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Tome I

34 CHAP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGYPTE

ses ennemis et les battit à Crétopolis. Attale et d'autres chefs tombèrent entre ses mains : leur armée fut incorporée à celle des vainqueurs. Alcétas, traqué dans Termesse, se donna la mort : Antigène ne put insulter que son cadavre. C'est en retournant vers la Phrygie qu'il apprit la mort d'Antipater *.

Ptolémée sods Polyperchon (319-311)

La mort d'un vieillard de soixante-dix-huit ans n'était pas un événement tout à fait imprévu, et l'ambitieux Antigène en avait sans doute escompté le bénéfice. Mais Antipater avait en mourant transmis sa charge de régent ou vicaire général de Tempire à son vieux compagnon d'armes, Polyperchon de Tymphaea*. Il avait cru servir ainsi Tintérêt de l'empire et ménager les chances ultérieures de son fils Cassandre, qui, aussi impopulaire en Macédoine que Polyperchon y était estimé, pourrait peut-être, en se tenant provisoirement au second rang comme « chiliarque » ou connétable, se rendre digne de monter au premier. Il se faisait illusion sur le compte de Cassandre et connaissait mal Antigène. Cassandre était las des rôles subalternes. Déjh, à Triparadisosy il avait été adjoint, avec le titre de chiliarque, à Antigène, qui, lui, n'aimait pas à avoir de lieutenant, et surtout d'espion, à ses côtés. Dès les premières étapes, l'impérieux « stratège autocrate » avait fait comprendre à son chiliarque qu'il ne tolérerait pas d'ingérence intempestive.

i. Diod., XVIII, 44-47. Droysen place la mort d'Antipater au commencement de 3t9 : De Sanctis (in Studi di sloria anlica de Beloch, II [1893], p. 8, 1), avec plus de vraisemblance, vers le milieu de Tannée.

2. L'orthographe lloXuitlpyuv, attestée par les inscriptions {CIA.y II, 2, n® 723, et le décret en l'honneur de Thersippos) et suivie par tous les historiens latins, est décidément préférable à la leçon no).u9i:ipxuv, qui domine dans les manuscrits grecs. Cf. Niese, T, p. 234, 1.

INTRIGUES DE CâSSâNDBE 35

Gassandrc avait récriminé auprès de son père, par lettres d'abord ; puis, n'y tenant plus, il avait quitté l'armée pour aller rejoindre Antipater, alors dans la Phrygie d'Hellespont, et il avait fallu qu'Ântigone vint se justifier des accusations portées contre lui par Cassandre. Antipater avait apaisé de son mieux ces dissentiments et laissé Cassandre en Asie, avec un corps de cavalerie indépendant de l'armée d' Antigène (321-320) '. Enfin, nous ne savons au juste à quel moment, il Tavait rappelé auprès de lui en Macédoine et l'avait associé au gouvernement *. En se substituant Polyperchon, un vieux brave novice en politique, Antipater avait évidemment voulu ménager les transitions et donner à son fils l'occasion de gouverner sous la responsabilité d'un chef nominal, qui couvrirait de sa bonne humeur, sympathique aux masses populaires, l'autorité du véritable régent. Mais Polyperchon, entouré de conseillers qui ne se souciaient pas d'obéir à Cassandre, se montra disposé à prendre son titre au sérieux. Le chiliarque bouda, s'enfeima chez lui, et, mal surveillé sans doute, se prépara à la lutte en ourdissant un vaste réseau d'intrigues. Son ami Nicanor de Slagire, avant même que la mort d' Antipater ne fût connue en Grèce, était allé remplacer Ményllos comme gouverneur d'Athènes et commandant de la garnison. Dans les autres villes, ses émissaires prenaient des arrangements avec le parti oligarchique. D'autres affidés allaient sonder les dispositions des satrapes d'Asie, leur représentant que Polyperchon ne manquerait pas de s'allier avec Eumène et les partisans de Perdiccas pour les maintenir dans la dépendance du gouvernement central.

Un de ses messagers vint trouver Ptolémée '. Cassandre voulait renouer avec son beau-frère le satrape d'Egypte leurs anciennes relations d'amitié ; il l'engageait à le secon-

!. Arrian. ap. Phot., p. 72.

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