PTOLÉMÉE SATRAPE D'EGYPTE
Goavernement de TÉgypte sous Alexandre : Giéomène de Naacratis (331-322).
§ I. — PTOLâc^B SOUS Perdicgas (323-321). — Giéomène mis à mort. — Troubles à Gyrène : Thibron battu par Ophellas : conquête de la Gyrénaïque, rattachée à la satrapie d'Egypte (322). — Ptolémée s'empare du corps d'Alexandre et rompt avec Perdiccas. — Ptolémée officiellement déclaré rebelle. — Invasion et mort de Perdiccas en Egypte. — Nouveau partage de l'empire à Triparadisos •: Ptolémée épouse Eurydice, fille d'Antipater (321).
§ II. — Ptolémée sous Antipater (321-319). — Goup d'oeil rétrospectif sur les rapports de l'Egypte avec la Syrie. — Ptolémée s'empare de la Gœlé-Syrie (320). — Son protectorat sur les dynastes de Gypre. — Puissance croissante d' Antigène (le Borgne). — Mort d'Antipater, remplacé par Polyperchon (319).
§ m. — Ptolémée sous Polyperchon (3i 9-311). — Intrigues de Gassandre, fils d'Antipater, contre Polyperchon. — Goalition des satrapes contre les partisans de l'unité de l'empire, Polyperchon et Eumène (319). — Eumène en Syrie (318). — Antigène à la poursuite d'Ëumène. — Philippe Arrhidée mis à mort par Olympias : Alexandre IV seul roi (317). — Ptolémée et Bérénice. — Défaite et mort d'Eumène : Séleucos expulsé par Antigène et réfugié près de Ptolémée (316). — Goalition contre Antigène (315). — Antigène maître de la Syrie (315). — Révolte de Gyrène : exécutions et destitutions de dynastes à Gypre (313). — Défaite de Démétrios (Poliorcète), fils d'Antigone, à Gaza: Ptolémée recouvre la Gœlé-Syrie et Phénicie. — Séleucos réintégré à Babylone ; date initiale de l'jèrc des Séleucides (i*^ oct. 312). — Les Juifs déportés en Egypte. — Retour offensif d'Antigone : défection d'Ophellas à Gyrène. — Paix de 311. — Le roi
l'ÉGTPTE sous ALEXANDRE 13
Alexandre IV assassiné par Cassandre : Ptolémée virtuellement roi d'Egypte ; Ère « après la mort d'Alexandre » ou des Lagides (311)» IV. — PioiiMÉE SATRAPE INDÉPENDANT (3ii-305). — Ptoléméc et Séleucos contre Antigone. — Mesures de rigueur à Cypre : le drame de Paphos(311). — Ptolémée à Cos : exécution du stratège Polémée (310) ; naissance de Ptolémée Philadelphe (309/8). — Ptolémée dans TArchipel et en Grèce : ébauche du protectorat des Cyclades (308). — Ophellas trahi par Agathocle : Ptolémée recouvre la Cyrénaîque ; Magas vice-roi de Cyrène (308). — Démé trios (Poliorcète) libérateur d'Athènes (307). — Ptolémée vaincu à Salamine de Cypre : Antigone roi (306). — Les rivaux d' Antigone prennent comme lui le titre de rois (305).
Depuis dix ans qu'elle était incorporée à Tempire d* Alexandre, l'Egypte vivait sous un r^ime provisoire que le conquérant avait institué à la hâte et n'avait surveillé que de très loin. Accueilli par les Égyptiens en libérateur et assuré de l'appui du clergé, qui l'avait reconnu pour fils d'Ammon et lui avait conféré l'investiture religieuse, Alexandre n'avait pas cru devoir prendre de précautions contre les indigènes. Il s'était plutôt préoccupé de prévenir les excès de pouvoir ou les défections possibles des dépositaires dé son autorité. Il avait fait de cette autorité deux parts, dont chacune était confiée à plusieurs mandataires. Les pouvoirs militaires étaient exercés par deux stratèges et un navarque ; les pouvoirs civils par deux nomarques égyptiens, Doloaspis et Petisis, avec mission d'appliquer les coutumes du pays. Enfin, la perception des taxes dans le pays tout entier était aux mains d'une sorte de surintendant des finances, Cléomène de Naucratis '. Mais cet ingénieux système s'était rapidement détraqué au profit du fonctionnaire qui, par les finances, tenait le grand levier du gouvernement. Au bout de deux ou trois ans^ Cléomène était considéré comme le
i. Arrian.) III, 6. Curt., IV, 8, 33. Il y a des divergences de détail entre ces deux textes. Q. Curce ne connaît pas, ou exclut les fonctionnaires égyptiens.
H GUÂP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE D^ÉGTPTE
gouverneur de TÉgypte et commandait en maître. C'est Itai, nous Pavons dit, qui était chargé de poursuivre la grande œuvre du règne, la construction d'Alexandrie *, et Ton comprend que la direction de pareils travaux Tait mis hors de pair. Mais avec sa puissance grandit Fimpopularité qui s'attache toujours aux mesures fiscales. Il est probable qu'au lieu de se borner à pressurer le fellah, habitué à souffrir sans se plaindre, il s'était attaqué au clergé *, et surtout aux paarchands et spéculateurs grecs qui s'étaient abattus sur rÉgypte à la suite des conquérants. Cléomène passait pour avoir commis d'effroyables exactions et amassé ainsi d'immenses richesses. On l'accusait, à Athènes notamment, de spéculer sur les blés par des intermédiaires et de provoquer ainsi des hausses artificielles sur les marchés '. Des plaintes étaient parvenues à Alexandre, qui depuis l'affaire d'Harpale, n'était plus aussi confiant qu'autrefois en la loyauté de ses serviteurs : mais Alexandre, tout en admettant comme possible la culpabilité de Cléomène, tint celui-ci pour absous présentement, et même à l'avenir, à condition qu'il élèverait des monuments en l'honneur d'Héphestion à Alexandrie et dans Fîle de Pharos. Arrien, qui considère Cléomène comme oc un méchant homme, coupable de nombre d'iniquités commises en Egypte », blâme avec raison l'indulgence capricieuse du maître, aux yeux duquel une flagornerie effaçait tous les péchés *.
i, Cleomenes^ qui Alexandriam aedificaverat (Justin., XIII, 4, 11).
2. Dans le Ps.-Aristote {Oecon,, 2, 33), il est questk>n de taxes levées par Cléomène sur les animaux sacrés, etc.
3. Dans un plaidoyer postérieur à la mort de Cléomène, Démosthène [In Dionysod.y "% 7-10) déclare que ce gouverneur de TÉgypte a fait beaucoup de mal à Athènes et à tous les GrBcs, icaXiYxairr^XeiStDv xal «uvivrèç ta; Ti(iiQ
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