Appian., Syr
2. Plutarque, qui traite la chronologie en moraliste, fait conclure en même temps le mariage de Lysimaque et celui de son fils avec une autre fille de Ptolémée (Demelr., 31). Haus8oullier(Aft(e^y p. 29, 4) n'y contredit pas. Mais si cette autre fille est Lysandra, et s'il n'y a pas eu deux sœurs du môme nom (cf. Niese, I, 354, 2), c'est un anachronisme ; car Lysandra, la seule « autre fille » connue de Ptolémée, ne put épouser Agathocle qu'après la mort (294) de son premier mari, Alexandre de Macédoine (ci-après, p. 89}. La date probable du mariage de Lysimaque oscille entre 300 et 298. Memnon {FHG., III, p. 530) assure que Lysimaque était amoureux. Il paraît bien qu'il le devint, car il donna à Arsinoé en douaire les villes d'Héraclée, Tios, Amastris, Cassandria, et voulut qu'Éphèse s'appelât Arsinoéia.
3. D'après Plutarque, il envoya sa femme Phila auprès de Gassandre, pour justifier sa conduite.
86 CHAP. lU. — PTOLÉMÉE 1*' SOTER ROI d'ÉGYPTE
tantes dn littoral de FAsie-Mineure. Il est probable que Séleucos, qui tenait à ne pas laisser la Gœlé-Syrie au Lagide et ne voulait pas la prendre de force, engagea lui-môme Démétrios à 8*emparer du territoire contesté ou tout au moins le laissa faire. Il est question, à une date, il est vrai,postérieure de quelques années (296/5), mais elle-même suspecte, d'une campagne dans laquelle le Poliorcète aurait, pris Sàniarie. En fait, nous ignorons si Démétrios eut le temps ou les moyens de déposséder complètement Ptolémée, et si'cje qu'il avait pris revint plus tard, sans partage et sans conflit, à Séleucos.
Mais Démétrios, avec son tempérament primesautier, fait 4'audace, et d'imprévoyance, était un allié dangereux. Ce n'était pas pour son gendre qu'il travaillait; la Cœlé-Syrie i^e devait pas être, comme l'avait sans doute espéré Séleu-' Qos, la dot de Stratonice. Démétrios entendait la garder, et ceci était particulièrement fâcheux pour Séleucos, qui paraissait dès lors avoir renoncé à ses droits sur cette province. Par conséquent, si Ptolémée parvenait à la reprendre, il l'aurait légitimement conquise sur un ennemi. On ne voit^ pas pour quel autre motif Séleucos chercha à ménager un rapprochement entre Démétrios et Ptolémée *. Peut-être çominit-il là une imprudence. Ptolémée était retors, et Démétrios fourbe à l'occasion. Us firent entre eux des conventions secrètes dont Séleucos eut sujet de se méfier quand il sut que son volage beau-père, tout récemment veuf de Déidamia, devait épouser Ptolémaïs, une fille de Ptolémée et d'Eurydice. On ne se tromperait guère en supposant que Ptolémée s'engagea à fournir au Poliorcète ce qui lui man-
1. Plut., Demetr., 32. D'après Stark (p. 362-363), Séleucos, toujours plein de sollicitude pour Ptolémée, voulait dédommager Ptolémée aux dépens de Démétrios. C'est lui qui négocie le mariage de Démétrios avec Ptolémaïs, qui veut racheter la Cilicie, Sidon et Tyr pour Ptolémée, qui ensuite travaille de concert avec Ptolémée à déposséder Démétrios, et, quand il voit Ptolémée mattre de Cypre, se décide à prendre la Syrie, toute la Syrie, « wenn nicht mit Zûstimmung, doch mit Ignorirung von Seiten des Ptolemftos ».