Diod., XX
3. Ipsos était certainement en Phrygie, probablement non loin de Synnada (cf. Droysen, II, p. 508, 1). Démétrios, qui avait hiverné à portée du Bosphore et du Pont-Euiin, était venu rejoindre son père.
4. Plut., Demetr,, 29. Antigone périt dans la Si^ année de son âge (Lucian., Macrob.^ 11). Pyrrhos, roi détrôné d'Ëpire, avait « combattu aux côtés de Démétrios » (Plut., Pyn*h., 4).
5. C'est probablement en allant d'Éphèse à Athènes qu'il fit escale à Délos, où une inscription signale la présence du Roi (6 paaiXeuc), c'est-à-dire de Démétrios, maître encore des Cyclades (Cf. Homolle, Archives, p. 67, 1).
ptolémée apbès la bataille i^'lpsos 83
Ptolémée et la question de la Cœlé-Syrie (301-286).
Après la victoire, le butin. Pour n'avoir pas été à la peine, Ptolémée perdit le profit, auquel il tenait plus qu'à l'honneur. Le partage des dépouilles se fit sans lui. On ne lui rendit ni Cypre, ni la Phénicie ; et la Cœlé-Syrîe elle-même, y compris les villes dans lesquelles il avait laissé des garnisons, fut dévolue à Séleucos '. Il protesta sans nul doute et fit valoir un traité antérieur, que la diplomatie égyptienne invoqua toujours depuis *, une convention qui, le jour où il était entré dans la coalition, lui avait assuré le recouvrement de la Phénicie et de la Cœlé-Syrie. Les vainqueurs durent répliquer que l'on avait entendu payer de ce prix non pas son accession nominale à l'alliance, mais les services qu'il s'était engagé à rendre et qu'il n'avait pas rendus. Diadore nous a conservé un écho de ces pourparlers, menés sur le ton aigre-doux. « Séleucos », dit-il, <c après le partage du royaume d'Antigone, se rendit en Phénicie avec son armée et essaya, d'après les arrangements pris, de se mettre en possession de la Cœlé-Syrie. Mais Ptolémée avait occupé d'avance les villes de la région et se plaignait de ce que Séleucos, un ami, eût la prétention de comprendre dans son lot un pays appartenant à Ptolémée, et de plus, que, malgré sa coopération dans la guerre contre Antigone, les rois ner lui eussent rien donné du pays conquis. A ces récriminations Séleucos répliqua qu'il était juste que les combattants
1. Les rois vainqueurs htoivov 2î«Xti5i:ou t^v 6Xt,v ïupiotv ûicipxtiv (Polyb., V, 67, 8). Ce n'est pas un traité, mais une dérogation au traité; c'est un « jugement » et presque une condamnation. Plus tard, en 170, Antiochus IV Épiphane invoque expressément xà ouyxwRT'il^af* f* T'^djuv* £tX<;Sxc)> 5ià twv âr^b lIaxt8ov((XÇ ^aiXJtov picxà t6v 'Avxtyovoy ôdtvatov (Polyb., XXVIII, 17). «
2. Cf. Polyb., V, 67, 10. XXVIII, 17. Diod., XXX, 2. Au fond, la thèse égyptienne reposait moins sur ce traité hypothétique que sur le droit de conquête, les Égyptiens prétendant que toute atteinte au droit antérieur était une usurpation. . .
84 CHAP. III. — PTOLÉMÉE l" 80TER ROI d'ÉGYPTE
victorieux restassent maîtres du pays conquis; que, en ce qui concernait la Cœlé-Syrie, il n'insisterait pas pour le moment, en considération d*amitié, mais que par la suite il verrait comment il en faut user avec des amis trop ambitieux ^ » Nous ne savons pas très bien à quel moment les deux rois échangeaient ces notes diplomatiques. L'histoire des combinaisons instables provoquées par les conséquences de la bataille d'Ipsos est irrémédiablement embrouillée. Les provinces du littoral étaient des agrégats de cités plus ou moins autonomes, qui ne passaient pas en bloc d'un maître à l'autre. Séleucos ne rencontra probablement pas de résistance en Syrie^ où il se hâta de détruire Antigonia pour fonder Antioche * ; mais il semble bien que les principales villes de la Phénicie restèrent au pouvoir de Démétrios, maître encore de la mer, ou, sous prétexte de fidélité à sa cause, essayèrent de se rendre indépendantes. Séleucos avait de bonnes raisons pour ne pas pousser à une rupture avec Ptolémée et pour le laisser provisoirement en possession de ce qu'il tenait, c'est-à-dire d'une partie de la Phénicie et de la Palestine '. Il se réservait de régler le différend plus tard.
1. Diod., XXI, 1, 5 (Exe. Vatic, p. 42). Je ne parviens pas à saisir pour quelles raisons Stark [Gaza, p. 361-362) transporte ce dialogue au moment des négociations amorcées par Séleucos entre Démétrios et Ptolémée (ci-après), et veut que « Tami trop ambitieux » soit Démétrios.
2. Strab., XVI, p. 750. Appian., Syr.^ 57. Antioche fut fondée en 300, sous le nom du père de Séleucos et peuplée avec les habitants d'Antigonia. Cf. K. 0. MQller, Antiquitates Anliochenae . Gotting., 1839.
3. Tout cela est hypothétique. On retrouve plus tard le Poliorcète en possession des villes phéniciennes et détruisant Samarie (en 296/5, d'après Eusèbe). Avait-il gardé ou repris le littoral phénicien, pendant que le Lagide reprenait la Judée? Droysen (II, p. 547, 1) tient pour avéré que la Palestine, restée aux mains de Démétrios jusque vers 295, tomba alors au pouvoir de Séleucos. Niese (II, p. 125) établit comme suit le partage qui finit par être consenti entre les prétendants. La CkBlé-Ssnrie proprement dite, entre le Liban et l'Anti-Liban, avec Damas et le Haut-Jourdain, à Séleucos, ainsi que la Phénicie jusqu'à Aké ou Ascalon : Samarie et Jérusalem à Ptolémée. On n'est guère mieux renseigné sur les parts faites à Lysimaque et à Cassandre. Plutarque (Demetr,, 31) assure que la Cilicie fut donnée à Plistarchos, frère de Cassandre.