‹ Histoire des LagidesChapitre 36 sur 258 · COALITION CONTRE ANTIGONE · texte numérisé non relu

COALITION CONTRE ANTIGONE

fait aucun effort pour défendre celte province. Il crut sans doute plus prudent de revenir à la tactique qui lui avait réussi trois ans plus tôt et d'attendre que, comme Eumëne en 318, Antigone fût obligé d'abandonner la Syrie pour défendre sur un autre point son empire menacé. Dès le début des hostilités, il avait retiré des ports phéniciens et mis en croisière le long des côtes une flotte de cent voiles, commandée par Séieucos, qui devait empêcher Antigone de rassembler des vaisseaux et couper ses communications avec la Grèce. Il avait aussi débarqué trois mille hommes à Cypre, pour aider ses alliés, notamment Nicocréon de Salamine, contre les autres dynastes, ceux de Kition (Gitium), d'Amathonte, de Lapéthos, de Marion et de Kéiynia, enrôlés dans le parti d' Antigone ^ Enfin, apprenant qu' Antigone avait adressé aux villes grecques, pour les soulever contre Cassandre, un décret qui renouvelait et confirmait Téditd'afiTranchissement rendu en 319 par Polyperchon, Ptolémée écrivit de son côté « pour faire savoir aux Hellènes qu'il était aussi partisan de leur autonomie qu' Antigone * ». Athènes, alors gouvernée d'une main à la fois douce et ferme pour le compte de Cassandre, mit ce qui lui restait de navires au service de la coalition. Les Athéniens n'auraient sans doute pas pu refuser leur concours, et, au surplus, ils étaient peut-être flattés de compter encore pour quelque chose dans les combinaisons politiques.

Ptolémée, lui, se fiait trop aux combinaisons présentes et aux opportunités futures. Pendant qu'il ménageait ses efforts, Antigone déployait une activité fébrile. A l'exemple d'Eumène, il se fit construire, sous les yeux des croiseurs égypticnSy la flotte qui lui manquait. On travaillait à la fois dans les chantiers de Tripolis, de Byblos, de Sidon, de Cilicie et

4. Droysen (II, p. 313, 2) compte à Cypre neuf villes : celles du parU de Ptolémée étaient Soles, Salamine, Paphos et Chytri.

2. Diod., XIX, 61-62. Antigone avait joint à son édit la condamnation de Cassandre, votée par son armée.

46 CHAP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGYPTE

de Rhodes. Séleucos ne put empêcher ni la prise de Joppé et de Gaza, emportées d*assaut par Antigonc en personne *, ni le blocus de Tyr, la seule ville de Phénicie qui eût fermé ses portes à Antigone. Il ne réussit pas non plus à saisir au passage les vaisseaux que Thémison d'abord, Dioscoride ensuite, amenèrent de Rhodes et de rHellespont% et sa présence sur les côtes de Lydie, devant Érythrae, qu'il bloqua au cours de l'été de 315, ne paraît pas avoir sérieusement inquiété Antigone. Celui-ci l'en fit déloger par son neveu Polémée, alors maître des rivages du Pont et de l'Hellespont. Le Lagide sentit enfin qu'il n'y avait plus à tergiverser. Il réunit à Cypre une flotte nombreuse, montée par dix mille hommes d'infanterie, que vint rallier l'escadre de Séleucos, rappelée d'Érythrœ, et très probablement le contingent athénien ^ La plus grande partie de ces forces fut conduite par l'Athénien Myrmidon en Carie, où Asandros allait être assailli par le stratège Polémée : une escadre de cinquante-trois navires, sous le commandement de Polyclitos, cingla vers le Péloponnèse, pour opérer avec Cassandre contre Polyperchon, qui, en fait, se trouvait être maintenant l'allié d' Antigone. Quant à Séleucos, qui s'était montré médiocre amiral, il resta à Cypre avec Ménélaos, frère du Lagide, pour intimider les dynastes du parti d' Antigone et empêcher les défections dans le parti égyptien. Les roitelets de Kérynia, Lapéthos, Amathonte, furent contraints de se soumettre, et celui de Kition, après une plus longue résistance, dut en faire autant *. Ptolémée ne crut pas pouvoir

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