Arrian., VII
Qoo^ç:
: JiORT D ALEXANDRE — . . H
lémée reçoit comme épouse Artacama, fiUe. du g^tr^pe Artabue, qui se trouvait èfaré alors,, par sa.sœiir Baiii^nâ^ la belle^sœur d'Alexandre .'. Il faitpbi'tie de ce cénabcle .d0 Vicei-irois qui entourent le nouviëau Grand-Roi, le succeasey? ^es Pharaons^ des rois de Babylone, de Ninive et de la <)ynastie des Achéménides (324). > ^t
Il est permis dé croire qu'avec son sens rassis et sa prur denoe innée, il suivait sans enthousiasme son jeune et impér tueux,souverain«dans une voie au bout de laquelle on. ris** quait de rencontrer la désaffection des Macédoniens et .des Hellènes. Il ne parait pas avoir pris fort au sérieux le ma^ riage politique que lui avait imposé Alexandre, et il estpro-r bable qu'il s'en considéra comme tout à fait dégagé par la mort du roi (323). : .
Dans le conseil tenu par les généraux après la mort d'Alexandre, se posa tout d'abçrd la redoutable question qui ne devait être résolue qu'au prix de vingt ans de discordes et de luttes à main armée. Par qui et comment allait être gouverné le vaste empire improvisé par Alexandre? Surpris par la mort, le conquérant n'avait laissé aucune instruction à ce sujet : ce serait lui faire injure que de lui prêter le mot fabriqué sous son nom par quelque rhéteur et de ci*oire qu'il eût volontairement déchaîné la tempête en léguant sa suc^ cession ii au plus digne » ^ Le principe de l'hérédité monar^ chique pouvait seul sauvegarder l'nnité de l'empire. Mais
1. D'après Plutarquè (Eumên,, i), Alexandre fit épouser une troisième filîé d'Artabaze, appelée Barsine comme son atnée, AEumène ; la seconde, donnéo à Ptolémée, étant une Apama, homonyme, par conséquent, d'Apama, fille de Spitamène, femme de Séleucos et mère d'Antiochos !•'. Arrien (VII, 4, 6), corrigeant Plutarque, fait aussi de réponse de Ptolémée une fille d'Artabaze, mais il rappelle Àrtacama. De toutes ces unions contractées par ordre, il n'j eut de durable que celle de Cratère, dont la femme, Amastris, épousa plus tard Lysimaque, et celle de Séleucos. Art|icama ou Apapaane mit probable^ ment jamais le pied en Egypte, où, tu sa nationalité, elle n'aurait pu étrç qu'impopulaire.
. %, L'anecdote est dans Justin (XII, 15, 8) et Quinte-Curce {X, 3, 14], qui interprètent le mot comme désignant Perdiccas.
6 CHAP. I. — PTOLÉMÉE GÉNÉRAL d'aLEXANDRE
Alexandre^ avait tout improvisé, même ses amours, et ne s'était pas autrement soucié de distinguel* entre ses conçue bines et ses épouses. Il avait ea de Barsine, fille d*Artabaze, un fils, Héraclès, alors âgé de quinze à seize ans % qui vivait avec sa mère àPergame : mais c'était le fruit d'une union libre et Alexandre lui-même ne l'avait jamais traité en fils légitime. Depuis, le roi avait épousé, en 328, Roxane, fille du satrape de Bactriane Oxyartès, et, en 324, aux noces collectives de Suse, Statira, fille de Darius. Roxane portait dans son sein un rejeton d'Alexandre; mais, à trois mois de sa délivrance ^, c'était l'inconnu , et même, ceux qui n'étaient pas encore habitués à considérer la polygamie comme un régime légal pouvaient douter de la légitimité de cet héritier éventuel, le futur Alexandre IV. D'autre part, on avait sous la main, à Babylone même, un frère consanguin d'Alexandre, Arrhidée, qui était à la fois bâtard et faible d'esprit, mais qui, aux yeux de l'armée, et surtout des simples soldats, avait l'avantage de n'être pas un métis, né d'une Orientale. Sa mère Philinna n'avait été qu'une conçubine de Philippe ', mais c'était une Thessalienne de Larissa. Perdiccas, qui était le plus en vue des généraux, proposa d'attendre les couches de Roxane ; Méléagre, d'élire Héra« clés ou Arrhidée. Ptolémée tint le langage d'un Macédonien qui ne voulait être gouverné ni par un bâtard imbécile comme Arrhidée, ni par des rejetons d'aventure comme le fils de Barsine ou celui qu'on attendait de Roxane. Les Macédoniens, aurait-il dit, n'avaient pas vaincu les Perses pour obéir à leurs descendants. Il proposa donc de laisser vacant
' 1. Dix-sept ans d'après Diodore(XX, 20); quatorze ans passés d'après Justin (XV, 2, 3) ; tout petit (Ppa/ùç irdbu), d'après Appien(Syr., 52).
2. Exacto mense octavo matura (Just, XIII, 2, 5) : Sextus menais est ex quo Roxane praegnans est (Curt, X, 6, 19). Droysen (II, p. 35, 4) croit pouvoir opter pour Justin.
3. Satyros disait que Philippe terminait toutes ses campagnes par un mariage (àtl xatà itôXjjjiov iyd[u:) ; Philinna avait été, suivant lui, épouse aussi légitime que les six autres (Athen.^ XIII, p. 557 c).