE · texte numérisé non relu

LES 6ÂLATES EN ASIE-MINEURE

que leurs exc^s auraient dû provoquer contre eux une coalition des rois hellénistiques. Mais la discorde était partout, et chacun cherchait soit à composer à prix d'argent, soit, tels Antigone et Nicomëde, à embaucher les Gaulois comme mercenaires et à s'en faire un instrument de conquête. C'est à Antiochos surtout qu'incombait le devoir de défendre la cause de la civilisation, qui se confondait avec ses propres intérêts. La question ne pouvait non plus rester indifférente au roi d'Egypte, qui, maître de la mer, devait offrir ses secours, plus ou moins intéressés, aux villes du littoral. Une inscription d'Érythras, rédigée vers 274, parle des « terreurs et dangers » récemment surmontés, des dépenses engagées pour obtenir la paix des Barbares de Léonnorios et pour payer un corps de « Ptolémaïques » (nToXe(jLatxot), commandé par Hermocrate, qui a collaboré à la défense de la ville contre les Galates *. Antiochos, toujours pris au dépourvu, n'avait sous la main qu'une faible armée de

secundum ante Christiim. Amstelod.,1888. F. Stfibelin, Gesch. der kleinasiatischen Galaier bis zur Errichlung der rôm. Provinz Asia. Basel, 1897. Cf. Gabier, Erythrae. Berlin, 1892. Les sources anciennes ont été cataloguées et appréciées par Ad. Schmidt, De fontibus velerum auctorum in enarrandis expedilionibus a Gallis in Macedoniam atque Graeciam susceplis. Berolin., 1834 (= Ahh. z. ait. Gesch., p. i-65. Leipzig, 1888), et, à un point de vue plus général, par H. d'Arbois de Jubainviiie, Cours de litL celtique, tome XII. Paris,

1. Marbre publié par P. Foucart (BCH., III [1879], p. 388 èqq.). Dittenberger, 159. Ch. Michel, 503. Ce texte sans date, n'offrant le nom de Léonnorios et de ses Barbares que par restitution, a provoqué toute espèce de conjectures. Il n'est pas évident : 1» que les IlToXejjLaVxoi soient des soldats égyptiens, et non un corps quelconque de mercenaires ainsi nommé pour une -raison à trouver ; 2* que ces soldats égyptiens aient été un corps auxiliaire débarqué de la flotte, et non une garnison. Une garnison signifierait une occupation préalable, expliquée par une guerre entre Antiochos et Ptolémée (guerre de Syrie, hypothèse commune, sauf la date, à Droysen, Kœpp, Gftbler, Siahelin, etc.). Si ce sont des auxiliaires bénévoles, même en service commandé, la ville a pu prendre la dépense à sa charge. Quant à la date des faits visés, elle dépend de la restitution [toT; icspl Aeov]v<$piov pap6dÉpoi;. Autrement, on pourrait, comme Ta fait J. Beloch, la transporter quarante ans plus tard et y voir un secours envoyé par Ptolémée lîl Évergète, vers 234, à Antiochos Hiérax contre ses mercenaires gaulois révoltés. Cf. notre article précité (ci-dessus, p. 67, 2).

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170 CHAP. V. — PTOLÉMÉE H PHILâDELPHE

troupes légères. Il songeait à négocier, lui aussi, quand le Rhodien Théodote releva son courage et lui remontra que ses seize éléphants pouvaient à eux seuls épouvanter les chevaux et disperser la cavalerie de l'ennemi. La défaite redoutée se changea en victoire : mais Antiochos eut le triomphe modeste, humilié qu'il était, au dire de Lucien *, d'avoir dû son salut à ses éléphants. C'est en souvenir de cet exploit — de date (vers 278/7) et de lieu inconnus — que les villes helléniques lui décernèrent, alors ou plus tard, le prédicat de Sauveur (Swtt^p) *. Les Gaulois, en effet, paraissent avoir commencé depuis lors le mouvement de concentration rétrograde qui finit par les confiner dans la région connue plus tard sous le nom de Galatie.

La victoire d' Antiochos sur les Galates dut hâter singulièrement la restauration de son autorité dans ses provinces d'Asie-Mineure. Il allait enfin avoir le loisir de songer au compte qu'il avait à régler avec le roi d'Egypte. Celui-ci avait mis le temps à profit. On rencontre de divers côtés, surtout en Carie et en Lycie, des indices qui permettent de conclure à une extension progressive de son protectorat. La flotte égyptienne était toujours prête à répondre à l'appel des villes qui, menacées dans leur indépendance, préféraient la domination du Lagide à toute autre. On s'est même demandé, sur la foi d'un texte vague, si Ptolémée n'avait pas envoyé sa flotte croiser dans le Pont Euxin, pour essayer de renouer avec les villes qui avaient autrefois appartenu à Arsinoé. Il est question d'ancres enlevées à des navires égyptiens par des Gaulois au service des dynastes-rois du Pont, exploit dont le nom d'Ancyrc perpétua par la suite le souvenir ^ On sait

1. Lucian., Zeuxis s. Antiochus^ 8-11. Récit suspect et paradoxe de rhéteur. Les Gaulois ont une armée formidable, supérieurement organisée, avec chars à faux, etc., et Antiochos n'a qu'une poignée d'irréguliers. C'est le monde renversé.

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