Polyb., XIII, 2. XVllI, 38 (35 Dindorf
3. C*est à ce moment que Ton peut placer une manifestation de loyalisme de la part d'officiers de la garde, Vkdpyai xai •f.Yeji.dve; tûv -iwpl t^v «0^-^,7 liriXixTwv IxaxîjJLwv, envers le roi Ptolémée Épiphane (Botti, Bull, de la Soc, archéol. d'Alexandrie, IV [1902], p. 94. Strack, in Archiv f. Papf., II, 4 [19031, p. 548). Ces jxdéxiiioi choisis ont été introduits dans la garde royale, comme plus tard, à Home, les légionnaires dans la garde prétorienne.
AMBASSADE É6TPTIEMNE A ROME 3S9
à Rome « annoncer que les Athéniens avaient demandé au roi du secours contre Philippe. Bien que ceux-ci fussent des alliés communs, le roi n'enverrait ni flotte, ni armée pour défendre ou attaquer qui que ce soit en Grèce sans Tagrément du peuple romain. Ou bien il resterait tranquille en son royaume, s'il plaisait au peuple romain de défendre lui-même ses alliés, ou bien il laisserait les Romains en repos, s'ils le préféraient, et enverrait alors des secours qui protégeraient aisément Athènes contre Philippe * ». Quand on songe que rÉgypte n'avait alors ni flotte, ni armée, ce message a bien l'air d'une fanfaronnade de Scopas, retouchée par la plume diplomatique d'Aristomène. Sous l'obséquiosité apparente des termes, on sent la prétention de traiter d'égal k égal et de ne pas être confondu avec les faibles qui ont besoin de protection. Le Sénat répondit, sur le même ton aimable, qu'il se chargeait de protéger ses alliés, et fit des cadeaux aux ambassadeurs.
Pendant que « le roi Ptolémée » prenait ces airs avantageux, Scopas s'occupait activement de réunir des forces suffisantes pour frapper le coup qu'il méditait. Nous ne savons pas s'il s'était réellement acquitté de la mission dont l'avait chargé trois ans auparavant Agathocle. Il était, au dire de Polybe, d'une avarice insatiable, « ne respirant que pour l'or », et, par conséquent fort capable de s'être approprié les sommes destinées au recrutement des mercenaires, quand il vit qu' Agathocle n'était plus là pour lui demander des comptes. Cette fois, il avait intérêt à prendre sa tâche au sérieux. « Envoyé d'Alexandrie par le roi Ptolémée avec une grosse masse d'or », il alla dans son pays, en Étoile,
1. Liv., XXXI, 9. On a supposé que les Alexandrins faisaient cette offre sérieusement, pour éviter l'ingérence romaine (Mommsen) ; ou, au contraire, cfu'ils voulaient faire marcher les Romains à leur place (Bandelin) ; ou que cette « very submissive embassy » était une façon indirecte de demander du secours à Rome contre Antiochos (Mahaffy). Niese (II, p. 580) nie le fait et s'en prend à T. Live, qui aurait falsifié et remanié à son gré les informations puisées dans Polybe. Je ne puis me ranger k aucun de ces avis.
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(< d'où il ramena en Egypte six mille fantassins et cinq cents* cavaliers engagés comme mercenaires ». Il eût fait le vide dans la contrée, si le stratège Damocritos n'eût retenu de force une partie des jeunes gens alléchés par la prime \ Ses préparatifs prirent du temps, probablement toute Tannée 200. Mais ce retard même lui avait été favorable. Antiochos, présomptueux et imprévoyant comme toujours, croyait sa conquête assurée; il ne songeait plus qu'à en faire d'autres en Asie-Mineure. Il suivait en spectateur impatient, perplexe et hanté d'arrière-pensées, les hostilités engagées entre Philippe d'une part, les Romains, Attale, les Rhodiens, les Byzantins et même les Athéniens S d'autre part. Attale, guerroyant en Grèce, avait laissé son royaume dégarni de troupes. La tentation était forte pour Antiochos, qui trouvait là une occasion lucrative d'aider son allié sans le secourir. Pendant qu'il se saisissait d'une proie que les Romains devaient bientôt lui faire lâcher ^ Scopas lui enlevait la Gœlé-Syrie. Habituées à changer de maître, les villes syriennes se résignaient aisément à subir la loi du plus fort. Les Juifs eux-mêmes, qui vantèrent par la suite leur iidélité à Antiochos, ne paraissent pas avoir opposé de résistance sérieuse à Scopas. Jérusalem reçut une garnison égyptienne ^. Cependant le général égyptien avait été mieux
1. Liv., XXXI, 44. T. Live {magno cum pondère aitri) reproduit Texpression de Polybe ('jcX4\0o< xP^^^^^) P&rlant de la première mission de Scopas (XV* 25 dj 11 : ci-dessus, p. 343) : mais la date (200/199) est ici assurée par la stratégie de Damocritos de Calydon (Cf. Haussouliier in BCH., V [1881]» p. 409. M. Dubois, Les Ligues étolienne et achéenne [Paris, 1S84], p. 199), qui commence à Téquinoxe d'automne (Polyb., IV^ 37, 2) de Tan 200. Damocritos intervient à la fin de la campagne de recrutement.