Cf. ci-dessus, p
42 CHAP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGYPTE
rivale qu'elle avait elle-même amenée de Macédoine et qui devait un jour la supplanter. C'est ainsi, comme par une porte dérobée, qu'entra en tiers dans le ménage du satrape cette Bérénice qui devait être la mère de la dynastie des Lagides. Les poètes de cour vanteront plus tard sa beauté, le grand et iidèle amour qui unit les époux, sans épai^ner les allusions fâcheuses au caractère d'Eurydice, pour laquelle ces courtisans du succès se sont montrés sans pitié ^ Que la favorite ait été aimée pour elle-même, on en peut d'autant moins douter que l'histoire hésite à prendre au sérieux sa généalogie officielle, celle qui fait d'elle une sœur consanguine de Ptolémée *. Môme du côté maternel, sa filiation n'est pas à l'abri du soupçon. S'il est vrai qu'elle avait épousé en premières noces un « homme du peuple », on peut s'étonner qu'une nièce d'Antipater ait été si modestement pourvue. Ce qui est certain, c'est que Bérénice était déjà veuve et que les enfants issus de son premier mariage furent comme adoptés par Ptolémée \
Le moment allait venir cependant où il lui faudrait prendre parti dans les querelles dont il était resté jusque-là simple spectateur. Vers le mois de juillet 316, il vit tout à coup arriver à Alexandrie, accompagné de quelques cavaliers, le satrape de Babylone, Séleucos, investi à Triparadisos et présentement dépossédé par Antigone *. Eumène, après