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Polyb., XV, 25 a

344 CHAP. ÏX. — PTOLÉMÉE V ÉPIPHÂNE

le fit mettre à mort, et Ton trouva que « de toutes ses injustices, celle-là était la plus juste * ». Malheureusement pour lui, il ne se contentait pas de frapper ses complices. L'habitude qu'il avait de braver l'opinion lui fit oublier toute prudence. Il n'était bruit que de ses orgies, de femmes mariées, de fiancées, de vierges, souillées par sa luxure, de Torgueil dont il était bouffi et qui rendait ses excès plus intolérables encore. Le peuple se taisait cependant, attendant un homme qui osât enfin parler et agir *. On élait prêt à acclamer n'importe quel sauveur. Les rhéteurs qui, plus tard, prenaient comme matière de discours Hannibal rappelé à Carthage, se demandant s'il devait obéir ou rester en Italie, ou « s'il n'irait pas plutôt en Egypte s'emparer d'Alexandrie * », se faisaient une idée assez juste de l'état des esprits exaspérés par l'insolente tyrannie d'un parvenu et d'un scélérat.

Un homme ainsi attendu arrive toujours. Ce fut, dans l'occurrence présente, le stratège Tlépolème. Ce personnage élait resté à l'écart, du vivant de Philopator. Il avait dû exercer quelque part un commandement militaire et encourir une disgrâce qui le fil rentrer dans la vie privée *. Il n'en fut que plus populaire après la mort du roi. Comme on s'attendait à être attaqué du côté de la Syrie, il devint l'homme nécessaire à la défense du pays, et sans doute Agathocle s'empressa de l'envoyer à Péluse surveiller la frontière, avec l'espoir qu'il s'occuperait plus de la Syrie que d'Alexandrie. Dangereux près de la cour, Tlépolème le fut encore à Péluse. Il faisait de l'opposition et travaillait à embaucher ses officiers. Il les invitait à sa table et portait

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