Appian., 5yr
3. Steph. Byz., s. v. 'A-pcupa, d'après Apollonios d'Aphrodisias au XVII» livre de ses Kaptxi. Droysen (III, p. 265) édiûe là-dessus une série de conjectures
MAGAS ALLIÉ d'aNTIOCHOS I'' SOTER 171
avec quelle facilité les logographes grecs inventaient des légendes étymologiques, et c'est vraiment de la complaisance que de prendre celle-ci au sérieux.
Antiochos, avec ses allures cauteleuses et hésitantes, prit le temps de calculer ses chances avant de s'attaquer à son puissant voisin \ En fait d'alliés, il n'en pouvait guère trouver d'autre, et surtout de plus utile, que celui qui avait déjà fait preuve d'hostilité contre Philadelphe, Magas de Cyrène. Nous n'avons absolument, pour nous guider ici, que le canevas fourni par Pausanias. Magas, après l'échec de sa tentative, semble méditer une revanche. « Une fois marié avec Apama, fille d'Antiochos fils de Séleucos ^ Magas décida Antiochos à transgresser les conventions que son père Séleucos avait faites avec Ptolémée, et à se lancer sur l'Egypte. Gomme Antiochos commençait à se mettre en campagne, Ptolémée envoya vers tous [les pays] sur lesquels régnait Antiochos des bandes de pillards pour ravager le territoire des plus faibles, de l'armée régulière pour dompter les plus puissants, si bien qu' Antiochos ne put jamais parvenir à marcher contre l'Egypte d '. A travers le vague de ces lignes,
(mais à la date de 266) ; Philadelphe contre Héraclée, puis s^attaquant à Mithridate et Ariobarzane, s'alliant avec Philétœros de Pergame et installant un certain Eumëne de Tios à Amastris, donnant le nom de Bérénice à Tios, etc. Rœpp accepte le système, sauf à faire observer que ce n'est pas Tios, mais Chiosquia pris le nom de Bérénice (Steph. Byz. s. v.), au temps de Mithridate Eupator. Si Ton veut retenir le fait matériel, on peut, puisqu'il est emprunté à une histoire des Cariens, le reporter en Carie (cf. Niese, II, pp. 79, 3. 129, 9).
1. Sur cette guerre de Syrie, voy. Fr. Rœpp, Ueber die syrischen Kriege der erslen Ptolemaer {Rh. Mus., XXXIX [1884], p. 209-230). Kœpp a été le premier à ébranler le système de Droysen, qui faisait descendre la date initiale jusqu'en 266. Haeberlin (in PhiloL^ L [1891], p. 696) tient encore pour Droysen, estimant Rœpp dûment réfuté par Rannow {Stud. Theocr,^ Berl., 1886).
2. Le mariage a peut-être été l'occasion de la dédicace d'une statue de la < reine Apama » par les Milésiens (Haussoullier, Milet^ etc., p. 60).
3. Pausan.y I, 7, 3. Ce texte fondamental se plie à tous les systèmes. Quelles sont ces conventions (<Tuv6Tixai) violées par Antiochos ? Évidemment, une cession de la Syrie, consentie à Ptolémée Soter par Séleucos avant la bataille d'Ipsos, mais que Séleucos avait refusé d'exécuter ensuite et que Philadelphe avait invoquée pour reprendre la Syrie à la mort de Séleucos (cf. ci-dessus,
Qoo^ç:
on entrevoit une longue guerre commencée par Antiochos, détournée de son but par une série de diversions, et disséminée ainsi sur tous les points vulnérables qu'offraient aux coups de Tennemi les possessions d' Antiochos/ Ce qui est particulièrement étrange, c'est que Magas, qu'on nous donne comme le fauteur de la guerre, ne parait pas avoir aidé en quoi que ce soit son beau-père et allié. Il est probable qu'il s'était engagé à collaborer à l'invasion de l'Egypte, mais que, Antiochos n'ayant pas franchi la frontière orientale, il ne voulut pas, en agissant isolément, aller au devant d*un nouvel échec. De son côté, Philadelphe avait trop d'intérêt à le laisser en repos pour ne pas faire semblant d'ignorer ses menées *.
Il faut renoncer în deviner de quelle façon commencèrent les hostilités. Pausanias semble avoir oublié que, pour atteindre l'Egypte, Antiochos devait être maître de la Cœlé- Syrie et de la côte phénicienne '. On est tenté de croire que, incapable de résolutions hardies, il s'attarda à des demimesures, cherchant à provoquer des défections sans déclarer ouvertement la guerre, dissimulant ou croyant dissimuler les préparatifs qu'il faisait dans la partie orientale de son
p. 83). Il n'y eut Jamais d'autres « conventions », et Rœpp n'est pas fondé à dire que, si Philadelphe avait repris la Syrie en 280, c'est lui qui aurait violé les traités.
1. Il semble, d'après le contexte de Pausanias, que le mariage de Magas avec Apama, quoique propre à faire suspecter les intentions de Magas, ne fut pas considéré à Alexandrie comme un acte d'hostilité, mais plutôt comme une satisfaction accordée à Magas et un gage de paix avec Antiochos. S'il est vrai que Apama fût fille d'Antiochos et de Stratonice (Malalas, p. 195 et 203, éd. Bonn, la dit fille de Séleucos I«') et qu'elle eût une sœur aînée {filiae Slralonike et Apama^ Eusob. Arm., I, p. 249 Schœne), elle n'a guère pu être nubile avant 274 ou 275. Son identité est un thème à discussions. On ne connaît pas d'autre épouse légitime à Magas, et cependant deux auteurs prétendent que la mère de la fille unique de Magas (Bérénice H) s'appelait Arsinoé (Justin., XX VI, 3, 3. ïlygin., Asir. Poel., IT, 24). De là l'invraisemblable hypothèse de Niebuhr (ci-dessus, p. 165, 3). Le plus prudent est de supposer que Magas jugea à propos de substituer au nom exotique de sa femme celui d'Arsinoé.
2. C'est cependant sur lui que repose le système de Rœpp : la Cœlé-Syrie et Phénicie appartenant à l'Egypte depuis 295 environ (cf. ci-dessus, p. 88, 4].