Arrian., Indic
6 CHAP. I. — PTOLÉMÉE GÉNÉRAL d' ALEXANDRE
grossir ses exploits et de se poser partout au premier plan sous le regard de la postérité. Il semble, au contraire, — la confiance absolue d'Arrien en témoigne, — avoir voulu rendre justice à chacun et opposer partout la vérité vraie au roman qui commençait déjà à envahir la merveilleuse histoire du conquérant.
Alexandre sut reconnaître et payer de retour le dévouement de son fidèle lieutenant. Une anecdote célèbre nou« montre le roi veillant au chevet de son ami blessé et lé guérissant avec une racine dont les vertus lui avaient été révélées en songe *. Son affection, mélangée, dit-on, de caprices et môme d'accès de défiance, fit du Lagide une sorte de chambellan, de maître de la maison du roi ^ Ptolémée assista ainsi, en témoin consterné, au meurtre de Glitos, qu'il avait prudemment emmené hors de la salle où s'était échauffée la dispute et qui y était rentré pour braver Alexandre ivre de colère et de vin '. C'est Ptolémée qui veillait à la porte de la tente royale le jour où la conspiration des pages mit en péril la vie d'Alexandre * : c'est lui que le roi charge de tout préparer pour l'holocauste volontaire du brahme Calanos '. A Suse, dans cette série de fêtes et de combinaisons polygamiques par lesquelles Alexandre inaugure sa nouvelle monarchie orientale, Pto-
1. Ci6., Di9in,\ ïl, 66. Strab., XV, p. 173. JusUn., XII, 10, 3. Curl., IX, 8, 33. D'après Diodore (XVII, 103), à Harmatelia dans Tlnde. Anecdote suspecte, dédaignée par Arrîen, qui n'en dit mot.
2. Écuyer tranchant (ifitaTpoç), d'après Charès de Mitylène (ap. Athen., IV, p. 171 c). Geier (op. ciL, 13, n. 15) relève la bévue de Sainte-Croix entendant par IltoXciJiaîov t6v auTT^pa t8iaTpov dicoSet^^vai, que Ptolémée dut à cet office protecteur son surnom de Swrf.p. D'après Quinte-Curce (IX, 8, 33), régi an popularibus carior esset, dubitari paierai. Cf. l'inepte conte de Candaule et Ptolémée déguisé en Alexandre (Ps.-Callisth. et Jul.Valer., HUt., III, 49). En revanche, Élien croit savoir qu'Alexandre, jaloux et défiant^ craignait l'adresse de Ptolémée (IlToXijiaioo tô SsÇtàv ô»wp5T0. Kar. HisL, XIV, 48. Cf. XII, 16).