‹ Histoire des LagidesChapitre 35 sur 258 · Cf. Theocr., XVII, 34-52 (ci-après, p · texte numérisé non relu

Cf. Theocr., XVII, 34-52 (ci-après, p

2. Bérénice fille d*Antigone, celle-ci fille elle-même d'un Cassandre frère d'Antipater (Schol. Theocr., XVII, 61, et non pas fils d'Antipater, comme le voulait Letronne, réfuté par Droysen, III, p. 258 en note), laquelle aurait épousé Lagos. Cette généalogie a dû être fabriquée pour faire remonter au fondateur de la dynastie la coutume, pratiquée depuis Philadelphe, des mariages entre frère et sœur.

3. Elle avait eu d'un certain Philippe ((ï^Xwç 6à df-^worou xal ivô; toû 6/,jxou. Paus., I, 7, 1, que Droysen [III, p. 392, 1] prétend reconnaître dans Arrien [I, 14, 2]) un fils, Magas, qui fut vice-roi de Cyrène, et au moins deux filles, Antigone, que Ptolémée maria avec le roi Pyrrhos, et Théoxéna, qui épousa Agathocle de Syracuse. Arsinoé II, née de Bérénice et de Ptolémée, ayant épousé Lysimaque entre 300 et 298, doit être née au plus tard en 316.

4. Libanius ('AvTioxixd;, I, p. 298 Reiske) dit que Séleucos aurait été assas-

SÉLEUCOS EXPULSÉ PAR ANTÏGONE 43

avoir fait des prodiges d'habileté et de valeur, après avoir battu et lassé son ennemi, avait été livré par ses officiers à Antigone. Le vieux Borgne, exaspéré par ses défaites et étranger à tout sentiment généreux, avait mis sous les verrous et fait ou laissé étrangler cet odieux rival. Puis, se sentant enfin le maître, il avait exigé Thommage des satrapes de la Haute-Asie, expulsé ou mis à mort — témoin Texécution de Pithon, satrape de Médie — ceux qui paraissaient seulement hésiter à le reconnaître pour Tunique et omnipotent stratège de l'Asie. Maintenant, il revenait vers l'Occident, traînant avec lui tout ce qu'il avait pu trouver encore de richesses dans les résidences royales d'Ecbatane, de Suse, de Persépolis, de Babylone, et il fallait s'attendre à le voir arriver d'un moment à l'autre, on devinait avec quels desseins, sur le littoral de l' Asie-Mineure *.

L'imminence du danger et les sollicitations de Séleucos décidèrent Ptolémée non pas à armer, mais à négocier. La diplomatie pourrait peut-être prévenir un conflit sanglant, et le moyen le plus sûr d'arrêter Antigone était de le mettre en présence d'une coalition toute prête à lui tenir tôle. Une entente s'établit entre tous ceux que menaçait son ambition, Ptolémée, Séleucos, Cassandre, Lysimaque et le satrape de Carie, Asandros, qui avait naguère aidé Antigone contre Alcétas et Attale ^ Les négociateurs durent se croiser avec ceux qu'Antigone, installé en Cilicie pour y prendre ses

sine par Antigone, si Démétrios ne Tavait prévenu silencieusement en traçant un avis sur le sol avec le bout de sa lance. Antigone s'entendait à supprimer qui le gênait.

1. D'après Diodore (XIX, 56), il avait extorqué en Orient 25.000 talents. Avec les 10.000 qu'il prit au Trésor de Cyinda et 12.000 levés sur ses domaines, il disposait de la somme énorme de 47.000 talents (environ 280 millions de francs).

2. Les auteurs ont souvent confondu KivovSpo^ et *A9(xv8(3o; [Cassander- Asander). Ici, la correction 'A^dwSpw pour KaffovSpw dans le texte de Diodore (XIX, 57-60) me parait aussi nécessaire qu'à Wesseling, Droysen et Kaerst. Cassandre ô 'Avririrpou figurait certainement parmi les coalisés (App., 5yr., 53) ; mais c'est la Macédoine et la Grèce qu'il voulait, et il n'avait que faire de la Lycie et de la Cappadoce (cf., contre, Niese, I, p. 274, 3. 275, 2).

44 CHAP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGYPTB

quartiers d'hiver (316/5), dépêchait do son côté à ses collègues d'Occident, avec mission de prévenir une rupture, ou plutôt d'en rejeter la responsabilité sur les coalisés.

Antigone savait sans doute à quoi s'en tenir, et il ne fut pas autrement surpris quand, au printemps de 31S, au moment où il mobilisait son armée avec l'intention de se saisir tout d'abord de la Syrie, il reçut à son quartier général l'ultimatum des alliés. Ceux-ci réclamaient la Syrie entière pour Ptolémée, la Phrygie d'Hellospont pour Lysimaque, la Babylonie pour Séleucos, la Lycie et la Cappadoce pour Asandros, et probablement la Macédoine pour Cassandre ; pour tous, un partage équitable de l'argent dont Antigone s'était emparé à titre de butin fait sur Eumène, leur ennemi commun. En retour, les alliés reconnaîtraient Antigone pour stratège des satrapies de la Haute-Asie et le laisseraient paisible possesseur de ce vaste domaine, qui égalait presque en étendue l'ancien empire des Perses. Si ces conditions étaient rejetées, c'était la guerre. Antigone répondit brusquement qu'il y était préparé et rompit les pourparlers.

Comprenant qu'il allait être assailli de divers côtés et que, contre tant d'adversaires, il lui fallait aussi sur divers points des alliés capables d'opérer des diversions opportunes, il envoya Agésilas à Cypre, Idoménée et Moschion à Rhodes, Aristodème dans le Péloponnèse avec une somme suffisante pour y lever une armée et tenir Cassandre en échec avec l'aide de Polyperchon. Puis, pendant que son neveu Polémée *, avec un corps d'armée considérable, remontait au nord dans la direction de la Cappadoce, il envahit en personne la Syrie. Ptolémée, qui se savait particulièrement visé par les projets d' Antigone, paraît cependant n'avoir

1. Ce personnage était fils d'un Démétrios et neveu d*Antigone. Dittenberger, d'après les inscriptions (cf. Syll,, 133), l'appelle Polémée, orthographe singulière, plus rare et moins vraisemblable que les fautes d'orthographe chez les lapicides. Nous adopterons cette variante, qui a l'avantage de distinguer le Ptolémée en question des trop nombreux homonymes de l'époque.

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