TLÉPOLÊME CONTRE AGATHOCLE 34S
en leur présence des toasts facétieux au « décorateur des banquettes, à la harpiste et à la tondeuse, ou encore, au mignon qui, au temps où tout jeunet il versait le vin au roi, se prêtait à tout après boire * ». Agathocle, informé de ces menées, essaya de prendre les devants. Il répandit le bruit que Tlépolème se préparait à trahir le roi et à livrer à Antiochos le gouvernement de TÉgypte ; mais l'inquiétude d' Agathocle ne fit qu'accroître la popularité de Theureux général. Le régent voulut s'assurer au moins, en cas d'émeute, l'obéissance de la garnison. Il fit appel au patriotisme des « Macédoniens »*, à leur dévouement pour l'enfant royal, qu'il leur montrait en pleurant. Cette scène d'attendrissement, jouée par Agathocle et Agathoclia, la prétendue « nourrice » du petit roi, manqua son effet : les comédiens furent sifilés. Agathocle reçut le même accueil des autres corps de troupes, qu'il avait soin de convoquer séparément. En outre, des provinces supérieures, où il avait relégué les mercenaires de l'ancienne garnison, revenaient « beaucoup de soldats, qui excitaient leurs amis et leurs parents à remédier aux malheurs de l'Egypte et à ne pas se laisser insulter davantage par des gens si indignes ». Enfin, Tlépolème était en mesure d'afl*amer la ville, ou du moins on le disait pour hâter le soulèvement qui se préparait ^
Agathocle le hâta lui-même par des mesures de rigueur. Il voulut sans doute avoir sous la main des otages et fit arrêter Danaé, la belle-mère de Tlépolème. Il dressait des