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Tome I

130 CHAP. IV. — LE GOUVERNEMENT DE PTOLÉMÉB l" SOTER

scolarchat péripatétique, crut-il toucher au but quand Ptolémée l'appela à Alexandrie pour achever l'éducation de Philadelphe *• Ce qui le ferait croire, c'est que l'on rencontre parmi les titres de ses œuvres deux traités concernant les devoirs des rois, l'un Ilepl pa<nXeiaç, l'autre ïlspl paTtXlwç çpt)vO(y6çpou. C'était évidemment Démétrios de Phalère qui avait suggéré le choix de ce précepteur. Le vieux roi n'était plus d'âge à se mettre à l'école, mais Démétrios « lui conseillait d'acheter et de lire les ouvrages traitant de la royauté et du souverain pouvoir; car, disait-il, les conseils que les amis n'osent pas donner aux rois se trouvent écrits dans les livres ' ». De ces livres, Démétrios en avait écrit lui-même, et peut-être n'y avait-il pas là d'Athénien pour lui dire qu'il eût mieux fait de prêcher d'exemple. Les stoïciens nourriront plus tard les mêmes illusions, partagées un instant, il faut le dire, par certains rois prompts à l'enthousiasme. On sait qu'Antigone Gonatas demanda au vieux Zenon de venir en Macédoine pour instruire en la personne du roi le peuple tout entier', et qu'il accueillit dans son intimité les délégués du chef de l'école stoïcienne, Persée et Philonide. De même nous rencontrerons par la suite, à la cour d'Alexandrie, le stoïcien Sphseros, qui devint le conseiller et le compagnon d'infortune du roi réformateur Cléomène III de Sparte *.

1. Cf. G. Rodier, La physique de Straton de Lampsaque^ Paris, 1891. L'auteur suppose que Straton fut appelé à Alexandrie vers 300, et remplacé en 294 par Pfailétas. Les raisons alléguées, y. g. la correspondance de Straton avec Arsinoé (Diog. Laert., V, § 60), sont peu probantes.

2. Plut., Apophth, Dem, Phal, Il n'est guère de philosophe marquant, à Tépoque, — sauf les Épicuriens — qui n'ait écrit un II«pl ^a^iXsCoç. On en cite d'Aristote, de Théophraste, de Cléantbe, Sphœros, Persœos, etc. Démétrios de Phalère figure dans la liste pour un traité intitulé IlToXeiAaToçâ (Diog. L.,V, 81), qui pourrait être sur le sujet à la mode. Le pli était si bien pris que, des siècles plus tard, la vogue étant revenue aux directeurs de conscience, DionChrysostome écrivit encore pour Trajan quatre discours icspl paviXeCaç, et Plutarque quantité de dissertations analogues, entre autres iccpl toC 8ti piiXi^Tx toic -^yi. {idffi 8e? TÔv cpiXdTOcpov SioiXéys^Oat.

3. Diog. Laert., VII, § 7-10. Il va sans dire que l'authenticité de cette lettre d'Antigone n'est pas à Tabri de tout soupçon.

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