Aelian., Var. BisL, XII
3. Lucien fait dire à Alexandre, interrogé par Diogène {DiaU Morl., XIII, 3) : « Voilà trois jours que je suis gisant à Babylone; mais Ptolémée a promis de me faire porter en Egypte, pour y être enseveli et mis au rang des dieux égyptiens ».
4. Diod., XVIII, 26-28. Droysen (II, pp. 12, 3. 645) propose de substituer 'Apjwigaîoç (Inscr. Thersipp., lig. 25) ou 'AptCaioç (Polyaen., VII, 30) à la leçon 'Appt8aToç, qui a causé la méprise 4e Justin : Jubelur Aridaeus rex corpus AUxandri in Ammonia templum deducere (XIII, 4, 6). Mais il déclare qull « n'ose pas abandonner la tradition des manuscrits ». C^est, en efTet, le parti le plus sûr : s'il y a corruption, elle date d'avant Justin.
20 CHâP. U. — PfOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGTPTE
respect et le conduisit à Memphis, en attendant qu'Alexandrie pût le recevoir dans un tombeau digne du grand Alexandre, œkiste divinisé et génie protecteur de la nouvelle cité \ Il y a, au fond de cette aventure, une intrigue dont le détail nous échappe et que Diodore ne parait même pas avoir remarquée. On croit deviner, à travers Tobscurité des textes, que Arrhidaeos, sans doute de connivence avec Ptolémée, partit de Babylone à Timproviste, sans attendre les ordres de Perdiccas *. Celui-ci était alors en Asie-Mineure, tout occupé de ses intrigues, et il se proposait vraisemblablement de conduire lui-même le convoi funèbre à ^gœ, à la tète d'une armée dont Antipater connaîtrait bientôt la destination *. U avait dû envoyer à Babylone des hommes de confiance, Polémon et Attale, pour signifier sa volonté à Arrbidaeos et, au besoin, lui barrer le chemin par la force * : mais Ptolémée avait tout prévu ; son complice avait brus-
1. La majorité des témoignages, y compris Diodore et Strabon (XVII, p. 794), disent que le corps fut conduit à Alexandrie. De son côté, Pausanias assure qu'il fut déposé à Memphis par Ptolémée Soter (I, 6, 3) et amené à Alexandrie par Philadelphe (I, 7, 1). Il n'y a pas là de quoi rudoyer Pausanias, comme le fait encore Raerst (Die Begrûndung des Alexander- und Ptolemâerkultes in Aegypien, in Rh. Mus., XXVI [1897], p. 42-68). Memphis était bien sur le chemin de TOasis, et même d'Alexandrie, et Diodore a pu ne viser, par anticipation, que le fait accompli plus tard. Le dire de Pausanias a été confirmé depuis par un nouveau fragment des marbres de Paros {Athen. MittheiL, XXII [1897], p. 187). Sous Tarchontat d'Archippos (321/0), *AXi(av$p(K sic M^(x.9tv ItIOt; xal IIip6(xxa; tlç ATyuxcov vrpaTtuaoi^ èxiksÙTt\9rf.
2. napà rvcafiiT^v ntpStxxou (Arrian. ap. Phot., p. 70 Bekker).
3. Pausanias (I, 6, 3) dit que Ptolémée se fit livrer le corps d'Alexandre par « les Macédoniens chargés de la conduite à iEgaB»; Strabon (XVII, p. 794), confondant le cortège et l'expédition de Perdiccas en Egypte (ci-après), suppose que Perdiccas conduisait le corps — - sans doute en Macédoine — et se détourna de son chemin pour attaquer Ptolémée. C'est comme trophée de victoire que le cercueil royal était resté aux mains du satrape d'Egypte. Arrien, au contraire (p. 24 Reizenstein), dit que Perdiccas voulait destituer Ptolémée et s'emparer du corps d'Alexandre. Arrhiduios pouvait être d'accord avec Ptolémée sans être dans sa confidence. Memphis était une étape sur la route de l'Oasis, et ArrhidaBos ne savait peut-être pas en partant que sa mission serait écourtéc. En tout cas, il fut récompensé : les vainqueurs de Perdiccas lui donnèrent en 321 la satrapie d'Heiiespont.
4. Arrian. ap. Phot., p.. 70 Bekker, et fol. 230, p. 23 Reizenstein.
RUPTURE AVEC PERDICCA8 21
que le départ, et, en Syrie, son escorte, était de taille à faire reculer les gendarmes de Perdiccas. Ptolémée réussit de -cette façon à mettre la main sur le corps d'Alexandre, qui -pouvait, en Egypte surtout, devenir une relique précieuse, et il rendit à son allié Antipater \ alors en guerre avec les Étoliens, le service d'attirer sur sa propre tête les premiers coups de Perdiccas.
Que l'incident ait ou non contribué à hâter la rupture ouverte — rupture depuis longtemps prévue — entre Perdiccas et Ptolémée *, il est certain que le régent, après avoir hésité entre la Macédoine et l'Egypte, se décida à faire d'abord un exemple sur le Lagide. Celui-ci abattu, viendrait le tour d'Antipater et Cratère, ses complices. Perdiccas avait pris ses précautions. L'Asie-Mineure serait gardée, en son absence, par son fidèle lieutenant, Eumène. Avec l'appui de Néoptolème, satrape d'Arménie, et d'Alcétas, frère du régent, Eumène serait en mesure de barrer le chemin aux troupes avec lesquelles Cratère, Antipater et Antigone pourraient tenter des diversions convenues avec leur allié. Une flotte, commandée par Clitos, surveillait les côtes. En même temps, Perdiccas avait signé un traité avec les Étoliens, qui s'étaient engagés à attaquer Antipater. En outre, pour no pas laisser de traîtres sur ses derrières, il destitua, chemin faisant, le satrape de Cilicie, Philotas, ami de Cratère, qu'il remplaça par Philoxenos, et le satrape de Babylone, Archon, probablement soupçonné d'avoir favorisé l'enlèvement du corps d'Alexandre. Docimos fut chargé d'expulser et de
1 . Il est possible que le mariage de Ptolémée avec Eurydice, fille d'Antipater, ait été conclu à ce moment (Niese, I, p. 218, 7). Droysen (II, p. 137, 1) préfère rajouter aux conventions passées à Triparadisos. Aucun texte ne donne d'indication chronologique. 11 y a un moyen facile, et même trop facile, de concilier les opinions divergentes; c'est de distinguer entre les fiançailles et le mariage.
2. Il résulte des textes de Diodore et d'Ârrien que l'expédition d'Egypte était déjà résolue quand Perdiccas apprit en Cilicie Tenlèvement du corps d'Alexandre.