‹ Histoire des LagidesChapitre 58 sur 258 · Diod., XX · texte numérisé non relu

Diod., XX

4. Pausan., I, 8, 6. Il y a sur ce point un débat qui a commencé dès l'antiquité et qui menace de s'éterniser. Arrien (Vï, 1 1, 8) réfute ceux qui faisaient de Ptolémée le awrfjp d'Alexandre. Malgré la défiance qu'inspire Pausanias, son assertion a été généralement acceptée (Droysen, von Gutschraid, Niese, etc.) : mais on a allégué contre elle deux arguments. Le premier, mis en avant par E. Revillout {Rev, ÉgyploL, I, p. 45 sqq.), confirmé par Stuart

DÉMÉTRIOS CONTRE CÂSSÂNDRE 79

Malgré les difficultés imprévues du siège, Anligone et Démétrios, pour qui une retraite équivalait presque à une défaite, n'auraient pas lâché prise si Fétat de la Grèce, foulée et dévastée par Cassandre et Polyperchon, n'avait réclamé un prompt secours. Acclamé en 307 comme sauveur d'Athènes et libérateur de la Grèce, Démétrios ne pouvait pas laisser détruire son œuvre inachevée. Depuis son départ précipité pour Cypre, les Athéniens étaient constamment en butte aux attaques de Cassandre, qui, établi en Béotie, en Eubée, maintenant maître de Phylé, de Panacton, peut-être de Salamine, les cernait de toutes parts *. Sans doute, ils avaient été aidés par les Étoliens, irréconciliables ennemis de Cassandre, et Antigone leur avait envoyé quelques subsides; mais ils devaient infailliblement succomber, s'ils

Poole [Br. Mus, Catal., Piolemies, p. xxv), c'est que la légende IITOAEMAIor £0THP0£ ne s'est rencontrée jusqu'ici que sur des monnaies ancestrales, phéniciennes ou cypriotes, et seulement à partir de Tau xxv de Philadelphe (261/0 a. Chr.). Le second argument, c'est qu'un titre officiel n'a pas pu être conféré par l'étranger. U faut donc que Ptolémée l'ait pris ou reçu en Egypte, soit, dés 323, pour avoir débarrassé le pays de Cléomène (Fr&nkel), soit pour avoir repoussé l'invasion de Perdiccas ou celle d' Antigone, ou encore, à l'occasion du siège de Rhodes, * mais comme sobri€[uet alexandrin (Mahaffy). L'inscription de Nicourgia (ci-dessus, p. 64, 2) fait remonter le titre de £<>>Ty^, avec cuite ladOco;, bien au-delà de 261 : elle prouve aussi qu'il a été décerné hors d'Egypte, en pays grec, et il n'y a rien d'étonnant à ce que ce titre soit devenu officiel — avec l'addition de 6t(Jç — quand il s'agit de distinguer Ptolémée l*^ de son successeur. On reviendra sur la question à propos du culte monarchique en Egypte.

1. R. Schubert (Der vierjâhrige Krieg, in Hermès, X [1876], p. 111-116) et Fr. I^dek (Ueber die Echiheit zweier Urkunden in Ps.-Plutarchs pioi in Wiener Studien, XIII [1891], p. 62-128), ont repris et justifié Topinion de Clinton, Westermann, Grauert, etc., et reconnu dans la lutte contre Cassandre, de 305 à 302, le «TpaE-rt;; itdXejioç de Plutarque [Vit, X Orat,), que Droysen place en 298-295 et transforme en une guerre faite aux Athéniens (ou à leur tyran Lacharès) non plus par Cassandre, mais par Démétrios. Il y a pour ainsi dire unanimité (Unger, Wilamowitz, Niese, Kaerst, Swoboda, etc.), en faveur de l'opinion répudiée par Droysen. De Sanctis {Studi di sloria antica^ II [1893], p. 50 sqq.) entend par TexpatT^; ic6Xc{jloc une guerre faite par Démétrios roi de Macédoine, de 291 à 289, contre les Béotiens, les Étoliens et Pyrrhos. C'est la plus étrange des conjectures qui aient été émises jusqu'ici. Le patriote athénien Démocharès a pris sa revanche sur Démétrios de Phalère et le Poliorcète en écrivant ses Histoires (FHG., H, p. 445-449).

80 CHAP. III. — PTOLÉMÉE I*"" SOTER ROI d'ÉGYPTE

n'étaient secourus à temps. Aussi, à peine libre, vers la fin de Fautomne 304, Démétrios abordait à Aulis avec 330 navires et des forces proportionnées, chassait Gassandre de FHellade et venait jouir de ses faciles triomphes à Athènes, en attendant que le retour du printemps lui permît de procéder à la libération du Péloponnèse.

Ptolémée n'avait pas là d'intérêt vital à défendre. Il avait cédé, paraît-il, Corinthe à Gassandre, et la garnison qu'il avait laissée à Sicyone se contenta de faire une défense honorable, terminée par un accommodement qui permit à son chef Philippe de la ramener en Egypte *. Tout le Péloponnèse fut arraché, morceau par morceau, à la domination de Gassandre et de Polyperchon (303). Alors» Démétrios proclama une fois de plus la liberté de tous les Hellènes, groupés en une Ligue dont il fut naturellement élu généralissime, et annonça pour Tannée suivante une guerre à outrance contre Gassandre, sur qui il allait venger les injures des Hellènes.

Ge n'étaient pas là de vaines menaces. Démétrios allait avoir une armée formidable et un nouvel allié, le roi d'Épire, dont il venait d'épouser la sœur '• Gassandre éperdu chercha à négocier avec Antigone. « Gelui-ci répondit qu'il ne connaissait qu'un seul accommodement possible, à savoir que Gassandre se remît à sa discrétion'. » Antigone ne pratiquait la franchise que sous forme d'insolence. Il oubliait que si Gassandre, réduit à ses propres forces, était hors d'état de lui résister, il pouvait arriver aussi que le roi de Macédoine trouvât des alliés parmi ceux que menaçait également, après lui et derrière lui, l'ambition d'Antigone. En effet, Gassandre n'eut pas de peine à faire comprendre à Lysimaque que la

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