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Tome I

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18 CHAP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGYPTE

dynastiques où ils crurent trouver une occasion de se détacher de l'Egypte.

Mais Ptolémée ne se laissait pas distraire de sa préoccupation principale. Il sentait sur lui Toeil de Perdiccas et savait que le régent, bravé dès le début par Texécution de Cléomène, ne lui pardonnerait pas ses succès. Puisque le conflit était inévitable, Ptolémée trouvait avantage à ne pas louvoyer : les nombreux ennemis de Perdiccas étaient persuadés qu'ils pouvaient compter^ le cas échéant, sur le satrape d'Egypte. De son côté, Perdiccas, aveuglé par l'ambition, poussait les choses au pire et calculait mal les chances de ses adversaires. Ântipater et Cratère, régents des possessions d'Europe, qu'il avait cru diviser en donnant, dans les limites du même gouvernement, à l'un le titre de stratège, à l'autre, celui de « prostate » ou gouverneur civil, s'étaient arrangés à l'amiable et avaient contracté une alliance de famille. Cratère s'était séparé d'Amastris pour épouser Phila, fille d'Ântipater^ Le satrape de Phrygie, Lycie etPamphylie, Antigone le Borgne (Mov6(p9aX[xoç), dépouillé et traqué par Perdiccas, s'était réfugié auprès d'Antipater et de Cratère. Grâce au despotisme du vicaire général de l'empire, qui allait mettre le comble à ses imprudences en répudiant une fille d'Antipater, Nicœa, pour épouser une sœur d'Alexandre et mettre dans son jeu les rancunes d'Olympias *, la coalition se formait d^elle-mème. C'est ce moment que choisit Ptolémée pour montrer publiquement le cas qu'il faisait des ordres et des prétentions du régent.

1 . Le bon Cratère s'occupa par la suite de trouver un mari à Amastris, qui épousa Denys, tyran d'Héraclée, et, après la mort de celui-ci (f 306), en 302, Lysimaque, roi de Thrace (Strab., XII, p. 544. Memnon in FHG., III, p. 529)» Cf. ci-dessus, p. 7, 1.

2» Perdiccas, veuf d'une Qéopàtre, parait avoir mené de front deux intrigues, dont Tune suggérée par Olympias, qui lui offrit sa fille Cléopâtre, veuve du roi molosse Alexandre, au moment où il demandait la main de Nicsea, fille d'Antipater. Il aurait donc épousé provisoirement Nicœa, au printemps de 322, en se réservant de la répudier lorsqu'il jugerait à propos de rompre avec Antipater. Les mariages jouent un grand rôle dans la diplomatie de l'époque.

LE CONVOI FUNÈBRE d'âLEXÂNDRE 19

Il avait été décidé à Babylone, lors des funérailles d'Alexandre, que le corps du roi serait transporté, pour y reposer définitivement, dans le temple de Zeus Âmmon, du dieu qui était officiellement le père du héros. Il eût été sans doute plus naturel, et plus conforme aux vœux des Macédoniens, de le déposer auprès de ses ancêtres dans les caveaux d'iEgaB, et peut-être s'était-on arrêté tout d'abord à ce parti *. Mais, comme la foi populaire attachait déjà à cette glorieuse dépouille la vertu d'un talisman ' et qu'aucun des généraux d'Alexandre ne voulait laisser à un collègue un tel gage de prospérité, il est probable que le conseil avait tourné la difficulté en reléguant le corps d'Alexandre, sous un pieux prétexte, dans l'oasis d' Ammon, en dehors du monde habité. Qui avait suggéré cette idée? On l'ignore; mais il se pourrait que ce fût celui qui fit tourner à son avantage ce bizarre projet '.

Le convoi funèbre devait être une procession triomphale. L'officier chargé d'organiser les préparatifs, Arrhidœos ou Arrhabœos, y avait employé près de deux ans; et, en eflFet, le fastueux catafalque roulant que décrit Diodore ^ avait dû occuper longtemps une légion d'artistes. Enfin, vers la fin de 322, le magnifique cortège partit de Babylone sous la conduite d'Arrhidasos, s'acheminant vers l'Egypte par la route de Damas. Ptolémée vint au devant du convoi jusqu'en Syrie avec son armée, y reçut le corps avec le plus grand

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