Tome I
66 CHAP. IL — PTOLÉHÉE SATRAPE d'ÉGYPTE
Mégare *, négocié avec Gratésipolis la reddition de Corinlhe et de Sicyone *, lancé un appel aux Hellènes et convoqué aux Jeux Isthmiques ' une Diète qui probablement repoussa ses demandes de vivres et d'argent *, il apprit qu'Ophellas avait péri aux environs de Carthage, par la trahison de son allié Agathocle ^ C'était, pour reprendre Cyrène, une occasion qu'il ne fallait pas laisser échapper. Aussi, laissant là son rôle de libérateur, qui aurait fini par le brouiller avec Cassandre, il s'empressa de conclure un traité avec ce même Cassandre et de reprendre le chemin d'Alexandrie. Il gardait provisoirement Corinthe et Sicyone, confiées au stratège Cléonidas •, et ne renonçait pas à je ne sais quelles obscures intrigues dans lesquelles entrait jusqu'à un mariage projeté entre lui, Ptolémée, et Cléopâtre sœur d'Alexandre le Grand. La main de cette princesse avait été briguée, parait-il, par Perdiccas, par Cassandre, Lysimaque, Antigone; et Ptolémée s'était mis sur les rangs, <c car chacun d'eux espérait, par cette alliance avec la maison royale, attirer de son côté les Macédoniens et s'approprier le gouvernement général ' ». Ce qui tendrait à prouver qu'une pareille alliance n'eût pas été sans conséquences politiques, c'est qu' Antigone, mis au courant du projet de mariage, empêcha la vieille princesse de quitter Sardes et ne put se laver du soupçon de l'avoir fait assassiner (308).
Rentré en Egypte, Ptolémée se hâta d'envoyer en Cyré-
1. Diog. Laert., II, 115. Ptolémée a pu entrer à Mégare comme allié de Cassandre. Il n'est pas nécessaire de supposer, avec Droysen, que la ville fut prise et rendue plus tard à Cassandre. Elle faisait pour ainsi dire partie de TAttique, où Ptolémée ne cherchait pas à s'introduire.