Tome I. A
82 CHAP. m. — PTOLÉMÉE l" 80TER ROI d'ÉGYPTE
à cette poursuite acharnée jusqu'au moment où Tarrivée de Séleucos vint le dégager. Celui-ci^ accouru du fond de rOrient avec une belle armée et 480 éléphants de guerre, prit ses quartiers d'hiver en Cappadoce *. Il était temps pour Lysimaque; car ses soldats, harassés et mal payés, commençaient à déserter pour s'enrôler dans le camp ennemi, et les renforts expédiés par Gassandre n'étaient arrivés à Héraclée qu'à l'état de débris *. Maintenant, les coalisés pouvaient concentrer leurs forces : Antigone se vit contraint de reculer. Au printemps de 301, les armées réunies de Séleucos et Lysimaque, comptant ensemble plus de 80,000 hommes, s'avancèrent au centre de la Phrygie, en mesure de faire front au sud ou au nord, suivant les événements.
Nous ignorons par quelles voies les belligérants vinrent masser leurs troupes sur le champ de bataille d'Ipsos, où se trouvait au juste le lieu ainsi dénommé ', et à quelle date précise eut lieu la rencontre. Nous savons seulement que le choc fut formidable. La bataille dlpsos (été 301) trancha net la plus pressante des questions remises au sort des armes. Antigone, qui ne voulait plus d'égaux, resta sur le champ de bataille, enseveli dans sa défaite, et son fils Démétrios s'enfuit à toute bride jusqu'à Éphèse *• Avec la flotte qui lui restait et Cypre pour quartier général, Démétrios pouvait encore devenir un corsaire redoutable ; mais ce n'était plus un roi, même pour les Athéniens, qui fermèrent leurs portes au dieu tombé \
1. Diod., XX, 113. Ici finit le livre XX de Diodore, après lequel nous n'avons plus que des fragments.