Liv., XXXII
4. Joseph., A, Jud., XII, 3, 3. Si Jérusalem avait soutenu un siège, Josèphe n'eût pas manqué de le dire, attendu qull fait valoir l'empressement avec lequel les Juifs accueillirent ensuite Antiochos. Comme on rencontre à Athribis une colonie juive fondée (?) sous ce règne (BCH., XI 11 [1889], p. 178 sqq.j , il se peut que les Égyptiens aient profité de Toccasion pour déporter un certain nombre de colons de cette race habituée à subir des saignées périodiques et qui ne s'en portait que mieux. Josèphe assure que^ l'année suivante^
BATAILLE DE PANION . 361
servi par les circonstances que par ses talents; car il est question d'un certain siège mené avec une nonchalance dont sa réputation eut à souffrir, et il n'arriva en Judée que en saison d'hiver ^ Il avait probablement essayé de prendre quelques villes de Phénicie, faciles à défendre contre un assiégeant dépourvu de flotte (199/8).
Les nouvelles de Cœlé-Syrie décidèrent Antiochos à repasser le Taurus et à marcher droit à l'ennemi (198). Il rencontra l'armée de Scopas à Panion, à l'endroit où le- Jourdain sort de la croupe méridionale de l'Ânti-Liban. La bataille fut sanglante. Le jeune Antiochos, l'aîné des fils du roi, se signala à la tète de la cavalerie cuirassée, et les éléphants qui précédaient la phalange firent dans l'armée égyptienne une trouée formidable '. Scopas débordé se réfugia avec les débris de son armée à Sidon, où un corps de dix mille hommes vint bientôt l'assiéger. Une armée de secours envoyée d'Egypte et commandée par les meilleurs chefs, Aéropos, Ménoclès, Damoxénos, ne put rompre le blocus. « Scopas, vaincu par la famine, se rendit, et on le laissa sortir sans armes {nudus) avec ses compagnons ' ». Polybe nous donne un aperçu des opérations qui se poursuivirent durant
Antiochos installa en Lydie et en Ptirygie deux mille familles juives tirées de Mésopotamie et de Babylonie, et que les Juifs lui furent reconnaissants de cette marque de confiance.
1. Ex<Jica«-xaTtTÇp<4*âT0 hf t<J x'^H'-^^vt t6 tûv 'Iou6aiu>v l6vo« (Polyb.,XVI, 39, 1 ap. Joseph., loc, et/.). Cet hiver est pour nous celui de 199/8. 11 est à peine besoin d'avertir que toute la chronologie, de 203 à 198, est sujette à caution. Niese (II, p. 578 sqq.) la bouleverse en avançant de deux aos la campagne de Scopas en Cœlé-Syrie (hiver 201/200) et la bataille de Panion (200). il récuse les témoignages précis de Tite-Live (XXXllI, 19) et d'Eusèbe, lequel met la bataille de Panion en 197/6, parce que — au dire de Josèphe, qui n*a pu se tromper — Polybe racontait ces faits dans son XVl® livre, lequel ne pouvait absolument pas dépasser Tannée 201/0 (?). L'argument est faible. Niese est obligé quand même de concéder qu'il put y avoir un reliquat de guerre traînant jusqu'en 198» car il ne conteste pas que Scopas — Scopas vaincu, selon lui — ait fait des recrues en Étoile en 199. D'autre part, la tradition courante laissait un intervalle difficile à expliquer entre l'invasion de Scopas (200) et la revanche d'Antiochos à Panion (198).